Féminin Psycho n°65 nov/déc 2011
Féminin Psycho n°65 nov/déc 2011
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°65 de nov/déc 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 220) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 62,8 Mo

  • Dans ce numéro : psychologie féminine, ce que nous avons en plus.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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PHOTOS.COM MES ENFANTS & MOI doivent normalement se traduire par les premiers câlins au bébé que l’on peut enfin tenir dans ses bras, et à l’allaitement s’il a été choisi. Des moments d’intimité intenses et attendus avec impatience. Or, avec un prématuré, rien de tout cela, l’enfant est sans cesse pris en charge par d’autres, dans les cas les plus graves, il est assisté d’une machine et on ne peut le prendre dans ses bras pendant de longs jours, voire semaines. Même si la couveuse tente de copier autant que possible le milieu du ventre maternel.• Cela est également très difficile pour le père qui attendait le moment de la naissance pour vraiment s’impliquer de façon concrète. Les deux parents ont fantasmé sur l’enfant et il est très difficile de faire le lien entre ce qui a été anticipé pendant des mois et ce qui se passe en réalité. Bon à savoir Une association à connaître : SOS PREMA (www.sosprema.com) qui permet d’entrer en contact avec d’autres familles, de lire leurs témoignages, d’obtenir des conseils. 86 FÉMININPSYCHO Il n’est pas rare que l’amour parental mette un peu de temps à se déclencher : trop de stress, trop de mains étrangères auprès de l’enfant. Les psychologues savent que cela est normal et que les choses rentrent dans l’ordre ensuite lorsque l’enfant peut enfin réintégrer son foyer et que les parents peuvent se l’approprier et apprendre à le connaître.• Une sensation d’injustice La sensation de culpabilité première cède souvent rapidement la place à un sentiment d’injustice : tant de bébés naissent chaque jour sans problème particulier, pourquoi justement cela nous arrive-t-il ? Telle est la question que se posent des parents fortement désorientés. Là encore, une réaction normale. D’où l’intérêt de se rapprocher de parents qui vivent la même expérience. Il peut arriver que l’on ait des connaissances dans son entourage propre, sinon il est possible de se rapprocher de l’hôpital où se trouve le bébé. Le simple fait de parler avec des personnes qui ont traversé les mêmes difficultés permet de s’apercevoir rapidement que l’injustice n’a rien à voir là-dedans et qu’il faut affronter cette épreuve du mieux possible et surtout faire preuve de patience. La sensation d’impuissance est amplifiée par le fait que ce type de naissance est une attaque narcissique importante : la mère est blessée de ne pas avoir été capable d’avoir « fini » la fabrication de son enfant. Et la blessure sera d’autant plus vive qu’aucune expérience de ce type n’est jamais intervenue dans la famille.• La peur Pendant cette période, la mère nage dans la peur, au lieu du bonheur. Car elle a peur pour son enfant, peur qu’il ne meure parfois, ou qu’il y ait des conséquences dans sa vie future. Ce qui arrive parfois, les médecins sont obligés de faire des réserves sur l’avenir, en particulier dans le cas des grands et très grands prématurés. Cette peur que l’enfant soit « handicapé » est souvent le pire des scénarii, mais les parents, et en particulier la mère ont tout le temps d’imaginer le pire. Il ne faut pas oublier qu’à ce moment précis, la mère est en convalescence pourrait-on dire, ne travaille pas et elle qui avait prévu de passer tout son temps avec son nouveau-né se retrouve sans enfant ou presque. Une période d’inactivité forcée qui laisse tout loisir à la mère d’imaginer des catastrophes. Il est donc important qu’elle soit entourée, que son attention soit prise par d’autres personnes et activités, afin de ne pas laisser l’imaginaire prendre le dessus.• La sensation d’impuissance Il est aisé de se mettre à la place PHOTOS.COM
