Féminin Psycho n°71 fév/mar/avr 2013
Féminin Psycho n°71 fév/mar/avr 2013
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°71 de fév/mar/avr 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 26 Mo

  • Dans ce numéro : trouver son équilibre, c'est possible en s'écoutant.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 76 - 77  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
76 77
MOI & MOI PHOTOS.COM Porter plainte Lorsque la victime parvient à aller jusqu’au commissariat de police, si possible accompagnée d’une amie ou d’un soutien psychologique, afin de porter plainte, ce pas est évidemment immense. Il est loin d’être naturel comme le prouvent les statistiques et ce, même chez les jeunes adultes. Cela est compréhensible lorsqu’un membre de la famille est concerné, ou qu’il s’agit d’un ami proche, et que de plus cela s’accompagne de menaces ou pressions psychologiques, ce qui est quasiment toujours le cas. Porter plainte exige donc un grand courage, une forte détermination et suffisamment de solidité pour ne pas craindre de faire voler son environnement en éclat. C’est une raison pour laquelle des adultes révèlent ce qui s’est passé des années après, une fois qu’ils ont reconstruit un univers bien à eux. Sauf qu’à ce moment-là, tout devient plus difficile à prouver, même si cela reste toujours utile, car dans ce cas le travail psychologique a été 76 FÉMININPSYCHO fait en amont, la plainte représentant en quelque sorte la fin d’un processus. Il est très difficile de venir raconter dans le détail à des étrangers un événement que l’on tente d’effacer de sa vie. D’autant que l’accueil laisse parfois à désirer même s’il s’est amélioré. Subir les questions, parfois les examens médicaux, imaginer une confrontation, tout cela demande du courage et la certitude que l’on est sur le bon chemin. En dépit des tracasseries administratives obligatoires, pouvoir accuser et demander la punition est une étape importante et positive. En effet, la reconnaissance de l’agression par la police dans un premier temps, puis par la justice participe directement à la reconstruction. Il faut savoir que légalement, la victime a 10 ans pour porter plainte (et ce à partir de la majorité si elle était mineure). La honte et le choc L’état de choc après l’agression est commun à toutes les victimes, surtout quand elles ont parfaitement conscience de ce Porter plainte exige un grand courage. qui s’est passé (ce qui n’est pas toujours le cas chez les très jeunes enfants). Chez les adolescents et les adultes, la honte vient souvent le disputer à la colère. Sans oublier la peur dans certaines circonstances que cela ne se reproduise. Ces différents sentiments entraînent un repli sur soi, nocif, mais contre lequel il est difficile de lutter. Le plus difficile est que l’on ne peut s’empêcher de penser à ce qui s’est passé et se reprocher sa propre attitude : ne pas avoir réagi suffisamment rapidement, ne pas avoir été assez consciente, résistante, avoir cédé à la peur, autant de sentiments négatifs dont la victime a honte après coup. Au lieu de se concentrer sur la personnalité criminelle de son agresseur, elle commence à s’accuser elle-même, comme si elle avait été complice. A cela s’ajoute une autre crainte : si l’on n’est pas sûre que l’agresseur ait utilisé un préservatif, comment savoir s’il n’était pas malade, faut-il prendre un contraceptif, autant de décisions difficiles à prendre lorsque l’on est bouleversée. En schématisant, les victimes adoptent trois types de comportement : 1.Une période d’agitation, voire d’hystérie et de forte anxiété, 2.Ou une période sous contrôle où la personne se conduit comme si rien ne s’était passé, 3.Et enfin le déni : le souvenir est flou, et la vie quotidienne difficile. Par la suite, certaines continuent à ne pas vouloir en parler, d’autres n’ont au contraire que ce sujet à la bouche, d’autres sont
PHOTOS.COM dans l’analyse ou la fuite, elles déménagent, changent d’apparence. La santé est souvent compromise sans raison physique identifiable et la peur peut s’installer pendant des années, parfois la dépression. C’est la raison pour laquelle il est important de pouvoir s’en ouvrir à une personne de confiance, qu’elle soit proche ou étrangère. Il peut s’agir d’une amie très intime, d’un membre de la famille, et si l’on ne sait comment choisir, d’un psychologue… Les associations d’aide aux victimes sont l’assurance d’un accueil bienveillant et de bons conseils. Car la sortie du tunnel passe par une reconnaissance personnelle et sociale du statut de victime. Une histoire de résilience En France, c’est Boris Cyrulnik qui a mis en lumière ce mot alors peu usité. Il s’agissait au départ d’une notion de physique : l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale. Adapté à la psychologie, la résilience est une capacité à vivre et à s’épanouir en dépit de l’adversité. On le constate tous les jours, face à des drames voire des traumatismes tels que le viol, certains s’en tirent beaucoup mieux que d’autres. Il est important de pouvoir s’en ouvrir à une personne de confiance, qu’elle soit proche ou étrangère. Dans ce phénomène, tout n’est pas que psychologie. La génétique joue également un vrai rôle, certains êtres développant plus de dopamine et sérotonine que d’autres, des substances qui aident à aller de l’avant dans la vie. Pour le reste, les psychiatres estiment que les autres facteurs favorisant la résilience sont liés : • Au caractère de l’enfant (est-il confiant en la vie, susceptible d’aller chercher de l’aide ailleurs si nécessaire, ou au contraire plutôt replié sur lui-même)• Au milieu affectif dans lequel il grandit lorsqu’il est petit : est-il aimé, sans conditions, sa mère ou ses parents sont-ils heureux avec lui ? Répondent-ils positivement à ses questions, câlins, etc.