Flèche n°205 novembre 2019
Flèche n°205 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°205 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 9262-3578 Québec inc

  • Format : (267 x 432) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : préparer sa maison pour l'hiver.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dans la tête des Denis Drolet Depuis 20 ans, les Denis Drolet nous décoiffent avec cet humour absurde et déjanté hérité des automatistes du début XXe, avec Ionesco, l’Oulipo Show, Gauvreau, Queneau, Beckett et autres iconoclastes réfractaires à l’ordre établi. Mais c’était en somme un point de départ qu’ils ont appliqué à l’humour. L’un des rares duos humoristiques au Québec s’est taillé une place à part à coups de rires et de grands cris, d’autodérision et de folies assumées. Leur quatrième spectacle en carrière, En attendant le beau temps, ne fait pas exception. En entrevue, les deux rigolos parlent d’une même voix et on n’a jamais vu les Denis Drolet aussi calmes et posés. Avec En attendant le beau temps, leur concept scénique tient beaucoup plus du théâtre que du stand-up. Alors quand on gratte un peu le brun, on comprend mieux que pour eux, l’humour, c’est du sérieux ! Après avoir présenté votre spectacle durant près de deux ans, comment a-t-il évolué ? Il n’évolue plus ! Depuis le début, on s’en tient au texte comme un show de théâtre. Quand c’est figé, c’est figé. On a eu tout de même 60 dates de rodage pour le fignoler. Après, ça bouge pas beaucoup. Le plaisir de le faire autant de fois, c’est aussi de temps en temps, avec une ligne ici et là, de se surprendre mutuellement. Et chaque soir, il y a une énergie qui se renouvelle parce que le public est toujours différent. Il n’y a jamais de lassitude. Le fait aussi qu’on soit deux Texte  : Guy Marceau sur scène, ça rend la chose moins schizophrénique !, expliquent-ils. Dans notre tournée, il nous reste une vingtaine de spectacles et on a pris une pause cet été pour faire d’autres projets ensemble, les Denis Drolet, mais en dehors de notre spectacle. On a animé des galas, Sébastien a fait de la mise en scène, on fait de l’écriture pour des projets qu’on a depuis un petit bout de temps, on a chanté du Plume à Québec devant des milliers de personnes ! Et on a pris des vacances ! Alors on recommence à l’automne jusqu’au printemps 2020 avec une autre énergie. PHOTO  : comediHa ! -Fest
Dans la tête des Denis Drolet Après 20 ans de carrière, quand vous êtes Sébastien Dubé et Vincent Léonard, comme des quidams sur la rue et qu’on vous reconnaît, comment ça se passe ? Les gens sont généralement très gentils avec nous. On peut compter sur deux ou trois doigts les gens qui ne l’ont pas été. Sur les réseaux sociaux, les gens ont la possibilité d’aller plus loin dans leurs commentaires et, parfois, de brasser de la shnoutte ! Mais ça, c’était il y a 20 ans où ça nous arrivait plus souvent. Les Denis Drolet sont dans l’absurde, pas dans les sujets engagés ou politisés, alors on ne fait pas de polémique. Les gens nous connaissent partout où on va et on sent qu’ils ont envie d’embarquer dans ce manège de fous ! Alors, En attendant le beau temps, comment ç’a pris vie ? En attendant Godot !, évidemment ! Un clin d’œil à Samuel Beckett. C’est Vladimir et Estragon qui attendent on ne sait trop quoi et qui se créent un monde. Nous, on attend le beau temps ! Un prétexte pour transposer cette vie-là, ici et maintenant, la vie étourdissante d’aujourd’hui où tout fout l’camp, l’environnement, les codes, name it ! C’est un peu la culture du vide qu’on dénonce dans ce show-là. Et puis tant qu’à attendre que tout se place, et d’assister à tous ces trucs weirds qui arrivent partout, aussi bien occuper ce temps et être vraiment weird ! Y a-t-il un moment où vous vous dites, est-ce qu’on va assez loin dans l’absurde ? C’était plus évident dans notre dernier spectacle (Comme du monde) où on avait le désir que ce soit drôle avant tout. Mais tant qu’à être catégorisé dans l’absurde, aussi bien y aller à fond, et c’est ce qu’on a fait pour En attendant le beau temps. On ne donne plus de clés pour ouvrir nos portes, on ne tend plus la main et on se dit  : « ça passe ou ça casse. » Finalement, ça marche super bien mais il y avait une volonté que le travail d’écriture soit bien ficelé. Après 20 ans, on ne sent plus l’obligation de se justifier, PHOTO  : Audric Gagnon/penguin L’artdevivre… lesLaurentides ! notre signature est là. Les gags que nous les Denis on aimait, on les tassait souvent parce qu’on les jugeait trop audacieux, mais maintenant on les garde, on les assume et ça marche ! Pour l’absurde, on nous dit au top, mais en regardant bien, l’absurde, on l’a en pleine face tous les jours et personne ne s’en rend compte. Alors on se fait un peu le miroir de ça, mais on n’est pas aussi absurdes que ce qui se passe en réalité. Mais dans le show, tout peut arriver ! Pour la naissance d’un spectacle comme celui-là, le processus est long ? Pour l’écriture, on doit mettre au moins un an, sinon plus avec la période de rodage. Nous, on ne s’asseoit pas derrière un bureau pour écrire. Ça vient à des moments qu’on n’attend pas  : en passant la tondeuse, quand on est les deux en char, on part sur un thème et puis tout à coup, on le sait qu’on a un filon et qu’on va l’exploiter. Mais au final, c’est difficile de l’expliquer nous-mêmes. C’est un peu comme un band de musique, il y a des chansons, des musiques, des fils conducteurs où on sent qu’on peut ficeler quelque chose et ensuite on écrit. Ce n’est pas simple à gérer, deux cerveaux ! Sébastien et moi, on s’est rencontré, on avait 7 ans à Saint-Jérôme et ç’a connecté sur à peu près tout. Ensuite on a bâti notre duo ensemble, comme un couple mais ça va au-delà de ça, quelque chose de cosmique qui fait que, maintenant, il se passe plein de choses qu’on a du mal à expliquer. On trouve un endroit où Sébastien et moi sommes à la même place, mais une place que les autres ne comprennent pas ! Vous avez créé une panoplie de personnages au fil du temps, c’est encore le cas ? Non, depuis les derniers spectacles, on ne va plus dans les sketches. On a de moins en moins de personnages, nos costumes ont été épurés, en moins cartoon. Les deux personnages essentiels sur scène, ce sont les Denis qui doivent assumer et endosser les lignes d’humour décalé où on va loin au sujet de la misogynie, de l’homophobie par exemple. On ne peut pas, Vincent et Sébastien, deux pères de famille avec des enfants, endosser ce que disent les Denis, c’est trop… trash ! Par ailleurs, Sébastien et moi, on dit que c’est notre spectacle le plus stand-up. Alors que ceux qui nous suivent depuis le début, la parenté, d’autres humoristes comme Jean- Thomas Jobin, nous disent que c’est notre spectacle le plus théâtral… On parle aux gens, c’est un espace ouvert, on joue à la Ding et Dong avec les vieux micros 58 avec fil, et on jase pendant 90 minutes non-stop. On a, aujourd’hui, notre bassin de fans qui nous suivent et on applique notre volonté d’être ce qu’on veut que les Denis Drolet soient, et on fonce. Chaque soir, le public est différent. Rires et non-rires s’additionnent. Mais y a-t-il un moment du spectacle que vous aimez particulièrement ? Notre préféré, c’est le moment où on arrête le show complètement,on sort deux cigarettes et on se les met mutuellement dans le front et on marmonne entre nous, presque inaudible. Et c’est très long… ! On coupe ce moment en disant  : « on va continuer dans l’char après » ! C’est risqué de casser le rythme, mais ça marche une fois de plus. Comment alimentez-vous votre univers au fil du temps ? Moi (Vincent), je m’intéresse vraiment aux romans graphiques et aux BD. J’aime m’alimenter de ces universlà ; les Denis Drolet sont eux-mêmes des personnages fantaisistes. Mais on retrouve aussi de la tendresse, de l’émotion, de la nostalgie qu’on aime ajouter aux Denis. Concernant les chansons qu’on faits dans le show, on veut pas être prétentieux, mais on veut faire comme Yvon Deschamps ou Clémence Desrochers. Après d’immenses malaises où le barbu vient de lâcher son fiel misogyne et que je crie à pleines dents, vient soudainement une chanson douce… ! Parce qu’il faut aussi relâcher la tension. Vous avez d’autres projets en tête ? Plein ! Mais on va être dû bientôt. En tant qu’humoriste, on n’a pas un film ni une série télé, on n’a pas fait d’albums de chansons depuis quelques années. Tout ça, c’est juste le fun, de se projeter dans ces projets qu’on travaille tous en même temps. Un projet d’album ? Oui, depuis 10 ans !!! Le film est déjà assez avancé, et c’est du genre Dumband Dumber, La cloche et l’idiot ; mais on ne réinventera pas le genre. Le scénario est écrit, on est en ce moment dans les dialogues et on a abordé quelques partenaires comme Téléfilm Canada, Netflix… On ne veut pas trop en parler… c’est en marche. On a aussi une série animée en chantier depuis… 12 ans ! Parmi nos autres projets, depuis 2017, on anime Véronique et les Fantastiques à Rouge FM. Sébastien a fait des capsules du « Télaitroman », il a joué dans Léo, une super série de Fabien Cloutier sur Club Illico qui sera présentée bientôt. « Nous, on attend le beau temps ! Un prétexte pour transposer cette vie-là, ici et maintenant, la vie étourdissante d’aujourd’hui où tout fout l’camp, l’environnement, les codes, name it ! C’est un peu la culture du vide qu’on dénonce dans ce showlà. » - Les Denis Drolet Où aller voir les Denis Drolet n Samedi 9 novembre, 20 h SALLE AUGUSTIN-NORBERT- MORIN – SAINTE-ADÈLE 450 240-6220 poste 3000 n Samedi 30 novembre, 20 h SALLE PIERRE-LEGAULT – ROSEMÈRE 450 434-1131 poste 316 n Vendredi 13 mars 2020, 20 h THÉÂTRE GILLES-VIGNEAULT – SAINT-JÉRÔME 450 432-0660 www.flechemag.com novembre2019 19



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