Flèche n°193 octobre 2018
Flèche n°193 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°193 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 9262-3578 Québec inc

  • Format : (267 x 432) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 13,1 Mo

  • Dans ce numéro : chambre de commerce du grand Sainte-Agathe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dans la mémoire du temps « On m’a convaincu de faire un dernier spectacle. Je devais trouver un fil conducteur et le thème du temps s’est avéré idéal pour mon « vrai » dernier show. À 56 ans, c’est un sujet dont j’ai envie de parler et qui me travaille quotidiennement. » - Alain Choquette 22 octobre2018 www.flechemag.com Et la télépathie ? Même si c’est étonnant à tous les coups, les jeux de télépathie ont toujours fait partie de mes spectacles. Évidemment, il y a un truc, mais à l’époque, on disait que le magicien avait un don ! Ça s’est beaucoup modifié au fil du temps ! On connaît évidemment des noms qui se sont démarqués comme Chris Angel, Messmer, les FantastiX, Gary Kurtz, Luc Langevin… Qui ont été vos inspirations ? Étrangement, les gens qui m’ont inspirés ne proviennent pas nécessairement de la magie. Et d’ailleurs, je lisais beaucoup sur la magie, des livres que je faisais venir des États-Unis et ce qui m’intéressait, c’était ceux qui ont créé la magie et inventé des trucs, un peu comme des auteurs en humour. C’était mes inspirations du temps. Évidemment, j’ai souvenir de mon tout premier livre de magie que je m’étais procuré à la bibliothèque de Sainte-Adèle. À force de voir que je le réservais tout le temps, ils ont fini par me le donner ! Et ce livre, je l’ai encore ! Donc, ce sont les bouquins sur la magie qui ont tracé mes premières inspirations, en m’intéressant à ceux qui les avaient écrits. Il y avait deux magiciens qui passaient à la télévision comme le Canadien Doug Henning et l’Américain David Copperfield, sinon, on ne voyait pratiquement pas de magie à la télévision. Dans les nombreux spectacles que vous avez conçus, vous avez eu un faible pour des spectacles intimistes en interagissant avec le public. Mais qu’en est-il des spectacles à grand déploiement avec effets spéciaux, etc ? Ce type de spectacles, je l’ai fait longtemps. Dans mes 20 premières années, j’ai conçu effectivement des spectacles avec une grande équipe d’une vingtaine de techniciens ; quand on se produit à Las Vegas durant plusieurs années, tu n’arrives pas là-bas avec un jeu de cartes ! De plus, à Vegas, j’ai remplacé, pour quelques semaines, un artiste qui se produisait dans un petit théâtre de 75 places. Et je me suis dit qu’il serait très intéressant de me produire dans une formule plus intimiste. Après toutes ces années avec une tonne de personnes sur scène et des dispositifs scéniques impressionnants, je voulais revenir à mes sources tout en l’adaptant à des salles de 1000 personnes. Il faut savoir que la magie n’est pas moins forte dans une formule intimiste ; au contraire, elle va toucher encore plus le spectateur, parce que ça se passe dans ses mains, devant ses yeux, dans ses réactions. Alors, c’est ce qu’on a développé au fil des ans. D’ailleurs, c’est ce qui m’a permis de faire à Paris un spectacle que j’ai présenté durant quatre ans, alors qu’il était prévu pour seulement trois mois, parce que le spectacle avait une âme et véhiculait beaucoup d’émotions. Avec seulement 400 places (Théâtre de la Gaîté Montparnasse). Et c’est ce qui a vraiment bien fonctionné là-bas. Vous avez fait des spectacles au Québec, aux États-Unis et en Europe. Voilà trois publics très différents. Comment ces publics réagissaient-ils ? À Las Vegas, le spectacle que j’y ai donné durant toutes ces années était celui qui demandait le plus de déploiement, d’accessoires, d’effets spéciaux et tout. Le public est très glamour et s’attendait à ce que ce soit « big » ! Mais il faut dire que lors d’un spectacle de magie, tout le monde a 12 ans ! La grande différence que j’ai pu déceler, c’est surtout en France où le public est beaucoup plus cartésien. Je suis allé chercher plus de poésie, des références culturelles ; mais je devais surtout les « flabergaster » de suite, en partant ! Un des magiciens très connu aussi, qui est devenu un ami, a bénéficié d’un de vos trucs et j’ai nommé David Copperfield… Ce n’est pas UN truc mais bien CINQ ! La personne avec qui je collaborais dans la création des numéros, un avocat de Québec (Gary Ouellet) était aussi consultant pour David Copperfield qui est venu voir mon spectacle. Il a été très intéressé par un numéro particulier… et d’une chose à l’autre, je lui ai finalement vendu cinq de mes numéros. Dans la magie, on parle beaucoup aujourd’hui de l’apport des nouvelles technologies. Qu’en est-il pour vous ? Personnellement, je suis resté dans une approche plus personnelle qui ne nécessite pas de grand déploiement technique, à part pour le son et l’éclairage. Ma magie ne se passe pas dans les effets spéciaux ou dans la technique, mais plutôt entre le public et moi sur la scène. C’est là que la magie opère. Je donne des séminaires et conférences en France, en Belgique, en Italie, et les gens qui viennent m’entendre, c’est cela qu’ils recherchent. Ceux qui tentent de trop « beurrer épais » perdent de leur personnalité. On peut en mettre plein la vue, mais c’est plus difficile d’en mettre plein le cœur. Tout est dans l’écriture des numéros et la façon de l’amener au public ; pour moi, c’est là où ça se passe. Ça me fait sourire un