PHOTOS.COM d’une jeune mère qui ne peut tenir son enfant dans ses bras, se retrouve en congé maternité et se dit que les personnes les plus qualifiées pour s’occuper de son enfant ne sont pas ses parents, mais des gens qu’il ne reverra probablement jamais. Certains hôpitaux ou cliniques prennent le temps d’impliquer autant que faire se peut la mère aux soins, mais cela n’est pas toujours possible. D’autant qu’il est assez difficile de voir ce tout petit bébé, relié à différents tubes, si faible et manifestement encore incapable d’affronter le monde extérieur. Cela semble inhumain, et les jours semblent bien longs. Tous ces éléments mènent parfois la mère directement à la déprime, voire à la dépression. Le baby blues existe bel et bien chez certaines femmes, mais il peut être d’autant plus sévère dans ce cas. Le souci peut être que toute l’attention soit centrée sur le bébé et les soins qui lui sont accordés en néonatalogie. Du moins en apparence, car d’énormes progrès ont été réalisés ces dernières années. Au-delà des progrès médicaux et scientifiques, les mères et pères sont à présent pris en compte. La détresse de la mère en particulier est à présent bien écoutée. Par exemple, une photo est prise de l’enfant pour que la mère puisse visualiser au plus tôt son bébé. On lui donne un linge qu’elle glisse dans son soutien-gorge pendant un certain temps. Ce tissu sera placé près du bébé pour le rassurer avec l’odeur de sa mère. Mais il ne faut pas oublier que la mère aussi aimerait avoir un linge imprégné de l’odeur de son bébé. Il ne faut pas hésiter à poser des questions, à demander de l’aide et à prendre des initiatives. Le personnel est souvent débordé, mais son rôle est d’assister la mère, pas uniquement de prodiguer des soins. Se faire aider Avoir un bébé prématuré est une aventure au long cours. Car après sa sortie de l’hôpital, il faut rester vigilant et surveiller que tout se passe normalement. Une mère de prématuré peut développer plus qu’une autre une fragilité psychique : Stress prénatal, angoisse, en allant jusqu’à la dépression. Or, pendant l’hospitalisation, même si la douleur morale de la mère est prise en compte, il est parfois difficile d’en prendre toute la mesure. Pourtant, les maternités des hôpitaux disposent de sophrologues, psychologues. Les techniques de visualisation, d’hypnose sont souvent connues, maîtrisées, mais peu appliquées pour ces mères en situation d’urgence. La mère a intérêt à avoir suivi les cours de préparation à l’accouchement, car les techniques apprises sont alors fort utiles. Respirer pour aider à se calmer, pratiquer la visualisation positive en évoquant des images heureuses, souvenirs ou projections de la sortie de l’hôpital par exemple, sont autant de possibilités simples de sortir d’un environnement forcément médicalisé dans le cas du prématuré. Consulter le psychologue pendant l’hospitalisation est une aide précieuse et totalement gratuite. En profiter est un geste quasiment indispensable, car la naissance d’un prématuré est un choc émotionnel très important. Si la mère n’est pas convaincue d'avoir besoin d'un psy, son entourage peut lui faire savoir qu’une dépression post-natale peut aussi avoir des conséquences sur le développement de la relation avec l’enfant par la suite. La mère a bien entendu des difficultés à vraiment « s’auto-analyser ». C’est aussi le rôle du référent médical nommé au sein du service de néonatologie de prendre en compte l’évolution de la situation. D’autant que des réunions avec d’autres parents concernés sont également organisées, qui permettent de dédramatiser en partie la situation. Garder un contact avec ces familles permet aussi de s’entraider lors du retour à la maison qui n’est pas toujours simple et se traduit aussi par un bonheur que l’on peut qualifier de stressant pour les débuts. Certains ouvrages peuvent aussi être d’une grande aide pour les mamans. Dans tous les cas, il faut en parler et ne surtout pas s’isoler. n A.F. A LIRE « A l’écoute du bébé prématuré : une vie aux portes de la vie » de Catherine Druon, éditions Champs Flammarion. « Le grand livre du bébé prématuré » de Sylvie Louis, éditions Enfants Québec FÉMININPSYCHO 87 PHOTOS.COM



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