Fugues n°35-08 novembre 2018
Fugues n°35-08 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35-08 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 53,6 Mo

  • Dans ce numéro : afficher ses couleurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CULTUREL_LIVRES À lire L’ESPRIT DU CAMP Une bande dessinée magnifique, dont le second volume vient tout juste de sortir de l’imaginaire fiévreux de Michel Falardeau, dans laquelle ceux et celles qui ont connu l’école secondaire ou les camps d’été (bref, tout le monde), sauront bien se reconnaître. Dans le volume 1, Élodie se voyait imposer de devenir monitrice de camp d’été alors qu’elle ne souhaite que demeurer en ville et travailler sur son projet de vie  : se morfondre ! Elle se retrouve donc au camp du Lac-àl’Ours avec un groupe de fillettes rousses particulièrement turbulentes. Elle a cependant l’impression que le directeur du camp cache quelque chose de sinistre et elle amorce donc une petite enquête à son sujet. Cependant, il y a pire que ce directeur aux intentions probablement diaboliques ! En effet, à son grand effarement, elle partage le travail d’animation avec des collègues de classe  : Bernier, le macho de l’école, Magalie, qui lève le nez sur tout, Stéphane, un geek insipide et, surtout, Catherine, une fille qui est à la fois belle, rieuse et pleine d’énergie. Bref, l’incarnation du mal sur Terre ! Le premier volume semblait laisser croire que, finalement, le calme le plus plat régnait au camp… jusqu’aux toutes dernières pages ! Le volume 2 nous fait donc pénétrer de plain-pied dans deux mystères. Le premier, porte sur des événements et des entités étranges qui bouillonnent au lac à l’Ours. Le second est encore plus insaisissable et touche à la nature de la relation qui se tisse entre Élodie et Catherine. L’ensemble constitue un coup de cœur auquel il est impossible de résister tant par la qualité de la scénarisation et du dessin de Michel Falardeau que des couleurs époustouflantes qui insufflent la coloriste Cab (voir le saut de l’Ange à la page 21 du vol. 2). Navigant habilement entre le quotidien de la vie en forêt, les personnalités très crédibles des personnages, un humour délicieusement décapant, le mysticisme de certaines scènes et la fragilité des émotions entre nos deux héroïnes, nul doute que l’on assiste à un quasi-état de grâce bédéesque. Une petite pensée pour Michel Falardeau qui a récemment annoncé sa transition en tant que femme sous le nom d’Axelle Lenoir. Une nouvelle qui jette un éclairage sans doute révélateur sur son traitement des personnages féminins et des amours féminines et, peut-être bien, la tourmente vécue par Élodie elle-même. 6 B.MIGNEAULT L’ESPRIT DU CAMP/Axelle Lenoir (Michel Falardeau), Cab. Montréal  : Studio Loonak, 2017- 2018. 2 volumes Benoit Migneault//082 FUGUES.COM NOVEMBRE 2018 L’INVASION TRILOGIE LES PARALLÈLES TOME II Johanne H. Gaudreault vient de lancer son second livre qui est aussi le deuxième tome de sa trilogie « Les Parallèles », une histoire d’amour entre hommes bousculée par les tourments de l’Histoire avec un grand H, deux parallèles dont la guerre repousse sans cesse la réunion. La trilogie se déroule entre 1750 et 1770 entre la France et la Nouvelle-France pour les tomes I (L’évasion) et II (L’invasion) et de la présence de plus en plus invasive des britanniques dans notre région du monde. Une histoire bien campée dans le contexte historique de la Guerre de la Conquête. Directrice générale de la Chambre de commerce gaie du Québec pendant quelques années, titulaire d’un bac en sciences politiques et d’une maitrise en sociologie, Johanne H Gaudreault a fait œuvre d’historienne pour bâtir cette histoire en trois volets  : près de 82 références pour le premier tome, plus de 50 pour le second. « La trame de la trilogie était aboutie dès le premier livre, afin de laisser les choses évoluer à l’intérieur des grandes lignes d’un livre à l’autre », confie-t-elle. « Il était important de la placer sur un fond historique qui ait du sens. On pourrait même en faire un quizz scolaire avec tous ces points de repères », s’amuse-t-elle. Une suite palpitante à découvrir… 6 MICHEL JOANNY-FURTIN « LES PARALLÈLES - L’INVASION – LIVRE II »/de Johanne H. Gaudreault