Fugues n°35-08 novembre 2018
Fugues n°35-08 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35-08 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 134

  • Taille du fichier PDF : 53,6 Mo

  • Dans ce numéro : afficher ses couleurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 40 - 41  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
40 41
OÙ SONT LES LESBIENNES ? Chronique Cinéma, Cinéma, (j’veux mourir viens dans mes bras…)* Je ne compte plus les moments où j’ai cherché, dans cette salle obscure, le réconfort. En l’espace d’une heure ou deux, mon présent s’arrête, le temps d’une histoire. Drôle, triste, fictive, ou documentaire, l’histoire racontée s’est avérée maintes fois un exutoire nécessaire. Bien que mon être ne se résume pas qu’à mon orientation sexuelle, il va sans dire que j’ai longtemps cherché, à l’écran, ces (rarissimes) histoires qui mettaient en scène deux femmes qui s’aiment. Je pourrais vous parler de ce premier baiser « lesbien » de la belle Marlène Dietrich, vous conseiller Si les murs racontaient 2, ou élaborer longuement sur La vie d’Adèle. Cependant, je n’ai pas pour but, avec cette chronique, de fournir une recension exhaustive des films à thématique lesbienne. J’ai plutôt envie de réfléchir sur le cinéma. Ce 7 e art que je chéris et qui partage de nombreuses qualités avec d’autres formes d’arts. Il est fait de littérature, puisque sa genèse provint d’un scénario, avant d’être portée à l’écran. C’est aussi une peinture animée, lorsque l’image est soignée. Depuis 1927, il n’est plus muet, bien qu’il fût accompagné de musique avant même de trouver sa voix. Le cinéma est une synthèse de plusieurs arts. Il danse, il s’anime, comme au théâtre, avec ses comédiens, ses répliques et leurs mouvements. « Le plus grand art en ce monde, c’est l’art de raconter une histoire », disait le réalisateur Cecil B. DeMille, qui jouera un rôle clé dans la fondation de la Paramount, une des plus anciennes boites de production de cinéma américain. DeMille a raison. Qui n’aime pas se faire raconter une histoire ? Et pour cause, dès notre plus tendre enfance, on nous raconte déjà des histoires… (tant au sens propre qu’au sens figuré, me direz-vous). Bref, le cinéma nous raconte des histoires, qu’elles soient inventées ou inspirées de la réalité (bien qu’elles demeurent manipulées par les artifices cinématographiques), ou qu’elles soient réchauffées (avec de nombreux remakes), la naissance d’une « nouvelle » histoire n’est jamais totale, c’est davantage une renaissance… Pourtant, nous sommes là subjugués devant le grand écran. Même lorsqu’on voit un film pourri, on retournera pourtant s’immerger à nouveau dans cette salle obscure. La fascination est réelle. L’art cinématographique a ce pouvoir  : il vous subjugue. Du moins, il me subjugue. Puisque cet art me fascine, j’ai entrepris de longues études sur le sujet. Même après plusieurs années sur les bancs d’école, ma fascination demeure intacte, quoique moins naïve. À un point où je me suis même demandé (naïvement), un jour, si j’étais lesbienne à cause du cinéma. (Je sais. J’entends vos rires…) Je m’explique  : dans les « vieux » films hollywoodiens, la femme est toujours à l’avant-plan, cadrée, habillée, éclairée et maquillée pour séduire. Vous me direz que c’est la même chose avec l’homme, mais je vous répondrai que c’est faux, particulièrement à l’époque où il n’y avait que des hommes (hétéros) derrière la caméra. Et pour cause, on ne compte plus les actrices qui se déshabillent devant la caméra, le cas masculin étant beaucoup plus rare. Bien sûr, cela tend à changer dans le cinéma contemporain ou TOUT le monde veut s’exposer à tout prix, et où//042 FUGUES.COM NOVEMBRE 2018 on expose tout le monde, car la nudité fait vendre, dans un monde en « cinquante nuances de gris » ; mais croyez-moi, la femme-objet au cinéma, ne date pas d’hier… Nul besoin d’une maîtrise en cinéma pour le constater. Du coup, en voyant toujours ces belles femmes, mises en valeur à l’écran, je me suis demandée si le processus de projectionidentification n’avait pas eu une influence sur ma psyché et mon désir lesbien. J’aurais dû demander à Freud… ou faire un doctorat sur le sujet. Quoi qu’il en soit, je ne compte plus les moments où j’ai fui mes préoccupations quotidiennes et pleuré ma vie au cinéma. Que ce soit au Guzzo ou à la Cinémathèque québécoise. Cela dit, pour le type de soirée je-pleure-mavie-toute-seule-comme-unepas-de-vie-au-cinéma, je recommande le Guzzo ; avec le bruit des nachos, supplanté du son Dolby (assourdissant), vos pleurs se perdent en décibels. Je rêve d’un Bridget Jones’s Diary, version lesbienne avec Renée Zellweger (et un pot d’Häagen-Dazs). J’envie le héros (masculin), particulièrement dans les films où joue Marilyn Monroe… Bien sûr, je ne compte plus les films où j’aurais aimé voir un couple lesbien, au lieu d’un couple hétérosexuel. Mais comme toute minorité, je transpose ces histoires qui s’adressent à la majorité. Voyez-vous, j’ai souvent entendu la remarque « c’est un film avec un couple de lesbiennes, je ne peux pas m’identifier, ça s’adresse pas à moi, ça m’intéresse pas, c’est pas mon monde ». Là j’ai le goût de chanter « L’ouverture de l’esprit n’est pas une fracture du crâne », comme Ariane Moffatt dans