Féminin Psycho n°69 aoû/sep/oct 2012
Féminin Psycho n°69 aoû/sep/oct 2012
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°69 de aoû/sep/oct 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 55,4 Mo

  • Dans ce numéro : avoir le bon partenaire.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MES ENFANTS & MOI Mère-fille : un duo incroyable ! De ruptures en retrouvailles, le couple mère-fille est indissociable. De l'amour à la haine, le lien n’est pas toujours facile à vivre, le cordon ombilical pas toujours facile à couper. Alors, rivales ou amies ? Il y a mille façons d’aimer sa mère ; il y a mille façons d’aimer sa fille. On a toutes un témoignage à apporter sur le sujet, surtout quand on est mère d’une fille soi-même. La simplicité n’est pas de mise dans ce rapport qui peut être soit fusionnel, soit opposé, soit rival. Le père, lui aussi, joue un rôle complexe dans ce drôle de couple à trois que forment des parents avec leur fille. Ne pas rester uniquement la fille de sa mère Pour les psys, le chemin pour conquérir son identité féminine, reste plus ardu que celui de l'identité masculine. « La mère est source de vie toute puissante, elle est le premier objet d'amour absolu, fusionnel. Le petit garçon sait qu'il est différent de sa mère et peut lui échapper. La fille en revanche, se perçoit dans une similitude sexuelle et se sent très vite comme une reproduction, une miniature de sa maman. Elle va se débattre avec cela longtemps » 82 FÉMININPSYCHO analyse le psychiatre Aldo Naouri dans son livre « Les filles et leurs mères ». Pour devenir une femme bien dans sa peau, et ne pas rester la fille de sa mère, la jeune femme va mettre en place différentes stratégies, dont le fameux complexe d'Oedipe, cette fameuse tentative de séduction du père. Une démarche qui illustre le désir de différenciation d'avec la mère, souvent lourde de conséquences. Cela peut fausser leurs rapports pendant des années. Quand la complicité est bien réelle… Dans certains couples mères-filles, le lien est évident et naturel. La fille sait que sa mère sera toujours là. Chacune est consciente de l'amour qu'elles ressentent l'une pour l'autre. Même si les filles n'adoptent pas systématiquement les valeurs de leurs aînées, bien que celles-ci aient à cœur de les transmettre, elles témoignent d'une grande admiration pour leur mère. Une réelle complicité qui se traduit par des discussions : drogue, sexe, contraception, travail, politique, autant de thèmes autrefois tabous qui sont abordés aujourd'hui ouvertement. En France, le rejet fait partie de l'histoire ancienne. Pour preuve, un sondage BVA (1998) qui révèle que pour 81% des mères leurs relations avec leurs filles sont meilleures que celles qu'elles entretenaient avec leurs propres mères. Bien sûr, la relation n'est pas sans nuage, mais les désaccords ne portent pas sur des sujets importants. Certaines d'ailleurs peuvent se chamailler sans cesse, et passer aussi des heures à se téléphoner. Quand le conflit arrive… En particulier à l'adolescence, le conflit est souvent la règle. « Ce moment-clé de l'existence est difficile : pour devenir une femme, il faut s'éloigner de sa mère » explique la psychanalyste Caroline Eliacheff, dans son livre « Mères-Filles ». Le conflit permet alors à la jeune adoles- PHOTOS.COM
cente de quitter sa position d'enfant et de prendre sa place. Une étape difficile à franchir… Dans d'autres cas, les mamans souffrent du syndrome de la jeunesse éternelle. Laisser leur fille devenir adulte, représente un véritable danger : celui de se voir vieillir. Elles préfèrent évidemment rester des éternelles copines et se comportent comme tel. Devenir soi dans cette relation-là exige à la fois qu'on s'accommode de cette donnée tout en prenant ses distances... Quand la mère devient confidente… Certaines mères ont tellement peur que leur fille vive en dehors d'elles, qu'elles la « phagocytent » dès la petite enfance. Confidentes de tous ses chagrins et de tous ses bonheurs, elles lui confient aussi leurs insatisfactions et leurs attentes. Par la suite, il est bien