Féminin Psycho n°66 jan/fév 2012
Féminin Psycho n°66 jan/fév 2012
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°66 de jan/fév 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 220) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 61 Mo

  • Dans ce numéro : arrêter l'hypocrisie.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MES ENFANTS & MOI choix de l’éducation religieuse signifie un certain nombre de contraintes. Pour la fille aînée de l’Eglise qu’est la France, s’engager dans cette voie passe par les cours de catéchisme, la communion, la confirmation… libre ensuite au nouvel adulte de faire ses choix. Comme toujours avec les enfants, les engagements sont de longue durée et porteurs de sens. Une responsabilité parentale comme une autre. Il ne s’agit pas forcément d’avoir la foi pour la vie. Mais il n’est pas neutre de mettre en avant certaines qualités comme l’espérance, la charité, le libre-arbitre. Car même si l’enfant finit par rejeter la foi, il gardera en lui ces valeurs dites chrétiennes et qui nous influencent inconsciemment. Aimer les plus faibles, les déshérités, cela a un écho en nous, même si la religion n’est plus vraiment inscrite dans notre vie. L’importance de la décision Dans les faits, l’Education Nationale a donné un petit coup de main aux parents. Etant donné qu’une grande partie de ceux-ci ont tendance à ne pas investir le champ de la religion, et bien, c’est souvent la religion qui vient aux enfants, mais via l’école, ce temple laïque français. Il s’agit en réalité de cours portant sur l’approche des religions. Deux bonnes raisons à cette initiative : - Notre société devient de plus en plus multi-culturelle et multi-religieuse. Connaître le B-A-BA de la religion de son voisin et de ses racines propres ne peut qu’être positif pour la compréhension mutuelle. - La religion est considérée par l’Etat comme une partie de notre patrimoine culturel, historique, philosophique. Il est donc normal que cet aspect soit enseigné dans l’école laïque. 86 FÉMININPSYCHO PHOTOS.COM Trois grandes familles Du côté des parents, il existe trois grandes familles : • Les croyants Ces parents vraiment croyants n’ont pas de grande difficulté à faire un choix. La décision pour eux est évidente : leurs enfants auront une éducation religieuse, la même que la leur ou quasiment. La foi est ancrée en eux, soit par conviction, soit par habitude sociale, parfois par pression familiale, mais il n’y a aucune remise en question sur le sujet. La tradition se perpétue donc de génération en génération sans que cela ne devienne conflictuel. L’important est que pour un parent croyant, le sujet de l’éducation en matière religieuse soit de toute façon systématiquement abordé lors de l’union ou de la formation du couple. Lorsque les deux parents partagent les mêmes convictions, l’entente est facile. Si un seul des deux parents est croyant, il évoquera forcément le PHOTOS.COM sujet afin qu’il n’y ait pas de malentendu. En effet, une telle conviction ne peut être passée sous silence, car il s’agit d’un thème profond et susceptible de créer une véritable fissure dans le couple. Le sujet est donc discuté et admis par les partenaires pour lesquels la situation est éclaircie avant la naissance. A contrario, les véritables athées, assez rares, font également un choix clair, motivé et argumenté en décidant de ne pas élever leurs enfants dans une religion, quelle qu’elle soit.• Les parents élevés dans la religion Il s’agit ici de parents qui ont été élevés dans la tradition religieuse, mais qui ne sont pas pour autant pratiquants et qui, sans vraiment avoir remis en question ce passé, ne sont pas totalement sûrs d’eux-mêmes sur ce sujet, finalement peu présent dans leur vie. Une grande partie des familles a en effet fait le choix de l’éducation religieuse pour leurs enfants non pas toujours par conviction profonde, encore moins parce qu’elles sont pratiquantes. En réalité, de nombreux parents dont les enfants suivent des cours de catéchisme ne vont à l’église que pour des événements bien précis, du type mariages, enterrements ou lors de la messe de minuit à Noël.