Aquanaute. Lorsque vous vous amusez (ou pas) à regarder un film qui ne reflète pas votre réalité, l’identification au héros est tout de même possible, et ce, même s’il n’a pas la même orientation sexuelle, couleur de peau, sexe, nationalité, langue (OK. faut faire l’effort de lire les sous-titres… et de transposer). Ceci est redevable à l’une des plus belles qualités du cinéma, la mise en scène de l’universalité de l’être. À tous les hétéros qui liront cette chronique, je vous invite à vous immerger dans la salle obscure lors du festival image+nation, pour découvrir des histoires de nous-mêmes. Au final, elles ne sont pas si différentes des vôtres. Parfois en marge de celles habituellement présentées au grand écran, elles méritent néanmoins d’être racontées, d’illuminer la salle obscure. C’est là que la magie s’opère. 6 JULIE VAILLANCOURT julievaillancourt@outlook.com Instagram  : juliecurlymusic La 31e édition d’image+nation, festival de films LGBT de Montréal, se tiendra du 22 novembre au 2 décembre 2018. Cinéma, Cinéma (1987), chanson interprétée par Chloé Ste-Marie & François Guy, composée par Gilles Carle, François Guy, Pierre Marchand, pour les 50 ans de l’ONF.
PHOTO  : SERGE BLAIS Sortir L’HALLOWEEN AU VILLAGE DU 26 AU 31 OCTOBRE



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 1Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 2-3Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 4-5Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 6-7Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 8-9Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 10-11Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 12-13Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 14-15Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 16-17Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 18-19Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 20-21Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 22-23Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 24-25Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 26-27Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 28-29Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 30-31Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 32-33Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 34-35Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 36-37Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 38-39Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 40-41Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 42-43Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 44-45Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 46-47Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 48-49Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 50-51Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 52-53Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 54-55Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 56-57Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 58-59Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 60-61Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 62-63Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 64-65Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 66-67Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 68-69Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 70-71Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 72-73Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 74-75Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 76-77Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 78-79Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 80-81Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 82-83Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 84-85Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 86-87Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 88-89Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 90-91Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 92-93Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 94-95Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 96-97Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 98-99Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 100-101Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 102-103Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 104-105Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 106-107Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 108-109Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 110-111Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 112-113Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 114-115Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 116-117Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 118-119Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 120-121Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 122-123Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 124-125Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 126-127Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 128-129Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 130-131Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 132-133Fugues numéro 35-08 novembre 2018 Page 134