Féminin Psycho n°66 jan/fév 2012
Féminin Psycho n°66 jan/fév 2012
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°66 de jan/fév 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 220) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 61 Mo

  • Dans ce numéro : arrêter l'hypocrisie.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MES ENFANTS & MOI fille s’éloignera physiquement de son père le moment venu : moins de câlins, moins de petits bisous, car ce père est aussi devenu un homme. Et vice-versa pour le garçon face à sa mère. La période de la puberté et de l’adolescence est l’autre période de la vie où le père joue un rôle primordial. Là encore, il est celui qui va permettre à l’enfant d’entrer dans la peau du jeune adulte. Il est souvent force de proposition pour que l’enfant devenu grand prenne son envol, son indépendance, en organisant même les choses, en élargissant peu à peu le cercle de liberté. Ainsi, même si les pensionnats ne sont plus aussi courants que par le passé, là encore, c’était généralement le père qui décidait de la mise en pension de l’enfant. Les conséquences d’une rupture de lien Il est difficile de généraliser car chaque foyer à sa propre histoire. Le passé de la mère, l’histoire de la conception et du couple ont leur importance. Ainsi, les psychiatres qui interviennent sur les enfants après le décès du père ont pu constater que ces derniers prennent pour modèle inconscient l’attitude de la mère. Si elle va bien, l’enfant continue sur sa lancée. Si la mère est dépressive, pleure souvent, l’enfant rencontre évidemment de grandes difficultés à surmonter la perte du père. C’est la raison pour laquelle une thérapie dans ce cas implique forcément les deux personnes. Dans le cas où la relation avec le père vivant s’est interrompue, les conséquences les plus courantes sont : • Pourquoi ? Le besoin de connaître la raison pour laquelle la relation a cessé se pose. L’enfant veut savoir ce qui s’est passé, 80 FÉMININPSYCHO pour une raison essentielle : Quel a été son rôle dans la séparation ? Le père est-il parti à cause de lui ? Estil coupable sans le savoir ? Ou tout simplement « pas digne » d’intérêt ? Cette sensation sera d’autant plus envahissante que la relation a cessé tôt dans la vie de l’enfant, voire n’a jamais existé. Il est normal qu’il se pose des questions, important qu’il parvienne à les énoncer, et essentiel qu’une réponse lui soit donnée. Souvent l’enfant n’ose pas interroger sa mère, et se crée un univers imaginaire à propos de ses origines : si son père ne le voit plus, c’est peut-être qu’il est en prison, ou que lui-même est le fils de quelqu’un d’autre… L’imagination des enfants encore jeunes est sans borne et mieux vaut apporter de vraies réponses, réfléchies, sans doute moins romanesques, mais qui ont l’avantage de poser l’enfant dans le concret.• La volonté de rencontre Lorsque l’enfant ne connaît pas son père, il peut y avoir à un moment donné le souhait de la rencontre. Une rencontre qui est souvent redoutée par la mère. Certains ne provoqueront cette prise de contact qu’une fois adultes, pour ne pas lui faire de peine, ne pas la contrarier ou lui faire penser que l’abandon va suivre. Quel que soit le moment où cela arrive, il n’y a pas de possibilité de savoir ce qui va réellement se passer. La découverte du père peut être extrêmement positive, comme une véritable catastrophe affective. C’est donc l’enfant qui doit trouver son chemin après un événement de ce type. Il y a un avant et un après. La mère ne peut être qu’un soutien, et non pas à la place de. Si l’enfant ou l’adolescent souhaite la rencontre, il faut essayer de l’organiser ou d’expliquer les raisons pour lesquelles elle ne peut se faire.• L’indifférence Dans le cas des divorces, l’enfant et plus fréquemment l’adolescent peut aussi être celui qui provoque la séparation d’avec le père. Celuici peut avoir refait sa vie, avoir de jeunes enfants, et l’adolescent ne se sent pas à son aise, loin de son univers, et parfois de ses amis. Il arrive aussi qu’au fil du temps, le contact, les discussions, les sujets communs disparaissent peu à peu, à tel point que l’adolescent finit par demander d’espacer les visites. C’est alors la mère qui insiste pour que la relation ne s’interrompe pas, allant contre les désirs de l’enfant. Cela exige de la persévérance, de la constance et la conviction que cela se fait pour le bien de tous. Lorsque cela dégénère en dispute, il faut même un certain courage. Obliger un ado à se rendre chez son père est difficile et tout doit être fait pour que les séjours se passent au mieux, quitte à opérer certains changements de part et d’autre au niveau de l’organisation. Lorsqu’il est majeur, la donne change évidemment.
