Féminin Psycho n°65 nov/déc 2011
Féminin Psycho n°65 nov/déc 2011
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°65 de nov/déc 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 220) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 62,8 Mo

  • Dans ce numéro : psychologie féminine, ce que nous avons en plus.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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ENTRETIEN PSY L’histoire de Jules A 9 ans et demi, Jules est atteint du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme bien particulière. Par chance, il est entouré d'une famille soudée et remplie d'amour : son beaupère Henri Leconte, ses demi-frère et sœur Ulysse, six ans, et Marylou, quatre ans et demi - nés de son union avec Henri -, et enfin sa maman Florentine (41 ans). Quittée par son mari et papa de Jules alors qu'elle était encore enceinte, après sept ans de relation, Florentine confie : "J'ai parfois pensé que ces angoisses pendant la vie intra-utérine de mon bébé avaient affecté son développement. Or, il paraît que cela n'a aucune relation de cause à effet." Après avoir vécu un véritable "parcours du combattant", allant "jusqu'à deux fois par semaine avec Jules" chez les psychologues, c'est finalement sa rencontre avec l'acteur Francis Perrin à Roland Garros qui aura changé le cours de la vie de Florentine, mais surtout de Jules. En effet, elle raconte : "Je lui ai parlé de mon fils, il a tout de suite reconnu un autisme Asperger (Louis, son fils, a le même syndrome). Jules avait six ans." Victime de crises dans la nuit, durant lesquelles il balançait sa tête d'avant en arrière, mais aussi envahi par des cauchemars, Jules débutera alors la méthode ABA une approche comportementale dont Florentine vante les mérites dans son ouvrage. En trois ans, Jules a fait des progrès extraordinaires et ses crises ont cessé. On apprend dans ce livre combien votre propre enfance a été douloureuse et difficile. Estce cette résilience face au passé qui vous a permis de mieux affronter le handicap de Jules ? Oui, c’est une évidence ! J’ai eu, c’est vrai, une enfance pesante, j’ai été confrontée petite à une violence 30 FÉMININPSYCHO étouffante… ça vous forge une carapace, ça vous crée des automatismes de défense, ça vous apprend la tolérance et ça vous permet d’endurer sûrement plus que les autres. J’ai été l’infirmière de mes parents à tous points de vue, donc ça m’a permis de développer un mental très fort, de ne jamais m’écrouler. C’était moi le soutien de famille de mes propres parents ! Donc oui, mon parcours personnel m’a stimulée. Sans compter que quand c’est votre propre enfant qui souffre, vous décuplez encore plus de puissance et de force pour l’aider. On ne peut pas rester impuissante face à la souffrance de son petit bout ! Vous reconnaissez que si vous avez pu sauver Jules, c’est grâce d’une part à vos relations et d’autre part à vos moyens financiers… Oui, mais alors, comment font les autres parents qui n’ont pas cette chance ? C’est là tout le problème et toute l’injustice du système contre lequel je me bats. Les autres parents confrontés au même problème ne peuvent pas donner la même chance à leur enfant. La plupart des couples explosent quand ils n’ont pas les moyens. Souvent, l’un des deux parents s'arrête de travailler pour s’occuper à 100% de son enfant Asperger. Certains parents arrivent à se former eux-mêmes à la méthode ABA, mais pour la plupart, la situation est dramatique avec des enfants autistes déscolarisés qui se retrouvent en hôpital de jour… traités chimiquement… comme des malades psychiatriques… Vous avez tenu à rendre un vibrant hommage à l’acteur et réalisateur Francis Perrin. Racontez-nous pourquoi… C’est clair que si Francis Perrin n’était pas le passionné de tennis qu’il est depuis toujours, si je n’avais pas eu la chance de le rencontrer avec son épouse grâce à Henri, mon fils Jules serait aujourd’hui en hôpital de jour ! C’est lui qui m’a expliqué son parcours du combattant vécu avec son fils, qui m’a fait découvrir la D.R.