PHOTOS.COM Ils souhaitent en revanche que leurs enfants apprennent l’histoire du Christ, tout comme ils apprennent l’histoire tout court à l’école. Cela fait partie de leur culture, de celle de leurs parents, grands-parents et à ce titre, ils doivent être à même de communiquer avec leurs aïeux en connaissance de cause. Ce type de raisonnement est devenu assez courant : ce type de parents impose donc son choix, voire une école privée spécifique, sans pour autant penser que ce choix sera définitif. Libre ensuite à l’enfant de renoncer à cette religion, voire la renier pour en prendre une autre une fois qu’il sera à même de faire ses propres choix. Cela ne provoquera pas véritablement de séisme familial. En réalité, cette catégorie de parents est assez proche de la vision de l’Etat : ils estiment que la religion de leurs ancêtres fait en quelque sorte partie d’un patrimoine qui se doit d’être connu et donc transmis.• Les non interventionnistes Lors des sondages, un pourcentage de parents déclare vouloir ne rien imposer à leur enfant du point de vue de la religion. Il s’agit généralement d’agnostiques, ou plus simplement de personnes qui ne connaissent pas vraiment le sujet, sont plutôt sceptiques, ne voient pas la raison pour laquelle ils élèveraient leurs enfants dans une religion plutôt qu’une autre. Certains cultivent une certaine méfiance vis-à-vis des prêtres, imams et autres rabbins et ne veulent pas que ceux-ci aient un rôle dans l’éducation de leur progéniture. D’autres ont été élevés dans la religion, mais ont conclu que cela ne les intéressait plus, que cela n’avait pas eu une bonne influence sur leur vie. Dans ce cas, la plupart du temps, les enfants ne suivent aucun cours de type religieux, à moins qu’une cérémonie n’ait lieu plutôt pour réunir la famille, ou faire plaisir à Mamie sans que cela ne soit accompagné ensuite d’une volonté de poursuivre. Leur attitude se résume souvent ainsi : « les enfants choisiront lorsqu’ils seront en âge de le faire ». Sauf que cette phrase est évidemment très hypocrite. Car il faut bien l’avouer, combien ont, ont eu ou auront le courage de se pencher sur la religion une fois adultes et lancé dans la vie ? Cela arrive bien entendu, la preuve en est que les conversions d’adultes existent, mais elles ne représentent qu’une infime minorité. Ne pas choisir pour son enfant constitue donc là aussi un choix. Tout aussi respectable que les autres, mais qui ne doit pas porter de fausse barbe en faisant vaguement penser que l’enfant pourra ensuite compenser ce type de connaissance ensuite. Le fait est que les parents pensent que cette éducation n’apportera rien de bon à leur enfant et qu’ils ne sont donc pas prêts à faire l’effort pour s’y plier. Imposer une religion Le verbe « imposer » sonne de façon assez terrible. Il a une petite allure dictatoriale qui fait frissonner. Surtout lorsque l’on parle de religion. Nous avons vu à quelles dérives cela a pu mener les hommes au cours des siècles et encore en ce début de nouveau millénaire. Pourtant, utiliser « imposer » avec « éduquer » prend une autre tournure. Car l’éducation donnée aux enfants n’est que la conclusion d’une série de choix faits par les parents et imposés à ceux-ci. Et la religion fait partie des choix que les parents imposent en effet à leurs enfants, que ce soit en les obligeant à acquérir cette connaissance, ou en décidant de ne pas les formater dans un quelconque carcan de ce type. Un point quand même à connaître pour les sceptiques de tout poil : les très jeunes gens qui se laissent entraîner dans les mouvements religieux extrémistes sont assez souvent des personnes qui n’ont pas de véritable conviction et sont à la recherche de sens. Leur peu d’expérience en fait parfois des victimes faciles à manipuler. Former ses enfants à réfléchir et acquérir des convictions en matière de religion est donc plutôt positif, quand bien même cela mène la plupart des gens à une sorte de consensus mou, qui a l’immense mérite d’éviter les dérives dangereuses. n A.F. FÉMININPSYCHO 87



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