Édition GML, 222 pages (24,95$). Disponible en librairie, ou sur commande à editionsgml@videotron.ca DES MUSCLES EN FER FORGÉ La scène se déroule dans le vestiaire d’une école secondaire où le narrateur est subjugué par le corps de Mathieu et par sa propre inadéquation au regard du parangon de masculinité que celui-ci constitue  : « Même en hiver/même dans le plus triste été/Mathieu semble bien/Il a toujours/quelques perles de sueur dans son cou/qui me donne chaud/Je trouve belle/sa mâchoire carrée/la taille de son sexe/la chaleur de sa peau/Devant lui/j’ai le corps tout croche/la voix toute grave/la démarche qui s’enfarge ». Nathaël Molaison nous présente une ode en deux temps  : celle, jouissive, d’un corps masculin idéalisé et celle, plus tourmentée, de son propre corps. Paradoxalement, les deux résultent et exultent du même vecteur  : le regard du narrateur. À la fois toute en tendresse et en rudesse, âpre de ces condamnations que l’on aime parfois s’asséner, le récit nous entraîne au cœur d’une relecture des corps au rythme d’un adolescent qui se découvre. 6 BENOIT MIGNEAULT DES MUSCLES EN FER FORGÉE/Nathaël Molaison. Saint-Lambert  : Soulières, 2018. 103p. PÉNIS DE TABLE Une bande dessinée captivante, de Cookie Kalkair, au sous-titre fort évocateur  : Sept gars racontent tout sur leur vie sexuelle ! Et c’est effectivement une promesse tenue puisque les six hommes avec qui l’auteur a construit son récit font feu de tout bois  : masturbation, orientation sexuelle, taille, performance ainsi que nature de l’orgasme et des fantasmes sous-jacents ! Tout y est abordé avec un juste équilibre trouvé entre l’humour et le sérieux propre au sujet. Le coup de crayon est également à la fois accrocheur et ludique et, chose essentielle, on croit en la réalité des personnages ainsi présentés qui offrent, par ailleurs, une belle palette de l’écosystème masculin  : 2 bicurieux, 1 gai, 2 hétéros et 1 pansexuel. L’ouvrage idéal pour tout apprendre, sourire en coin, sur un organe sur qui, au-delà des clichés habituels, pèse souvent le plus lourd des secrets. 6 BENOIT MIGNEAULT PÉNIS DE TABLE  : SEPT GARS RACONTENT TOUT SUR LEUR VIE SEXUELLE/Cookie Kalkair. Montréal  : Mécanique générale, 2018. 183p. L’OMBRE DU BAT-MAN On m’excusera ce jeu de mots relatif à un mini scandale qui illustre bien la pudibonderie encore trop souvent présente dans l’industrie de la bande dessinée américaine où l’ombre d’un sexe peut causer une commotion. En effet, le premier opus du triptyque Batman  : Damned, de Brian Azzarello et Lee Bermejo, comporte une scène où l’on aperçoit la silhouette de la verge de Bruce Wayne. À noter que la série est publiée sous la nouvelle étiquette DC Black Label destinée à un public adulte. Dans cette nouvelle aventure du Chevalier Noir, le Joker est découvert mort sur un pont de Gotham City. Batman et John Constantine plongent dans l’univers surnaturel de la ville pour
MOI, CE QUE J’AIME, C’EST LES MONSTRES Un roman graphique étonnant, né de la plume d’Emil Ferris, une artiste de 40 ans à qui l’on avait dit qu’elle ne pourrait plus jamais dessiner après que le virus du Nil l’eut laissée partiellement paralysée. Pourtant, cette première œuvre fut saluée par la critique et remporta le prix Ignatz (2017), un prix Lambda (2017), trois prix Eisner (2018) et fut nommée pour le prestigieux prix Hugo. Ce premier opus d’une série de deux (à 400 pages par volume), nous entraîne dans le sillage de Karen Reyes, une jeune fille de 10 ans qui se perçoit comme un loup-garou. Dans le Chicago des années 60, il est sans aucun doute plus facile d’assumer sa différence sous la forme d’une lycanthrope que d’envisager que la fascination que les femmes exercent sur soi puisse autrement expliquer cette sensation de discordance. La mort d’Anka Silverberg, une belle et mystérieuse voisine rescapée de la Shoah, l’amène à revêtir l’imperméable d’une détective pour élucider le mystère entourant ce supposé « suicide ». Ce faisant, elle découvre que les monstres sont multiples. Ils peuvent désigner ceux qui sont différents et incompris, ce qui est son cas, mais également ceux qui cherchent à effrayer et à contrôler et dont l’horreur peut prendre des formes multiples  : racisme, misogynie, homophobie. Le visuel n’est pas sans rappeler celui de Derf Backderf (Mon ami Dahmer), mais en plus chargé. En effet, certaines pages sont extrêmement touffues tant au niveau graphique qu’au regard des dialogues et de la narration, ce qui peut être intimidant. Il faut cependant faire fi de ces appréhensions et plonger dans un récit d’une grande richesse où le visuel le dispute à une complexité narrative étonnante. Certaines pages sont presque de la nature d’une fresque tant le souci du détail y est poussé et nul doute que les découvertes se multiplieront au fil des relectures. Une œuvre imposante ! 