Ferrovissime n°8 avr/mai 2006
Ferrovissime n°8 avr/mai 2006
  • Prix facial : 6,50 €

  • Parution : n°8 de avr/mai 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (220 x 285) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 68,2 Mo

  • Dans ce numéro : Y 7100 et 7400, les petites mains des grandes manoeuvres.

  • Prix de vente (PDF) : 3 €

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Vingt ans au sommet... Issus de la première tranche de 92 exemplaires commandée à Billard, les premiers Y 7100 sont livrés avec trois mois d’avance et à une cadence de cinq exemplaires par mois au lieu des quatre prévus. Dans un premier temps, les nouveaux venus sont destinés exclusivement à l’Exploitation (devenu Transport), plutôt pour un emploi dans les gares de moyenne importance. Au cours de ses essais en ligne, l’Y 7101 est placé en tête d’une rame de voitures à portières latérales multiples. Grâce au développement des séries Y 7100 et 040 DE (BB 63 000/63 500), la traction diesel 42• N°8• Y 7100 et 7400 U T I L I S A T I O N S des locotracteurs TEXTE : LOÏC FIEUX De la manœuvre la plus humble au train rapide compose d’une voiture inox, les Y 7100/7400 ont TOUT assuré à la SNCF.franchit vers 1960 le cap des 50% des parcours de manœuvres de la SNCF, le reste étant assuré pour 15% par des machines électriques et pour 35% par des machines à vapeur. Il faut préciser qu’à l’époque, la SNCF fait de très gros efforts pour se diéséliser : toutes séries confondues, 130 locotracteurs lui sont livrés au cours de l’année 1959 ! Par contre, la SNCF ne prendra livraison d’aucun locotracteur entre 1972 (dernier Y 7400) et 1977 (premier Y 8000). Cette absence de commandes de la part de la SNCF autant que l’achèvement de l’équipement des sites industriels privés provoque l’effondrement de l’industrie française du locotracteur. Entreprise leader sur ce marché, Moyse dépose son bilan en 1980 après avoir tenté de survivre au prix d’un endettement sans issue. Entre la mise en service des premiers Y 7100 en 1958 et l’arrivée des premiers Y 8000 en 1977, les Y 7100/7400 profitent de vingt années glorieuses pendant lesquels ils constituent l’élite des locotracteurs SNCF. Ce sont donc eux qui sortent en ligne et assurent les manœuvres lourdes. À partir de 1977, les livraisons des séries Y 8000/8400 étalées jusqu’en 1997 entament peu à peu les prérogatives des Y 7100/7400.
Page de gauche : L’Y 7531 en tête de « l’express » Marseille/Chatel-Guyon quitte Riom en septembre 1966. (Photo : Marc Dahlström/Coll. : Jehan-Hubert Lavie) Ci-contre : Juillet 1967 à 8 h 23 : derrière l’Y 7602, le train MV 5943 Commequiers/Croix-de-Vie dessert St-Hilaire de Riez. (Photo : Jean-François Brétéché/Coll. : Jehan-Hubert Lavie) Une vie de locotracteur Alors que les Y 6200/6400 ont souvent été vus en tête de petites compositions marchandises-voyageurs (MV), les Y 7100/7400 arrivent sur le réseau lorsque ce type de train se raréfie. Présents sur l’ensemble du réseau SNCF, les Y 7100/7400 auront été affectés aux fonctions Matériel (ex- Matériel et Traction, ou MT), Transport (ex- Exploitation) et Équipement (ex-Voie et Bâtiments, ou VB). Depuis 1999, ils appartiennent tous à l’activité Fret qui les confie si nécessaire aux autres activités (notamment l’Infrastructure « Infra »). Ces locations peuvent être de très courte ou de très longue durée. Les Y 7100/7400 sont conduits par les agents des fonctions Transport, Équipement ou Matériel. Ces engins se situent dans une gamme de puissance qui leur permet d’assurer la traction en ligne de trains de fret légers. En pratique, ils prennent la tête de trains de desserte entre une gare principale fret (GPF) et un embranché. Avec la radiation des derniers Y 6200/6400 en février 1995, les Y 7100/7400 remplacent ces derniers en tête des trains de l’Équipement. On les trouve donc avec des rames de maintenance de la ligne de contact aérienne, des trains