Fugues n°33-06 septembre 2016
Fugues n°33-06 septembre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33-06 de septembre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Nitram

  • Format : (184 x 260) mm

  • Nombre de pages : 166

  • Taille du fichier PDF : 80,5 Mo

  • Dans ce numéro : redécouvrir Mapplethorpe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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VOYAGES ET ESCAPADES_BRÉSIL Rio prenez du poids : même si vous marchez six heures par jour, la nourriture brésilienne est beaucoup trop grasse, frite, sucrée (et divinement bonne) pour demeurer ferme. La bohème N’empêche, rien ne vous empêche de garder la forme en joggant autour du lac situé au cœur de la ville, en franchissant les marches colorées de l’Escadaria Selaron et en découvrant les rues du « Montmartre » de Rio, Santa Teresa. Considéré comme le quartier bohémien de la ville, le secteur mise sur une magnifique architecture aux influences européennes, un vieux tramway, un cinéma international, des murales à tous les détours, une harmonieuse cohabitation des classes sociales et quelques ilots de verdure, comme le Parques das Ruinas, composé d’une vieille bâtisse de briques offrant un point de vue différent sur la ville en contrebas, un petit musée d’art contemporain (le Museu Chacharu De Céu), ainsi qu’un jardin à l’abri de l’effervescence citadine. En termes d’incontournables touristiques, mentionnons aussi les merveilles du jardin botanique et l’ovni architectural qu’est le Musée de demain (le « séchoir à vaisselle » selon les locaux). Faire la fête! Impossible d’écrire sur Rio sans parler de son caractère festif. Presque tous les soirs, les terrasses de la ville – spécialement dans le quartier Lapa – débordent dans les rues; Rio n’ayant aucune loi vous empêchant d’occuper les rues avec un verre. Le nightlife gai se décline quant à lui de plusieurs façons : The Week, avec ses adeptes à la beauté renversante, est l’un des clubs gais les plus connus au pays; Le Boy est un club/sauna franchement populaire dans Copacabana, alors que Buraco da Lacraia est un cabaret burlesque déjanté. Associé au milieu underground pendant des décennies, il a désormais un statut plus « populaire », mais non moins subversif, avec ses spectacles alliant la critique //////////// 108 FUGUES.COM SEPTEMBRE 2016 PARQUES DAS RUINAS SUR LA PLAGE... LE CLUB THE WEEK BURACO DE LACRAIA sociale, la sexualité in-your-face et la satire. Même si vous ne comprenez pas un mot, la production est assez chargée visuellement pour vous divertir pendant deux heures. Sachez que la soirée débute par un karaoké et se termine par une piste de danse jusqu’au petit matin. De plus, les Cariocas se rendent en grand nombre aux partys V de Viadão et Priscilla qui transitent d’un bar gai à un autre, de semaine en semaine. Pratico-pratique Partout et en tout temps, soyez prudent. Les locaux vous le répèteront: évitez les vêtements marqués, n’exposez pas votre cellulaire, gardez un œil sur vos poches et rentrez en taxis après 21 h. Idéalement, visitez Rio durant notre été pour profiter de leur hiver chaleureux (entre 18 et 32 degrés), en tenant pour acquis qu’il fait noir à 18 h. Le coût de la vie est relativement semblable à celui de Montréal, mais le dollar canadien vaut 2,5 fois le reais brésilien. 6 SAMUEL LAROCHELLE
MICHEL, MILITANT DE 29 ANS C’EST COMMENT ÊTRE GAI AU CAMEROUN? Si la chasse aux sorcières qui défrayait les manchettes depuis des années tend à diminuer au Cameroun, la discrimination à laquelle font face les homosexuels n’est pas moins dramatique, selon Michel, un militant des droits lgbt de 29 ans qui demeure à Yaoundé, la capitale. Dans un pays où l’homosexualité est passible de plusieurs mois de prison, d’amendes salées et de répressions violentes, ses actions militantes sont risquées. Comme en témoigne le sort réservé à Éric Lembembe, un militant tué en 2013 après avoir été torturé (yeux crevés, membres brisés, corps entièrement brûlé au fer à repasser). « J’affronte des dangers tous les jours dans l’exercice de mon travail, qui est considéré illégal et dangereux par l’État, puisque je défends l’indéfendable, explique Michel qui soutient la communauté lgbt avec l’organisme CAMFAIDS, dont Lembembe était le directeur général avant son assassinat. Vivant son homosexualité ouvertement avec ses collègues et ses proches, le Camerounais dit avoir le soutien de la majorité des membres de sa