Féminin Psycho n°66 jan/fév 2012
Féminin Psycho n°66 jan/fév 2012
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°66 de jan/fév 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 220) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 61 Mo

  • Dans ce numéro : arrêter l'hypocrisie.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI & LES AUTRES Il s’agit là d’une réaction innée, qui a d’ailleurs pu être testée sur de tous petits enfants. Naturellement, nous ne sommes donc pas ou plus programmés pour nous protéger de façon égoïste, mais les actes « gratuits » sont naturels tant qu’ils permettent de favoriser la survie du groupe, et de ce fait la sienne. Cela est d’ailleurs confirmé par la théorie des jeux portant sur l’évolution : une stratégie qui écarte toute politique de coopération est en réalité moins efficace sur le long terme, d’où l’intérêt de prendre en compte les autres. Diverses origines Il semble bien que les personnalités qui s’engagent dans l’humanitaire aient un profil de type particulier et que l’on trouve des origines communes à l’altruisme. Car le mot est parfois mal utilisé, si l’on convient du fait que l’altruisme signifie faire le bien sans qu’il n’y ait idée d’une récompense personnelle à plus ou moins long terme.• L’appartenance à un groupe L’engagement peut se faire par besoin de s’identifier à un groupe. Quelle que soit sa forme, association, entreprise, peu importe, si cette entité est considérée comme un idéal, une partie de cette aura rejaillit donc sur celui ou celle qui s’engage sous sa bannière. Ce souhait de faire partie d’un cercle, de fréquenter des personnes qui ont le même système de valeurs n’a rien de problématique. Il s’agit au contraire d’une attitude très courante.• L’empathie L’empathie est un penchant naturel de l’homme. Vouloir être en accord et en harmonie avec son environnement, avoir des relations apaisées 98 FÉMININPSYCHO avec l’entourage permettent d’avoir une vie plus sereine, et de ce fait plus heureuse. Avoir de la compassion, l’envie d’aider son prochain sont donc des réflexes assez naturels. S’engager dans l’humanitaire est donc une façon de continuer à satisfaire ce penchant et à mener une vie conforme à ses convictions.• La valorisation de son image Les personnes que l’on définit comme altruistes ne sont pas toujours mues que par de nobles sentiments. Il arrive aussi que des raisons plus humaines, concrètes, sous-tendent un engagement humanitaire. La valorisation de l’image de soi est certainement le plus courant. Cela n’enlève rien à la sincérité et à la bonne volonté. Pourtant, il est vrai que notre société valorise ce type d’action. Un engagement humanitaire, ne fût-ce que pour quelques mois, est plus valorisé sur le CV d’un jeune en recherche d’emploi qu’un stage dans un fast-food. En effet, cela rajoute une certaine aura à la personnalité et nimbe le parcours du candidat d’une auréole prestigieuse. Tout le monde n’ayant pas le courage, ni l’envie de telles actions, ceux qui ont la persévérance et la volonté d’aller jusqu’au bout provoquent une certaine admiration, souvent bienvenue. Parmi les personnalités les plus aimées et admirées des Français, il ne faut pas oublier que Sœur Emmanuelle et l’abbé Pierre sont en bonne place. Ils ont pris fait et cause pour les déshérités, sans rechercher aucunement leur intérêt personnel, mais celui de la cause qui les motivait.• La culpabilité Parmi les tests qui sont réalisés en psychologie sociale, on a pu mettre en avant une mécanique bien précise : la mauvaise conscience, le sentiment d’avoir mal fait, une honte subie, provoquent de façon quasi systématique l’envie de se « rattraper » en quelque sorte. Ainsi, le fait d’avoir été réprimandé par une personne disposant d’une autorité prédispose à une bonne action faite dans la foulée pour se racheter en quelque sorte. Il s’agit d’une sorte d’automatisme. Si un individu se fait réprimander pour ne pas avoir cédé sa place dans un bus à une personne âgée, il aura dans les moments qui suivent une PHOTOS.COM