Le père peut aussi montrer une certaine indifférence, espacer les visites, voire y renoncer. Dans ce cas, il est évidemment difficile de lutter et la tentation est grande de dire tout simplement qu’il a refait sa vie et qu’il n’y a plus de place pour l’ancienne. Sauf que si la mère est en droit de penser que cela correspond en effet à la réalité, pour ce qui est de la relation père-enfant, mieux vaut avoir une meilleure explication. D’autant que l’enfant peut rejeter la cause de cette rupture inconsciemment sur sa mère. Après tout, c’est elle qui est présente et contre laquelle il est possible de s’élever. L’enfant doit pouvoir s’exprimer sur le sujet, donner son avis. Lorsqu’il est plus âgé, il est en droit de demander une explication directement à son père, cela permet de mettre des paroles souvent sur ce qui est forcément ressenti comme un rejet et de passer ensuite à autre chose. La culpabilité maternelle La plupart des mères qui élèvent leurs enfants seules balancent entre deux extrêmes : le plaisir de la relation avec leur enfant, bien à elle, et la peur de ne pas savoir faire le nécessaire, créant ainsi un manque impossible à combler. La culpabilité est présente lorsque c’est une séparation qui est en concernée, et non pas un deuil. Ne pas avoir réussi à former un couple, à construire une histoire qui permette d’éduquer son enfant à deux, devient non pas un véritable regret, mais une peur que le fils ou la fille ne grandisse pas avec tous les atouts nécessaires. Pourtant, l’enfant dans les cas de deuils et de séparations sait d’où il vient. D’un point de vue psychique, il a bel et bien un père dont la représentation est claire. Même si celui-ci est absent physiquement, même s’il ne l’a pas connu, l’enfant sait qui il est, a vu une ou des photos : sa conception ne tient pas du mystère. Au départ, il avait bien un père et une mère comme tout le monde et cela lui accorde déjà une bonne stabilité psychologique. Des solutions possibles La fonction de père au niveau de l’éducation doit pourtant elle aussi être assumée. Et les solutions existent car l’homme séparateur peut être un autre qui tient ce rôle de façon symbolique. Lorsque le père est absent physiquement, un entourage masculin peut venir prendre sa place. Un oncle, un parrain, voire même quelqu’un de plus éloigné dans l’environnement tel qu’un professeur peut venir combler le manque. L’enfant a d’ailleurs tendance à le rechercher de façon instinctive. Il s’agit souvent de personnes différentes en fonction de l’âge. Un grand-père peut commencer à tenir ce rôle, pour être ensuite relayé par une autre personne. Cette série de transferts permet de continuer à grandir. Grandir sans père ne signifie donc nullement subir des traumatismes affectifs toute la vie durant. Les enfants de divorcés ne se séparent pas plus que les autres, les garçons sans père peuvent devenir de très bons papas. Il n’y a pas de prédestination, encore moins de fatalité. Les exemples d’enfants qui grandissent sans père prouvent bien qu’ils parviennent à se construire, car l’absence concrète ne veut pas dire que l’image paternelle n’est pas présente. Cette image joue un rôle structurant. Cette image reste toujours présente, parfois fantasmée, même si d’autres ont endossé ces responsabilités. La base est donc généralement solide chez les enfants qui grandissent sans père. C’est au fil des années que la vigilance doit être élevée de la part de la mère. Elle ne peut se laisser aller systématiquement à son penchant naturel et doit prendre en compte, non pas ce qu’aurait fait le père absent, mais d’intégrer le côté masculin à certaines étapes importantes. Savoir se détacher du nourrisson est souvent facilité par le fait que la mère seule doit la plupart du temps reprendre le travail. A l’adolescence ou au moment du départ du foyer, la question se pose également et là encore, une grande attention est de rigueur. Des précautions s’imposent donc, mais aucun obstacle insurmontable ne se profile à l’horizon. Il n’y a qu’à regarder autour de soi pour voir que ces enfants sans père sont parvenus à grandir et à s’épanouir en créant souvent des systèmes de compensation sans grande difficulté. n V.D. À LIRE « Sans père et sans parole : La place du père dans l'équilibre de l'enfant » de Didier Dumas, Hachette Pluriel Editions (2011). FÉMININPSYCHO 81



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