famille, quelques années après une sortie du placard turbulente. « Je vivais chez un oncle homophobe. Un jour, il a retrouvé dans ma chambre deux de mes amis… nus. Ils ont été humiliés par mon oncle et ses voisins, avant d’être livrés à la police et envoyés en prison. La police me recherchait aussi puisqu’ils avaient été trouvés chez moi. Je me suis réfugié chez un ami et j’ai terminé mon trimestre sans remettre les pieds au lycée. Je vivais seul dans une chambre que ma mère payait malgré sa pauvreté. Elle m’acceptait comme je suis et elle me manifestait son amour durant cette période difficile. » Depuis quelques années, il observe une infime avancée dans la tolérance des Camerounais. Il affirme cependant que cette ouverture partielle est masquée par une haine sous-jacente. « La perception de la population demeure négative, tant dans les grandes villes que dans les régions rurales. Les lgbt et leurs alliés composent encore avec énormément d’inégalités, de discrimination et de violence. » L’Église est selon lui responsable d’une VIVRE GAI_AU CAMEROUN Ailleurs large part des préjugés que ses compatriotes entretiennent. « La religion catholique est l’une des religions qui stigmatisent, discriminent et poussent le plus à la haine des personnes lgbt à travers ses homélies. Malgré les messages de tolérance et d’amour lancés par le pape, ses subalternes incitent les gens à la haine. Avec comme conséquences une succession de rejets, d’assassinats et d’injustices envers des personnes marginalisées et sans défense. » Dans le cadre de son travail, Michel est témoin de situations d’une intolérable cruauté. Lors de notre entretien, il nous a raconté comment un jeune homosexuel est décédé en avril dernier, après que sa famille ait refusé de l’amener à l’hôpital… puisqu’il était gai. « Ne pouvant plus se lever, il a contacté notre association par téléphone. Notre équipe s’est rendue chez ses parents où il logeait. Sa famille l’avait abandonné. L’endroit où il était couché était très sale. Une partie de sa peau était collée au lit, car il ne pouvait plus se lever. Il faisait ses besoins sur place, sans qu’un membre de sa famille ne lui vienne en aide. Nous leur avons proposé de prendre en charge les examens, les frais d’hospitalisation et les médicaments, quand ils nous ont parlé d’un manque d’argent pour le soigner. Mais lorsque nous leur avons offert de l’amener à l’hôpital, ils ont refusé de donner leur accord… Ils nous ont clairement dit qu’en tant qu’homosexuel, il ne méritait plus leur assistance et qu’il devait mourir afin que l’image de la famille soit lavée. Il est mort deux semaines après. » De telles histoires ne suffisent malheureusement pas à susciter l’indignation populaire. « Quand on en parle au gouvernement, on nous répond que ce sont des histoires inventées. Pourtant, l’exemple que je viens de donner en est un qui s’est produit au sein même d’une famille. On pourrait écrire 5000 pages uniquement sur ce qui se passe dans le reste de la société. » Outre les injures, les rejets, les violences et les menaces de mort, les gais et les lesbiennes camerounais sont souvent victimes d’arnaqueurs, qui utilisent les sites de rencontres lgbt pour les extorquer. D’une part, des homophobes flirtent avec des gais et profitent de leur incapacité à recevoir (s’ils vivent avec leur famille, s’ils sont mariés ou s’ils demeurent dans un quartier peu sécuritaire) : les arnaqueurs choisissent un lieu de rencontre où ils seront accompagnés de plusieurs complices pour tabasser les homosexuels et les forcer à leur donner tout ce qu’ils possèdent. D’autre part, des gais ont des relations sexuelles avec d’autres gais et les menacent ensuite de faire un scandale, si ces derniers ne leur remettent pas une somme d’argent exorbitante. « C’est un sale phénomène que nous combattons avec toute notre énergie », explique Michel. De toute évidence, le Cameroun est encore très loin de légaliser le mariage pour tous et l’adoption pour les parents de même sexe. « Personne n’en parle actuellement, car ce serait mettre la charrue devant les bœufs. L’une des stratégies de CAMFAIDS est d’initier des conférences, des débats et des tables rondes à la radio et à la télévision pour briser le silence et permettre à tous de vivre en paix. On doit d’abord prôner un dialogue d’acceptation, d’amour et de tolérance menant à la dépénalisation de l’homosexualité. » 6 SAMUEL LAROCHELLE



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