Fragonard Magazine n°6 2018
Fragonard Magazine n°6 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de 2018

  • Périodicité : annuel

  • Editeur : Les Parfumeries Fragonard

  • Format : (190 x 230) mm

  • Nombre de pages : 146

  • Taille du fichier PDF : 12,6 Mo

  • Dans ce numéro : en coulisse avec Marie-Edith.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Babak, lui, m’a introduite au jazz, et surtout au flamenco car il est guitariste flamenco. Très populaire chez nous, cette musique a de nombreux points communs avec celle d’Iran. Je suis une fan inconditionnelle de Keith Jarret, Tigran Hamasyan, Ibrahim Malouf, Django Reinhardt, Pat Metheny, John McLaughlin et le jazz manouche. J’ai aussi appris le chant classique iranien. Il n’y a pas d’école pour cela, il n’existe pas de partitions, tout se fait par la transmission via l’enseignement d’un maître. FM  : Est-ce important pour les Iraniens de passer par l’apprentissage de la musique classique iranienne ? AN  : Non cela dépend des artistes, mais j’avais cette idée dans ma tête  : faire le pont entre toutes ces cultures que j’aime, et pour cela il était important de les maîtriser, et donc de connaître également la musique classique iranienne traditionnelle. Quand des mélodies me viennent, c’est un mix de toutes ces musiques. FM  : Lorsque j’ai écouté pour la première fois votre disque, j’ai été justement frappée par l’emploi de sonorités très world music provenant de cultures aussi diverses qu’éloignées. Vous nous emmenez aussi bien dans le Sud de l’Espagne, qu’en Europe de l’Est… AN  : J’ai réalisé que le plus souvent la world music que j’écoutais était une harmonie occidentale avec des éléments exotiques orientaux. Ce que j’apprécie également mais j’avais envie d’autre chose. C’est un peu comme lorsque deux personnes font l’amour et sont à l’origine d’une nouvelle création. J’ai décidé d’apprendre l’essence de chaque musique pour ensuite les mélanger. Non plus uniquement l’harmonie et l’atmosphère, mais créer une musique d’amour entre elles. FM  : Vous avez sorti il y a quelques mois un album, intitulé MANUSHAN, je crois que c’est aussi le nom de votre projet musical ? Que signifie manushan ? AN  : Manushan est un mot très ancien issu des langues indo-européennes. Il a plusieurs sens, dont celui d’« être humain » et se retrouve dans le célèbre Livre des Rois. Une légende raconte que le Saint Manuchehr est né sur une montagne du Khorassan qui se trouve maintenant en dehors des frontières iraniennes. Ce mot a voyagé du Rajastan, via la Route de la soie, vers l’Europe et a transporté toutes les cultures rencontrées en chemin, dont la musique et bien sûr la musique manouche. Manuchehr est resté un prénom très courant en Iran, c’est d’ailleurs le prénom de mon père. C’était parfait pour notre musique et notre projet. FM  : Comment le public français réagit-il à votre musique ? AN  : Avec beaucoup d’enthousiasme, il y adhère tout de suite ! Souvent les gens me disent que nous sommes de « très bons voyageurs » (rires). FM  : Est-ce que vous écoutez de la musique francophone ? AN  : J’aime beaucoup la chanson française  : Edith Piaf, Jacques Brel… FM  : Existe-t-il une diffusion de la musique française en Iran ? AN  : Oui bien sûr, j’ai une mauvaise mémoire des noms [elle chantonne la mélodie de « Et si tu n’existais pas… », Joe Dassin évidemment]... Charles Aznavour, d’origine arménienne, fait aussi partie des interprètes les plus connus. FM  : Si vous deviez associer un parfum à l’Iran lequel serait-il ? AN  : Sans hésiter, le safran ! Les Iraniens l’utilisent tout le temps dans la cuisine, les préparations à base de riz, dont le célèbre riz pilaf, mais aussi les pâtisseries… Vous en trouvez en vente dans tous les marchés. C’est l’épice iranienne par excellence. J’adore son parfum. À Kachan, il y a aussi les champs de roses, qu’on appelle les roses de Mohammadi, du nom du prophète musulman. Pour moi, l’Iran est un pays de couleurs et de parfums, dont chaque région