méthode ABA et qui m’a permis de sauver Jules. Francis Perrin a fait de son combat pour la reconnaissance en France du syndrome Asperger et du traitement ABA, le combat d’une vie. Je suis très admirative et je ne le remercierai jamais assez de ce qu’il a fait pour Jules et notre famille ! Allez-vous donner des suites à cet ouvrage, par un combat associatif notamment ? Non, volontairement, je vais m’arrêter-là. Mais, je vais bien entendu continuer à répondre à toutes les familles qui m’écrivent pour me demander conseil. Je ne vais pas monter une association, parce que ma famille recomposée et mes deux autres enfants ont aussi besoin de moi. Ulysse et Marylou ont besoin que je m’occupe d’eux comme je m’occupe de Jules. Il est clair que D.R. Quid du syndrome d’Asperger Le syndrome d'Asperger est une forme d'autisme qui se situe dans la partie haute du continuum autistique. Les personnes « SA » ont de bonnes capacités verbales avec un vocabulaire riche et une façon un peu rigide de s'exprimer. Elles n'ont pas de déficit intellectuel (intelligence dans la moyenne et parfois même très au-dessus de la moyenne). Certains « SA » présentent des compétences exceptionnelles (mémoire importante, facilité en calcul, jouent facilement d'un instrument de musique) ou portent un intérêt démesuré à des sujets pointus sur lesquels ils peuvent avoir des connaissances de spécialiste. Ce sont des enfants ou des adultes plutôt solitaires. Ils ont du mal à avoir une vie sociale épanouie et sont très rigides dans leur vie quotidienne. La méthode ABA (Applied Behavior Analysis ou « analyse appliquée du comportement »), technique comportaliste venue des USA, peut les sauver de l'enfermement de l’autisme pour les mener vers une vie normale et autonome. Florentine, avec son mari, Henri Leconte. pendant ces années de combat pour Jules, ils ont souffert de cette mise à l’écart involontaire. Ils ont besoin de retrouver une vie équilibrée, normale, avec des parents mobilisés pour eux. En revanche, si mon livre peut servir, ne serait-ce qu’à une seule famille, à éviter l’hôpital de jour à leur enfant atteint du syndrome d’Asperger, alors je serais vraiment heureuse ! D’où tenez-vous cette énergie qui vous a permis de tout mener de front : votre travail de collaboratrice aux côtés de votre mari, le combat pour Jules, l’éducation de vos trois enfants et tout cela sans jamais vous effondrer ? Je dois être issue d’une tribu de guerrières ! (rires) En fait, je ne suis heureuse que dans l’action ! Je ne suis ni une contemplative, ni une casanière. En plus, se battre pour la survie et le bonheur de son enfant, ça galvanise. Et quand il n’y a plus de souffrance, comme aujourd’hui, c’est le vrai bonheur ! Comment voyez-vous l’avenir pour Jules ? Je ne cesserai jamais de m’inquiéter pour lui, bien entendu, ce qui est le propre de toutes les mamans. Sa différence fait qu’il est totalement dénué de vices et qu’il a tendance à tout croire et tout prendre au pied de la lettre. Il est pur et naïf comme tous les Asperger. Donc, il peut dans le futur être une victime toute trouvée pour des escrocs ou des manipulateurs. Mais je suis confiante en l’avenir, parce qu’il développe chaque jour un peu plus de grandes aptitudes pour l’art, le dessin, le graphisme, l’informatique. Je sais qu’il trouvera sa place et que sa voie dans ces métiers est toute tracée. En plus, il a du caractère et il sait ce qu’il veut ! Je suis très fière de lui. Vous savez, ce livre est aussi et surtout un hommage à mon courageux petit garçon ! n Propos recueillis par Valérie Loctin. Pour en savoir plus sur l’autisme et le syndrome Asperger : http://autisme.asperger.free.fr/agir.php A LIRE « Le sortir de son monde » « Nous ne pouvons plus garder Jules à l’école, vous devez le placer en hôpital de jour. Là seulement on pourra le calmer »... Et achever de le couper des autres et de la vie, à 7 ans ? Florentine refuse. Son fils a des crises de violence, rejette tout le monde, mais a un Q.I. de 120, une mémoire et une créativité phénoménales. En plus, les psys se contredisent. C’est de cette détresse de découvrir le syndrome de son enfant que Florentine, avec le soutien inconditionnel d’Henri Leconte, a voulu le sauver, envers et contre tout. Ce livre bouleversant raconte la lutte d’une mère face à une affection mal connue de bien des médecins, à l’inertie administrative et au refus d’accepter de rembourser certains soins qui reviendraient pourtant moins cher que l’hôpital public. « Le sortir de son monde : Le combat d'une mère pour son enfant autiste » de Florentine Leconte, Editions Michel Lafon, 272 pages, 17,95 €. FÉMININPSYCHO 31



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