peu… Luc Langevin fait sa promotion par un numéro où il fait voyager une personne d’une boîte à l’autre, alors que le truc que j’ai vendu à David Copperfield, ce sont 12 personnes qui disparaissent de la scène et qui réapparaissent dans le fond de la salle ! On a parlé beaucoup de votre humour, de votre charisme, de votre poésie. Ç’a toujours fait partie de mes concepts de spectacles. Une fois, j’ai fait des tours de magie pendant que Gilles Vigneault récitait des textes poétiques. J’ai exploité les « Saisons » sur la musique de Vivaldi, entre autres. En France, c’est justement ce côté-là qui ressortait des commentaires de spectateurs. D’ailleurs, c’était notre carte cachée parce qu’on vendait un show de magie humoristique, mais la poésie était notre troisième carte pour surprendre les gens. Télérama, qui est un des critiques les plus durs en théâtre à Paris nous a donnés la note maximale ! Même chose pour le Figaro. Ce qui est assez rare. On s’est retrouvé à Avignon, haut lieu de théâtre, pour présenter Drôlement magique durant deux ans, justement à cause de cette couleur particulière. On a vu que vous avez fait intervenir Roman Polansky dans un de vos spectacles pour le faire disparaître. On vous invite souvent pour faire ce type de croisement ?
« Les magiciens qui tentent de trop utiliser les nouvelles technologies perdent de leur personnalité. On peut en mettre plein la vue, mais c’est plus difficile d’en mettre plein le cœur. » - Alain Choquette On peut dire que j’ai, un jour, dirigé Roman Polansky ! Blague à part, j’ai participé à trois grands théâtres musicaux à Paris comme La Belle et la Bête, Le Bal des Vampires et Cats. Dans le cas de Cats, c’était un événement spécial où j’avais intégré des numéros de magie pour un format télévisuel. Pour La Belle et la Bête, on m’a invité pour faire la transformation de la Bête en Prince à la fin, et j’ai signé la conception du truc. Vous avez subi une blessure lors de votre passage en France… Oui, j’ai eu un accident de vélo à Avignon, il y a déjà trois ans, et je me suis fracturé les deux bras. Ça tranche avec le contexte où je me baladais tranquillement aux abords des champs de tournesols et de lavande ! Mais je suis un battant ! C’est arrivé un 14 juillet (Fête des Français !) ; j’ai été opéré à Montréal et on m’a reconstruit le bras gauche. Je remontais sur scène à la mi-septembre ! Message de la vie ? Il y a un bon côté à toute chose et ça m’a ouvert sur d’autres façons de voir la vie, de moins courir après la réussite en appréciant mieux ce qui passe. Ce n’est pas arrivé pour rien. Est-ce déjà arrivé qu’un truc ne fonctionne pas ou qu’un spectateur trouve le truc ? Sans prétention, dans toutes ces années de scène (plus de 35 ans de carrière), ce n’est vraiment pas arrivé souvent. À moins d’un problème technique, non. Il faut savoir qu’on est vraiment très préparé, qu’on essaie de prévoir toutes les éventualités du genre. Une anecdote savoureuse  : comme j’avais vendu mon truc de « disparition des 12 » à Copperfield, il présentait son spectacle dans un théâtre en face de mon lieu de résidence de scène, et une dame, qui avait été choisie au hasard dans la salle quand j’avais fait ce truc, s’est retrouvée, par hasard encore, parmi les 12 ! Elle est venue me voir en me disant que le truc était bien mieux réussi que celui de Copperfield, alors que c’est moi qui avait conçu et vendu le truc ! Au printemps, vous avez terminé la tournée du spectacle Drôlement magique, votre 10 e en carrière. Et vous enchaînez tout de go avec une nouvelle production, La mémoire du temps, que vous jouerez au Québec et en France. Dans le fait, Drôlement magique devait être mon dernier spectacle. Mais on m’a convaincu d’en faire un autre. Je devais trouver un fil conducteur et le thème du temps s’est avéré idéal pour mon « vrai » dernier show. C’est un sujet dont j’ai envie de parler et qui me travaille quotidiennement. À travers ce thème, je sais que ça va toucher les jeunes comme les moins jeunes qui vivent un peu la même chose, ce temps qui passe si vite. À quoi les gens peuvent-ils s’attendre ? D’abord, on va se rappeler beaucoup de souvenirs, travailler avec le futur, le présent et le passé, en soulignant la réalité du temps qui passe, et on va aussi arrêter le temps ! Évidemment, mon vécu y passera aussi, parce que c’est très tangible en ce qui me concerne. À 56 ans, la vie passe aussi très vite et j’y suis confronté, avec la réflexion qu’il est peut-être temps de ralentir et profiter ! Et puis, il y aura un lot de trucs que je n’ai pas encore présenté… Si le succès est au rendezvous, je peux facilement le présenter en tournée durant deux ou trois ans, ça aussi il faut y penser. Que ferez-vous ensuite ? C’est certain que j’ai envie de voyager et découvrir le monde, mais j’ai toujours envie de faire de la scène. Après plus de 35 ans à le faire, c’est en moi très ancré, une vraie passion. Depuis deux ans, je travaille pour Ponant, une compagnie française de croisière où je me produis pour les passagers. Encore une fois, c’est plus intimiste car le bateau ne comporte que 130 cabines. Ça rejoint mes deux passions, la magie et le voyage, et ma blonde et moi nous promettons d’en profiter le plus possible. Alain Choquette en spectacle dans les Laurentides n Les 2 et 3 novembre, 20 h Théâtre Marcellin, Laval 450 661-7714 n Les 1er et 2 décembre, 20 h Le Zénith, Saint-Eustache 450 485-0848 L’artdevivre… lesLaurentides ! 23



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