de nettoyage des isolateurs, des trains désherbeurs, etc. Toutefois, la constitution des rames et le déplacement des autres véhicules ferroviaires restent les activités de base d’un locotracteur. Aussi, selon la nature des manœuvres à assurer et le type de matériel à manœuvrer, les Y 7100/7400 peuvent recevoir des attelages spéciaux. Certains engins ont donc reçu un attelage semi-automatique de manœuvre BSI alors que d’autres sont équipés de l’autocoupleur automatique Scharfenberg pour la manœuvre des engins automoteurs (Z2, etc.). Cas très particulier, l’Y 7468 de Bordeaux dispose, en plus de son attelage à tendeur et à vis, d’un attelage à tulipe permettant la traction des allèges de draisines (wagonnets à petites roues destinés à l’approvisionnement des petits chantiers de voie). Sous la forme d’un montage différent, on retrouve cette particularité sur les T 102 et T 103 de la RATP. Le type Y 7100/7400 hors de la SNCF À partir de 1958, n’importe quel client peut acquérir un Y 7100 neuf auprès de Billard. Il lui suffit pour cela de passer commande d’un exemplaire de la référence 113b. Pourquoi 113b ? Tout simplement parce que si vous commandez la référence 113, vous obtenez un T 75, autrement dit un locotracteur pour voie de 60 cm semblable à ceux de la ligne Maginot ! Les autres constructeurs de la famille Y 7100/7400, notamment Decauville et Moyse, proposeront également ces engins aux administrations et aux clients privés. Pour ces commandes à l’unité ou en petite série, l’engin peut être adapté aux besoins du client tout en profitant de frais de conception amortis par l’étendue de la série. Parmi les options proposées par Billard figure la possibilité d’installer un système de conduite en unité double entre deux engins. Il semble qu’aucun engin SNCF ou non SNCF n’en soit doté. Dès le lancement de la série Y 7400 en 1963, l’Armée française achète plusieurs engins identiques à ceux de la SNCF. Comme les Y 7400 contemporains de la SNCF, ceux de l’Armée sortent de chez Decauville et partagent leurs caractéristiques techniques avec les Y 7400 SNCF (32t, moteur Poyaud, boîte Asynchro, 60 km/h). Ces engins militaires sont affectés notamment aux ETAMAT (établissement du matériel) de Fourchambault et de Versailles-Satory, aux arsenaux de Lorient et de Toulon, à l’ERM (Etablissement Régional du Matériel) de Redling, à la ZRA (Zone de Regroupement et d’Attente) de Miramas ou au 5 e Régiment du Génie. Seul régiment français disposant d’une compagnie de logistique ferroviaire, le 5 e Régiment du Génie est doté de cinq « Y 7400 » dont trois étaient encore en service en 2003 (les engins hors service ont été remplacés par deux locotracteurs BP 220 construits par la Société Française de Locotracteurs, ou SFL (5)). Depuis 1994, l’Armée a reçu douze BP 220 qui concurrencent naturellement les Y 7400 maintenus en service. Quant aux « Y 7400 » reformés par l’Armée, ils alimentent le marché de l’occasion après avoir été reconditionnés par Patry, Sifel, etc. En 1969, la RATP fait l’acquisition de deux engins identiques aux Y 7400 SNCF contemporains. Construits par Moyse et dotés de persiennes latérales horizontales au niveau du ventilateur, ces deux engins immatriculés T 102 et 103 sont toujours en service. Notez que le T 101 est un engin acquis neuf et identique aux C 61 000 SNCF. Spécialisée dans le meulage des rails, la société suisse Speno a vendu ses deux locotracteurs type « Y 7400 » aux Voies Ferrées des Landes (VFL). Figurant à l’inventaire des VFL depuis février 1974, ces deux engins sont immatriculés Y 01 et 02 et revêtent une livrée « rouge Madras ». Ils sont maintenant fondus dans le parc VFLI. Parmi les utilisateurs industriels, citons Cofrafer qui utilise un « Billard 41 t ». Il s’agit en fait d’un Y 7100/7400 lesté à 41 t afin de manœuvrer plus facilement des rames de coïls. N°8• Y 7100 et 7400• 43



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