• A l’environnement plus global, qui représente un appui ou non, il peut s’agir de frères et sœurs, de grands-parents, amis, référents, etc. Ces enfants et adultes au tempérament résilients auront plus que les autres envie de repartir de l’avant, et de se battre contre ce qui leur est arrivé. Ils le font cependant différemment, il y a ceux qui s’ouvrent aux autres (dans le cas du viol, ils le dénoncent, même enfant, et vont jusqu’à la poursuite judiciaire adulte), d’autres savent qu’ils sont en position de faiblesse et imaginent leur triomphe plus tard, ce qui leur permet de supporter ce qui s’est passé, enfin, d’autres encore savent qu’ils ont été violés mais se concentrent sur le fait que si certains ont pu trouver une solution, eux aussi en sont capables, même si ce n’est pas immédiat. Parfois, mais rarement dans le cas du viol, certains ironisent sur leur sort pour tenter de se réintégrer dans la normalité et être à nouveau acceptés par les autres. La reprise de la sexualité La violence subie laisse des traces. Un stress post-traumatique s’installe de façon durable. De nombreuses victimes adultes ont de grandes difficultés à reprendre une vie sexuelle normale, ou souffrent de flashbacks. Il est très important là aussi de se faire aider, soit par des psychiatres et psychologues déjà familiarisés à ce type de traumatismes, et pour ceux qui se refusent absolument (surtout au début) à consulter en discutant avec des personnes qui ont subi le même type de traumatismes et ont réussi à trouver une porte de sortie. Non pas pour faire comme elles, le sujet est trop personnel, mais pour savoir que la solution existe. n A.F. Adresses utiles :. Le 119 : Allo Enfance Maltraitée. Viols femmes Informations : 0800 05 95 95. SOS inceste : www.sos-inceste-pour-revivre.org FÉMININPSYCHO 77



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 1Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 2-3Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 4-5Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 6-7Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 8-9Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 10-11Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 12-13Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 14-15Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 16-17Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 18-19Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 20-21Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 22-23Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 24-25Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 26-27Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 28-29Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 30-31Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 32-33Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 34-35Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 36-37Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 38-39Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 40-41Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 42-43Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 44-45Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 46-47Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 48-49Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 50-51Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 52-53Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 54-55Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 56-57Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 58-59Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 60-61Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 62-63Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 64-65Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 66-67Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 68-69Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 70-71Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 72-73Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 74-75Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 76-77Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 78-79Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 80-81Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 82-83Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 84-85Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 86-87Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 88-89Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 90-91Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 92-93Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 94-95Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 96-97Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 98-99Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 100-101Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 102-103Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 104-105Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 106-107Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 108-109Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 110-111Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 112-113Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 114-115Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 116-117Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 118-119Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 120-121Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 122-123Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 124-125Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 126-127Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 128-129Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 130-131Féminin Psycho numéro 71 fév/mar/avr 2013 Page 132