a ses propres spécificités. Nous fabriquons beaucoup d’eaux florales, à partir de la rose, du cumin… Et ce qui est merveilleux, ce sont les parfums envoûtants et intenses des fleurs et des fruits. C’est certainement grâce au soleil, tellement présent en Iran. FM  : Quels sont vos projets futurs ? AN  : Nous préparons un nouvel album avec Babak, et j’ai aussi un projet beaucoup plus personnel autour des femmes. J’aimerais inviter des amies, qui sont de formidables chanteuses et leur donner la possibilité de chanter. Et puis bien sûr, beaucoup de concerts en prévision avec Babak  : le prochain sera à Annecy, au Théâtre Renoir, le 26 janvier 2018. 1 N.D.L.R.  : Les femmes en Iran n’ont pas le droit de se produire sur scène en public. 2 N.D.L.R.  : L’Iran compte de nombreux groupes ethniques, les Azéris sont les plus nombreux. Historiquement, ils habitent surtout dans les provinces du Nord-Ouest, mais se trouvent également dans la capitale et les grandes villes d’Iran. Turcophones, ils se différencient essentiellement par leur appartenance linguistique. Album CD « Manushan », Aïda & Babak, et son livret de 28 pages. Pour découvrir le disque et les prochains concerts  : www.accords-croises.com ÉVASION Fragonard magazine 55
évasion Filmo graphie 56 Fragonard magazine Persane Par Charlotte Urbain Le goût de la cerise d’Abbas Kiarostami, 1997, 99min Palme d’or du Festival de Cannes 1997, ce chef-d’œuvre absolu appartient au patrimoine cinématographique mondial. Une histoire universelle – le vœu de mettre fin à ses jours -, la rencontre humaine entre plusieurs strates de la société – aisée et immigrée, l’ensemble filmé dans un décor presque désertique – celui d’un terrain vague escarpé. Abbas Kiarostami a ce talent rare de transporter le spectateur vers un questionnement spirituel profond tout en conservant un décalage, voire parfois un certain humour. Iranien de Mehran Tamadon, 2014, 105min Véritable challenge, Iranien est un documentaire qui se vit comme une expérience. Mehran Tamadon est un habitué des films aux longs cours, préparés soigneusement, ceux où le dialogue et la relation humaine priment. Parce que justement tout les oppose, le réalisateur a choisi de ne pas rester dans sa zone de confort et invite chez lui quatre mollahs ultra-convaincus pour parler de questions qui fâchent. Un huis clos intense mais toujours courtois, et souvent drôle, qui reflète parfaitement la grandeur de la culture iranienne. Connu pour ses cinéastes talentueux, l’Iran se découvre aussi au travers de ses nombreux films, souvent primés dans les plus grands festivals internationaux. Voici une petite sélection (très subjective) de quatre chefs-d’œuvre cinématographiques, qui proposent chacun à leur manière une vision de la société iranienne contemporaine. Une séparation d’Asghar Farhadi, 2011, 114min César, oscar et ours d’or et d’argent, Une séparation eut un succès retentissant tant au niveau des prix que du public très nombreux (avec près d’un million de spectateurs en France). Si le port du foulard en est le signe extérieur évident, le film nous donne à comprendre l’inextricable complexité des rapports hommes-femmes induits par la politique intérieure iranienne. Ashgar Farhadi sait exposer sans jamais porter de jugement. Entre tradition et modernité, une confrontation magnifiquement théâtralisée et hautement émouvante. Les chats persans de Bahman Ghobadi, 2009, 106min Le réalisateur de ce docu-fiction prévient d’entrée  : « film basé sur des faits et personnages réels ». Tourné clandestinement en 17 jours, avant l’exil des deux acteurs principaux, le film est une plongée dans le monde de la jeunesse artistique de Téhéran. Une bande-son originale pop rock rythme les plans, coupés et montés à 100 km/h. Une vitesse frénétique qui incarne cette énergie rageuse d’une jeunesse iranienne prête à tout pour se sentir libre, libre de jouer, libre de penser et libre d’aimer. Envers et contre tout.



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