Ferrovissime n°34 janvier 2011
Ferrovissime n°34 janvier 2011
  • Prix facial : 8,90 €

  • Parution : n°34 de janvier 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (210 x 300) mm

  • Nombre de pages : 92

  • Taille du fichier PDF : 62,7 Mo

  • Dans ce numéro : les 040 D roulent en banlieu Nord dans les années 1960.

  • Prix de vente (PDF) : 3 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
En exergue En comparaison du Mistral climatisé, les ZS 14 300 n’offraient aucun confort À l’opposée du luxe et de la vitesse de la rame du Mistral, quelles sont les voitures les plus inconfortables de la SNCF en 1960 ? Plongeons dans les profondeurs de la lenteur et de l’inconfort. Les bâtisseurs du rail ont été parfois contraints de commettre de graves erreurs. Comme de desservir Orléans et Tours par des gares terminus ! Il fallut bien vite construire deux nouvelles gares excentrées, Les Aubrais à Orléans et Saint-Pierre-des- Corps à Tours, implantées sur des voies directes évitant les rebroussements, puis établir des navettes entre les terminus et les gares de correspondances. Des navettes assurées, depuis la nuit des temps, par du matériel hors d’âge... Mais à la fin des années 1950, la SNCF décide de mettre au rancart ses vieilles Z 4000 à portières latérales ex-PO et de les remplacer par des Z 4300 ex- Midi dont les origines remontent quand même à 1925. Aucune remorque n’est prévue. Or, les parcours en navettes évidemment réversibles impliquent des remorques à cabine de conduite. Le pavillon, lui, reste en bois ! À Orléans comme à Tours, on avait déjà tout vu, pour ce service, en matière de bricolages les plus inénarrables, notamment d’antiques automotrices à vapeur amputées de leur chaudière en offrant aux regards une esthétique délirante. Allait-on faire pire ? La suite prouve qu’on est au moins resté dans la même lignée. À l’époque, la région Sud-Ouest modernise ses voitures à d’omnibus à essieux. Six voitures PO à deux essieux et portières latérales construites entre 1909 et 1911, longues de 16,15 m sont prélevées du parc pour être transformées en remorques d’automotrices au cours d’une « modernisation » — un terme qu’on ne doit pas confondre avec « métallisation ». La preuve : si les faces latérales et les deux bouts des nouvelles caisses sont en acier, le pavillon, lui, reste en bois ! Une toile goudronnée est tendue pour garantir l’étanchéité de ce pavillon. L’aménagement est mixte « 2e classe/fourgon/cabine de conduite » avec une face frontale de cabine percée de deux petits pare-brise et équipée de deux feux tellement rapprochés qu’ils semblent loucher. La région Sud-Ouest a pris l’habitude de doter ses navettes d’une livrée bicolore. Les nouvelles rames sont donc peintes en vert celtique, zone des baies crème et nos remorques à cabine sont immatriculées ZS 14 301 à 14 306. L’aménagement intérieur est spartiate et la vitesse est limitée à 65 km/h seulement, ce qui n’a guère d’importance sur des trajets qui durent six minutes à Orléans et une douzaine de minutes à Tours. Recalé au crash-test Malgré tout, le bruit en ligne est infernal, conjugué entre le roulement à deux essieux, l’absence de toute insonorisation et la présence d’un vaste compartiment- fourgon à bagages non isolé qui fait l’effet d’un énorme caisson de basse dont n’oserait pas rêver un groupe de rock heavy metal. Au hit-parade du vacarme, une ZS 14 300 possède de solides atouts pour voler la première place aux célèbres voitures Boîtes à tonnerre ! Et que dire de leur sécurité passive ? En observant la face frontale de la cabine, on note, près Stationnant en gare de Tours le 11 juillet 1972, la navette composée d’une Z 4300 tractant la voiture réversible 60 87 99 07 442 SDxq est prête au départ pour Saint-Pierre-des-Corps. Sur les navettes d’Orléans et de Tours, la SNCF engageait le matériel le plus obsolète. (PHOTO : CLAUDE LAPIERRE/PHOTOTHÈQUE LR PRESSE) 3
4 Après avoir été des remorques d’automotrices, les ZS 14 300 deviennent administrativement des voitures voyageurs et reçoivent le marquage UIC avec sigle long. 4 Ex-remorque ZS 14 300, la voiture 60 87 99 07 443-0 SDxq stationne à Saint-Pierre-des-Corps le 10 mai 1975. 1 Près du feux situé à droite de la photo, notez la présence du cercle blanc signifiant « véhicule ni lourd, ni léger ». 1 A-t-on observer à la SNCF une cabine de conduite plus spartiate ? (PHOTOS : JEAN-MARC FRYBOURG) du feu de droite, un cercle porté à la peinture blanche qui signifie « véhicule ni lourd ni léger ». Autant dire que notre ZS 14 300, avec son vieux châssis de 1909 et sa toiture en bois, n’aurait aucune chance d’absorber le moindre crash-test ! Dix ans plus tard, les remorques ZS 14 300 — et leurs automotrices Z 4300 — sont mutées du parc « voyageurs » au parc de service. Fini le transport des voyageurs sur courtes distances ; les ZS 14 300 vont terminer leur carrière au service des agents de la SNCF. L’odeur du mélange 2 temps En 1968, l’effectif est réduit à trois unités affectées aux navettes ouvrières engagées entre Saint-Pierre-des-Corps et Tours pour les cheminots allant ou revenant de leur travail, de même que pour leurs « ayant-droit » — conjoint, enfant. Les vieilles navettes déposent les agents sédentaires sur les lieus de prise de service et les conducteurs au dépôt. Elles desservent aussi les cités cheminotes. Au parc de service, ces remorques passent en catégorie « voitures », toujours peintes en vert et crème. Elles sont réimmatriculées SDxq 401 à 403 (S : voiture spéciale, D : fourgon, x : cabine de conduite, q : caisse non métallique). Numéros bientôt remplacés par le marquage UIC 60 87 99 07 441 à 443 SDxq surmonté du sigle allongé de la SNCF. En traversant le fourgon, on remarque une forte odeur qui ne trompe pas : celle du « mélange 2 temps », dégagée par les innombrables Mobylette (les vraies, les bleues !) et Solex transportés par la navette et que les cheminots utilisent pour se rendre au plus près de leur « boulot ». Les années 1970 ont été fatales à la plupart des navettes ouvrières, d’abord transférées sur route en utilisant des minibus Hanomag-Henschel ou Mercedes 206D, puis désertées par l’usage de l’auto individuelle et le développement en périphérie des transports urbains. ■ Texte : Jehan-Hubert Lavie FERROVISSIME n°34 1



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 1Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 2-3Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 4-5Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 6-7Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 8-9Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 10-11Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 12-13Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 14-15Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 16-17Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 18-19Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 20-21Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 22-23Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 24-25Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 26-27Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 28-29Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 30-31Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 32-33Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 34-35Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 36-37Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 38-39Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 40-41Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 42-43Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 44-45Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 46-47Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 48-49Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 50-51Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 52-53Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 54-55Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 56-57Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 58-59Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 60-61Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 62-63Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 64-65Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 66-67Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 68-69Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 70-71Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 72-73Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 74-75Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 76-77Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 78-79Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 80-81Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 82-83Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 84-85Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 86-87Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 88-89Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 90-91Ferrovissime numéro 34 janvier 2011 Page 92