Fugues n°35-06 septembre 2018
Fugues n°35-06 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35-06 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (178 x 260) mm

  • Nombre de pages : 166

  • Taille du fichier PDF : 68,9 Mo

  • Dans ce numéro : pop porn !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PHOT0  : RRÉAL LAVERGNE CULTUREL_ENTREVUES À lire DANIEL FRENCH ET SON ROMAN VIES D’ANGE L’ANGE ACCOMPAGNATEUR Peut-être avez-vous déjà lu un des romans de l’auteur Daniel French ? Peut-être ce nom vous dit quelque chose parce que, en 2017, son premier roman, « L’eau des nuages », a été adapté au théâtre par Marc- André Casavant et joué au Festival Fringe ? Toujours est-il que cet écrivain lancera en septembre son tout nouveau bouquin, Les vies d’anges où l’on aborde la thématique de la mort, entre autres. « Les vies d’anges – oui, le jeu de mots est voulu – est l’histoire d’un ange accompagnateur, un ange qui va suivre les gens qui vont mourir dans le prochain mois. Son travail est d'accompagner ces personnes qui viennent de décéder vers les portes du paradis. Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! Une femme qui accompagne son père qui est en fin de vie est capable de voir cet ange accompagnateur et elle veut savoir qui il est. On va connaître la vie de cet ange et on apprendra que cet ange est un homme mort à Montréal en l'an 1885. Bien sûr, comme une confidence en attire une autre, la femme racontera aussi son histoire et celle de son père », explique le sympathique Daniel French. « L’ange gardien raconte sa vie avant sa mort en 1885, poursuit l’auteur. Il ne savait pas qu’il était bisexuel, il avait ouvert un sauna. Il est marié et il a quatre enfants et en attend un 5e. Il a 23-24 ans. Mais il n’aime pas sa femme, il aime un autre homme gai. Ici, je me suis mis dans la peau du personnage qui vivait dans cette époque où on n’avait pas la liberté d’aujourd’hui et où les gens étaient obligés de se marier et d’avoir des enfants. » Mais pourquoi parler de la mort dans ce roman-ci ? « Peut-être parce que j’ai peur de la mort ? Peut-être que c’est pour conjurer le sort un peu et apprivoiser ainsi la mort… Ma plus grande crainte c’est de mourir dans la souffrance surtout, donc peut-être est-ce pour adoucir les choses que j’ai voulu écrire ce roman. Cela faisait une quinzaine d’années que j’avais cette idée-là//106 FUGUES.COM SEPTEMBRE 2018 de l’ange accompagnateur et de la mort. Le roman est aussi une belle relation père/fille. Et c’est mon premier roman où le personnage principal est féminin et lesbien. C’est un genre de thérapie que Mélanie – le personnage – va vivre avec l’ange gardien », souligne cet auteur indépendant qui a étudié en cinéma. Attablés dans un resto du Village, Daniel French jase avec passion de ses romans, de ce qui l’inspire, des anecdotes qu’il emmagasine pour ses bouquins, des expériences personnelles aussi qui teintent ses écrits. « J’ai vécu beaucoup de choses dans ma vie, alors cela me donne du matériel pour mes romans. Par exemple, dans Que Dieu te protège (publié en 2017), il y a une histoire avec un colocataire. Eh bien, c’est ce que j’ai vécu moimême en partie avec un colocataire qui était désagréable », dit-il. Il y a, également, les thèmes du VIH-sida qui reviennent, surtout dans les trois premiers romans qui sont, en fait, une trilogie  : L’eau des nuages (2014), Entre le rose & le noir (2015) et Melting Blue Delicious (2016). « C’est important de discuter sur le VIH parce que cette maladie a dévastée notre communauté à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Beaucoup de gens sont morts, ce fut une époque terrible. Mais, aujourd’hui, les jeunes n’ont pas conscience de ce qui s’est passé […] », souligne-t-il. La discussion bifurque aussi sur un incident qui est survenu à Pointe-aux- Trembles. « Après la publication de L’eau des nuages, une journaliste d’un journal local m’avait interviewé. Je me rends dans une boutique quelques jours plus tard. Une femme me reconnaît et m’aborde. Elle commence à m’engueuler parce que j’écris des romans qui parlent d’homosexualité. Puis, elle me crache au visage. Évidemment, je suis resté sous le choc. Mais, curieusement, cet incident m’a encouragé encore plus à parler d’homosexualité et de mettre de l’avant des personnages LGBT dans mes romans. Loin de me décourager, cela m’a stimulé encore plus d’en discuter puisque la discrimination est encore bien présente dans notre société », commente Daniel French. Daniel French insiste d’ailleurs pour encourager des artistes visuels LGBT. « J'ai beaucoup d'amis artistes et je crois que leurs talents méritent aussi d'être vus. Mes pages couvertures sont des œuvres de Jean Chaîney, Patricia Klimov, Émi-lie Léger et Stéphane Leblanc Orniartho. Ce dernier a fait d’ailleurs la page couverture du roman Melting Blue Delicious et du tout nouveau Les vies d'anges », précise Daniel French. 6 ANDRÉC. PASSIOUR Le roman LES VIES D'ANGES sera disponible sous peu à la Librairie de Verdun et sur lulu.com.