6 BENOIT MIGNEAULT MOI, CE QUE J’AIME, C’EST LES MONSTRES/Emil Ferris. Québec  : Alto, 2018. 386p. retrouver le tueur. Une bande dessinée visuellement spectaculaire, mais où la silhouette du pénis a créé un tel scandale qu’elle a éclipsé tout le reste et que DC a annoncé que le numéro 1 ne serait pas réimprimé et que la verge serait camouflée dans sa version électronique ainsi que dans la refonte imprimée à venir. Avis aux collectionneurs ! 6 BENOIT MIGNEAULT BATMAN  : DAMNED/Brian Azzarello et Lee Bermejo. Burbank, Ca  : DC Comics, 2018. (Black Label) ICEMAN À peine le titre est-il abrogé, au début de l’année 2018, que Marvel relance les aventures du personnage avec une nouvelle série. Ce retour, à si brève échéance, a de quoi surprendre puisque l’éditeur justifiait la cessation du titre en raison de ventes décevantes. On aurait pu craindre une hétérosexualisa- tion du personnage, mais il n’en est rien puisque Bobby Drake (Iceman) demeure gai et est toujours à la recherche de l’âme sœur, à preuve la scène introductive du premier numéro qui se déroule dans un bar gai où ses tentatives de drague sont tout sauf concluantes. Ce premier opus nous le présente, confronté à une organisation anti-mutante qui cherche à éliminer des Morlock (mutants qui se cachent dans les catacombes), nous révèle le retour de Mister Sinister (qui semble convoiter les pouvoirs de Bobby) et, surtout, annonce une confrontation avec Emma Frost, son ex-ennemie-copine. Une série qui s’annonce délicieusement frénétique ! 6 BENOIT MIGNEAULT ICEMAN/Sina Grace, Nathan Stockman et Federico Blee. New York  : Marvel, 2018-. LA COSTA DES SEULS Épopée touristique de Michel Duchesne, articulé autour d’un guide, Steve, pour qui ce travail constitue surtout un prétexte pour cumuler les rencontres viriles d’un soir au gré des applications de son téléphone. Évidemment, rien ne se passe comme prévu et le troupeau des 27 touristes dont il a charge s’avère beaucoup plus exigeant qu’il ne l’anticipait. Il y a Hélène Tétreault, une vieille fille qui, non contente de reprendre ses compagnons de route sur leur inculture, s’avère être son ancienne professeure du secondaire. Mme Bruchesi qui a quitté son mari en catastrophe pour des vacances improvisées. Le séduisant Yann, son épouse Cassandra ainsi que leur infernal garçon de deux ans. Les sœurs Trépanier qui souhaitent oublier leur traintrain quotidien, l’une à la tête d’une banque et la seconde, d’une guérite de la STM. Guy, un homme fade, incolore, mais pas inodore, que tout destine à l’invisibilité ; les Cousineau, un couple en amour depuis toujours et de nombreux autres. Au-delà du stéréotype qu’ils constituent, chacun cache un secret, un bonheur insoupçonné, un désespoir, une rêverie, mais avant tout, le désir insatiable que ce voyage soit différent, qu’il change la donne. Un roman délicieux, alternant avec adresse les moments cocasses comme les plus sombres, traçant des personnages bien tangibles que l’on pourrait parfois reconnaître autour de soi. Le lecteur les découvre au fil des étapes du voyage et de révélations, grandes et petites, qui les rendent d’autant plus attachants  : Eddy va-t-il cesser de hurler, quel est le but véritable du voyage de Yannet Cassandra, Hélène va-telle se décoincer, pourquoi Mme Bruchesi a -t-elle quitté son époux, qu’est-ce qui attend les sœurs Trépanier ? Et surtout, Stevesaura-til aller au-delà de sa vision désabusée de la vie et des hommes ? À consommer avec allégresse, comme une limonade au soleil ! 6 BENOIT MIGNEAULT LA COSTA DES SEULS/Michel Duchesne. Montréal  : Leméac, 2018. 374p.



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