tendance inconsciente à répondre positivement à la demande d’aide d’une personne connue ou inconnue. Le temps passant, cette sensation disparaît. Dans ce cas, c’est la sensation de culpabilité sousjacente qui agit comme un aiguillon pour effacer cette petite honte.• La responsabilité collective Nous appartenons à un groupe, une nation, une société et pour certains, afin d’être fidèles à leurs principes, il convient d’agir. Certains s’engagent au WWF, dans les associations ou fondations de protection de la nature, des animaux, dans un parti politique, car il s’agit d’une responsabilité collective. En rejoignant un organisme humanitaire, ils concrétisent leurs convictions. Etre fidèle à soi-même en quelque sorte pour défendre une cause reconnue d’utilité publique procure une sensation de confort psychologique et de bien-être.• La compensation Vous connaissez peut-être ce profil de personne qui fait sans cesse preuve de dévouement, de façon parfois exagérée. Car être dans le don peut aussi s’avérer dangereux. Certains vont jusqu’à sacrifier leurs rêves, leurs ambitions pour protéger un autre, généralement proche. Cette attitude proche du sacrifice est nocive et peut entraîner un véritable destin brisé. La plupart du temps, ce type de dévouement sacrificiel exige une véritable thérapie, car il devient quasiment une raison de vivre. Altruisme & pyramide de Maslow De nombreux psychologues sociaux ont rapproché les divers degrés du sentiment altruiste au raisonnement de la fameuse pyramide de Maslow. 1.Le niveau primaire C’est celui des besoins instinctifs. Il correspondrait à une forme d’altruisme qui s’apparente à la coopération que l’on peut constater y compris chez certains animaux, et qui a essentiellement pour but de permettre au groupe de survivre. Il peut aussi s’agir d’une entraide qui s’apparente au troc : « je t’aide pour ceci, tu me rendras la pareille pour cela ». Autant dire qu’il ne s’agit pas de d’altruisme. Si l’on compare cela à la fonction parentale, cela relève du parent qui conçoit pour perpétuer l’espèce et avoir un soutien pour ses vieux jours. 2.Le second niveau Il correspondrait à un altruisme qui attend aussi une certaine réciprocité, mais plus psychologique. Il met en avant le besoin d’être apprécié, l’envie de s’accomplir, de s’impliquer dans l’action pour mieux être à même de transformer ne futce qu’une toute partie du monde. On travaille ici sur le plan de l’estime de soi. Si l’on reprend l’idée de la fonction parentale, nous sommes ici chez le parent qui éduque son enfant pour lui permettre d’aller le plus loin possible, et lui renvoie une image de fierté qui renforce son amour-propre. 3.Le troisième et dernier niveau C’est celui de l’accomplissement de soi. C’est ici que le sens moral intervient, ainsi que le sens de solidarité au sein d’une société. On retrouve l’altruisme tel qu’il est défini dans le dictionnaire : des citoyens qui s’engagent dans certaines causes qui ne les concernent nullement à titre personnel. La fonction parentale est ici moins concernée du fait même de l’étroitesse des relations parentsenfants, qui fait fonctionner ce couple sur plusieurs niveaux à la fois. Il est intéressant lorsque l’on se lance dans l’aventure de l’humanitaire de savoir quelles sont les véritables motivations qui nous guident. Peu importe à vrai dire que plusieurs niveaux soient en cause, mais il est important de savoir si l’on attend une contrepartie quelle qu’elle soit, afin de s’assurer que l’on s’engage vraiment dans la bonne voie. Attendre une contrepartie d’un engagement n’enlève rien à son efficacité. Le principal est de prendre ce type de décision en connaissance de cause et en ne se cachant pas la vérité de sa propre motivation. Ceci évite d’être déçu une fois que l’on a bouleversé en partie, voire totalement, sa vie. n A.F. A LIRE Un médecin témoigne Depuis plus de 45 ans, le docteur Kevin M. Cahill, spécialiste internationalement reconnu dans le domaine de la médecine tropicale et figure de proue de l’action humanitaire, œuvre pour essayer d’apporter au monde plus de santé, de justice, de paix. Médecin, professeur, militant, diplomate, il a vécu mille vies, a réparé mille maux. Réunissant plusieurs de ses écrits (essais, discours, tribunes, articles), ce livre constitue la chronique d’une vie guidée par la compassion et consacrée au bien des autres. « Témoigner : Une vie au service de l'action humanitaire » de Kevin M. Cahill, Editions Nil, 224 pages. FÉMININPSYCHO 99



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