difficile, pour la fille, de distinguer sa propre émotion de celle de sa mère, puisque les deux femmes ont toujours eu une relation fusionnelle. Ainsi, la jeune fille amoureuse se confiera sans hésiter à cette mère à laquelle on peut tout dire, et celle-ci « qui connaît sa fille parce qu'elle l'a faite » la conseillera ou l'orientera. Amie avec sa mère, la fille en devient aussi la prisonnière, sans le savoir. Car sa structure affective inclut ce lien fusionnel. Pas question d'écarter sa mère, même lorsqu'elle aura une vie de couple : elle connaît de l'intérieur la douleur qu'éprouverait sa mère, si on l'évinçait, et n'envisage pas d'être responsable de cette souffrance. Dans un lien fusionnel mère-fille, faire souffrir sa mère, c'est aussi se faire souffrir soi. Comment échapper à une trop grande proximité ? Certaines mères et filles se téléphonent tous les jours, voire plusieurs fois par jour. Rien de ce qui est intime pour l'une n'est étranger à PHOTOS.COM l'autre. Inversement, lorsque la fille souffre, la mère est toujours là pour la remettre d'aplomb. Ce lien, qui pourrait paraître idéal, rejette en fait les autres hors d'une sphère d'intimité inégalable. Ainsi, le partenaire amoureux et sexuel n'occupe alors qu'une place secondaire auprès de la fille. Il peut même être amené à séduire la mère pour gagner la fille, comme si la mère et la fille ne faisaient qu'une, ou parce que le regard de l'une oriente celui de l'autre. Tant que mère et fille sont en accord, tout va bien pour elles. A partir du moment où la jeune fille prend conscience de ne pas avoir sa vie propre, et veut privilégier un autre amour que celui qu'elle a pour sa mère, les relations se dégradent violemment. Partagée entre la compassion pour sa mère et la haine envers celle qui lui refuse une vie en dehors d'elle, elle risque de passer sa vie à s'arracher de cette mère omnipotente dans une crise d'adolescence sans fin. De la mère fusionnelle à la mère abusive Certaines mères ne renoncent jamais à garder une place dominante auprès de leur fille. Elles conseillent, jugent, critiquent, sans comprendre qu'elles doivent lâcher-prise. Parfois, elles entretiennent chez leur fille un sentiment de faiblesse, pour que celle-ci continue à s'appuyer sur elles. La fille adulte, se sentant coupable de ne pas être à la hauteur de sa mère, ne se donne le droit, inconsciemment, ni de réussir sa vie amoureuse ni de se réaliser professionnellement. Lorsque les relations mère-fille sont à ce point endommagées, lorsque l'emprise affective de la mère sur la fille est insurmontable, celle-ci ne doit pas hésiter à avoir recours à un psychothérapeute qui l'aidera à se séparer symboliquement de cette mère trop dévorante. Telle mère, telle fille… On regarde souvent la mère pour imaginer le devenir de sa fille, mais même si mères et filles se ressemblent, elles sont tout de même différentes ! Et quand elles nient être identiques, voulant se démarquer, c'est l'inconscient qui les dirige vers la même voie. Il est intéressant de savoir si la mère se comporte plus comme mère que femme (ou l'inverse), les deux à la fois, ou ni l'une ni l'autre. L'image qu'en aura la fille de son devenir féminin, son rapport aux hommes, sa réalisation de future mère, en sera fortement infléchie. Une « plus femme que mère » l'est dans une première période avec son enfant, car le post-partum le demande. Mais elle ne doit pas oublier de rééquilibrer le pôle sans toutefois l'inverser : être mère pour sa fille, rester femme pour son amant ! Lorsqu'elle est « plus mère que femme », elle peut empêcher sa fille d'accéder à sa propre féminité, mais aussi l'amener à lui être redevable voire coupable d'avoir été aimée et choyée. La « plus femme que mère » a, elle, tendance à exclure sa fille, au profit de son mari, de son travail, de sa vie sociale... pouvant la rejeter violemment. En voyant ces mères faisant de l'ombre à leur fille ou jalouses... on peut comprendre l'importance de se dégager de ce poids trop lourd et invalidant. FÉMININPSYCHO 83



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