PHOT0  : SAME RAVENELLE ANTOINE CHARBONNEAU-DEMERS ET SON ROMAN GOOD BOY JOUER AVEC LES LIMITES DE LA CULTURE GAIE En août 2016, Antoine Charbonneau-Demers a remporté le prix Robert-Cliche du meilleur premier roman avec Coco, l’histoire d’un adolescent qui découvre le théâtre et la vie auprès d’une actrice excentrique qui est revenue enseigner en région. Deux ans plus tard, il publie Good Boy, l’histoire d’un jeune homme nouvellement débarqué dans la grande ville qui teste ses limites et fait tout pour se trouver un daddy. Ayant l’impression d’avoir été cloîtré de la vraie vie pendant 19 ans, il arrive dans une métropole qui n’est jamais nommée. « Je tiens à ce que ça reste imaginaire, même si les codes sont facilement identifiables », explique l’écrivain né à Rouyn-Noranda, qui vit désormais à Montréal. Dans un même ordre d’idées, le prénom du personnage est tenu sous silence du début à la fin. « Je le vois comme un alter ego. Ce n’est pas moi, donc je ne pourrais pas lui donner mon nom, mais si je lui en donnais un autre, ça voudrait dire que c’est vraiment quelqu’un d’autre, et je ne pourrais pas non plus… Un peu comme je le faisais dans Coco, j’aime brouiller les pistes entre la réalité de l’auteur et du texte, et entre la réalité du personnage et son imaginaire. » De page en page, les œuvres de Modigliani prennent vie, il pleut parfois de la pisse de chat, Rihanna joue tout le temps et apparaît partout. Ce ne sont là que quelques exemples de l’importance accordée par l’auteur à l’irréel. « Notre imaginaire à tous fonctionne énormément et teinte la réalité, mais souvent, on parle juste de la réalité. Dans le roman, je voulais mettre les deux au même plan. Les deux se contaminent. L’imaginaire évolue en fonction de ce qui se passe dans la réalité et le narrateur est influencé par son imaginaire, à qui il accorde une place importante. » Officiellement étudiant en littérature, bien qu’il n’assiste à aucun de ses cours, le jeune homme souhaite se déployer en ville, entouré de ses colocs, tous convaincus qu’ils doivent « péter le cube » et sortir de leur zone de confort. Alors que Rosabel peint, organise son propre vernissage et donne la fausse impression de savoir où elle s’en va, Anouk dit vouloir se défaire de son image de petite fille straight, en subissant la violence psychologique de ses supposés amis. De son côté, le narrateur multiplie les rencontres via les applications mobiles, fantasme sur leur voisin violent, tente des expériences sexuelles sans limite (attendez de voir jusqu’où il va…) et s’amourache d’hommes plus vieux. « En explorant le concept du twink et du daddy, je voulais illustrer l’aspect initiatique de la chose. Personne n’a rien appris au personnage. Déjà qu’il n’y a pas d’éducation sexuelle à l’école en général, c’est inexistant pour les homosexuels. Il veut donc trouver un mentor pour apprendre. Et il adhère à ce code de la culture gaie, comme il adhère à la culture pop et aux images de mannequins qu’il admire sur Internet. Il aime se voir comme un enfant contre le corps d’un homme. » L’auteur tenait à ce que la photographie de sa page couverture soit frappante. Et il est tout à fait conscient qu’il fait vivre à son alter-ego des situations vraiment trash, mais il insiste pour dire qu’il ne veut pas choquer pour choquer. « Ça peut arriver… mais j’écris avec sincérité en me disant simplement que l’histoire doit aller jusque-là. Par contre, durant le processus d’édition, ça m’est arriver de pleurer en me disant que je ne pouvais pas publier ça. J’avais un peu peur qu’on imagine que j’avais vécu tout ce que le personnage expérimente. Mon éditrice m’a rassurant en me disant que ce n’était pas trash, mais que c’était la vie… » Antoine Charbonneau-Demers a inventé un personnage qui apprécie particulièrement l’idée de ne pas étudier ni travailler. « Il mise sur rien d’autre que sa jeunesse et son corps, répondit-il en détournant le regard. Il s’accroche à l’image du jeune garçon et de l’homme plus vieux qui le prend sous son aile, mais ça ne pourra pas toujours durer. Ça achève à un moment donné. » Quand on demande à l’écrivain de 24 ans si le roman est pour lui l’illustration de la difficulté du passage de l’adolescence à l’âge adulte, il hoche la tête. « Ça fait mal… et je me demande si cette douleur de ne plus être jeune se termine un jour. » ✖ SAMUEL LAROCHELLE GOOD BOY, Antoine Charbonneau-Demers, VLB éditeur, Montréal, 392 pages



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