Féminin Psycho n°64 sep/oct 2011
Féminin Psycho n°64 sep/oct 2011
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°64 de sep/oct 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 220) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 60,4 Mo

  • Dans ce numéro : changer pour avancer.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MES ENFANTS & MOI PHOTOS.COM Doit-on laisser ses enfants s’ennuyer ? Les enfants du XXI ème siècle ne savent plus s’amuser ! Enfin, c’est ce que disent les nostalgiques du siècle dernier. Il faut avouer que de nos jours, on assiste à un phénomène nouveau : les enfants ne doivent en aucun cas rester inactifs. Et certains vont même jusqu’à montrer du doigt certains jeunes qui tournent mal justement parce qu’ils sont laissés seuls et oisifs, livrés aux pires tentations. Et si au contraire, l’oisiveté n’était pas mère de tous les vices ? Il est vrai que par rapport aux enfances des adultes qui ont aujourd’hui une cinquantaine d’années, le monde a beaucoup changé. Un phénomène sociologique• Des loisirs nouveaux Les activités extra-scolaires se sont multipliées et surtout la possibilité d’accès aux familles pour inscrire les enfants s’est largement améliorée. Un point positif qui permet aux enfants quelle que soit leur origine sociale de suivre des cours de tennis, sport on ne peut plus snob et cher il y a quelques décennies, de savoir nager, ce qui était loin d’être le cas il y a moins d’un siècle. Sans oublier le judo, le football, le basket, l’athlé- 82 FÉMININPSYCHO tisme… et nous ne sommes ici que dans les activités sportives. Car les activités culturelles sont aussi là et bien là pour nos bambins : cours de musique à l’école pour éveiller leur sens et leur donner envie de se lancer dans le piano ou la guitare, cinémas à prix réduit pour les jeunes, clubs de théâtre… En bref, le monde d’aujourd’hui est très riche pour nos enfants, sans oublier l’incroyable outil que représente Internet, grâce auquel ils communiquent sans cesse, parfois on ne sait avec qui. Si Internet est en panne, il y a toujours la possibilité d’avoir recours aux jeux disponibles sur les smartphones, DS, Playstation et autres Wii. Sans oublier la télévision et la radio, quasiment des ancêtres ! En dehors de cette multiplication et cette accessibilité aux diverses activités possibles, il existe un autre phénomène relativement récent : la culpabilité des parents.• Des loisirs obligatoires ? Les parents qui n’auraient pas prévu l’emploi du temps de leurs enfants heure par heure portent le poids de l’image qu’ils reflètent : parents négligents, qui ne veulent pas le mieux pour leur progéniture, car tout bébé est supposé être un futur petit génie, à partir du moment où on lui ouvre des perspectives pendant son jeune âge. Une façon de voir bien réductrice ! Peu importe, certains se sentent quasiment obligés de multiplier les activités dès que le bébé naît ou presque.
Baby gym, baby nageur, écoute de Mozart, et l’on continue par les cours d’anglais pour les tout-petits, la danse classique et j’en passe. Hors de question de passer à côté d’un talent inconnu qui ne demanderait qu’à se révéler ! Cette caricature existe bel et bien même si elle ne concerne pas tous les parents. Il n’empêche qu’aujourd’hui, les adultes se sentent quasiment dans l’obligation de ne pas laisser leurs enfants inactifs, y compris chez la nounou. L’enfant et l’ennui Les enfants d’aujourd’hui n’ont donc pas le temps de s’ennuyer entre l’école et les multiples activités qui leur sont accessibles. Les parents culpabilisent lorsqu’en matière de punition, ils sont privés de télé, d’ordinateur, ou de téléphone. Le vieux dicton selon lequel l’ennui, ou l’oisiveté pour utiliser le bon terme, serait la mère de tous les vices est toujours d’actualité ! Or, voici que les psychologues et pédopsychiatres viennent s’inscrire en faux contre cette croyance. Selon eux, le fait de ne pas avoir sans cesse une activité permet de stimuler l’imagination, à condition de laisser passer un laps de temps pendant lequel effectivement l’enfant se plaint de ne pas savoir quoi faire. Car élever un enfant, c’est aussi stimuler sa créativité. Pour cela, il n’est pas forcément nécessaire qu’il suive des cours de peinture ou de serbo-croate. La créativité a besoin de temps, et lorsque le cerveau n’a pas de tâche précise à faire, il prend alors le temps de réfléchir, des questions viennent à la surface, car l’enfant aime aussi à se raconter des histoires. Les parent se posent souvent la question de l’enfant unique, qui seul, risque forcément de s’ennuyer. Or, chez les enfants uniques comme dans les familles nombreuses, certains disent avoir vécu une enfance merveilleuse et sans manque, alors que d’autres disent en avoir souffert. Ne pas oublier le monde intérieur Car la solitude permet aussi de développer son monde intérieur. Il suffit de deux ou trois figurines pour que tout change et que l’histoire de dinosaures que crée votre bambin vaille tous les « Jurassic Park » du cinéma. Idem pour la lecture, considérée comme un pensum par bien des jeunes. Pourtant, nombreux sont ceux qui disent avoir ressenti plus de plaisir à lire les pavés de Harry Potter par exemple que lors de la vision des films. Tout simplement, parce que la littérature laisse une place à l’imagination. En s’ennuyant, l’enfant peut remarquer certains détails qu’il n’aurait pas remarqués en étant occupé, il devient intéressé par d’autres conversations, car il aura pour but de se trouver une occupation pour combler le vide. S’il est avec sa grand-mère, il écoutera ce qu’elle raconte à la voisine ou cherchera à participer à ce qu’elle fait, qu’il s’agisse de cuisine ou pourquoi pas de couture ? En termes psychologique, la sensation du vide est lié à la mort, or lorsque l’on ne s’est jamais laissé aller à être dans cette situation, la crainte reste forte de se retrouver inactif, voire une véritable angoisse se fait jour. Une angoisse qui continue à être présente jusque dans la vie future d’adulte. Ces adultes auront tendance naturellement à se réfugier dans une sorte d’hyperactivité, en enchaînant les activités les unes après les autres. De l’inactivité à la création Bien entendu, il est hors de question de laisser les enfants livrés à euxmêmes sous prétexte que cela est bon pour leur créativité, il s’agit plutôt de prévoir des moments consacrés justement à cette inactivité. Les enfants ne restent jamais bien longtemps à ne rien faire si on ne vient pas systématiquement à leur secours. S’ils ont la possibilité de bénéficier d’un environnement type jardin ou nature, ils auront tendance à aller dehors. Sinon, ils se mettent parfois à explorer leur chambre et retrouvent des choses qu’ils avaient oubliées, qu’il s’agisse de photos, de crayons de couleur ou de bandes dessinées. « L'oisiveté est le commencement de tous les vices, le couronnement de toutes les vertus. » (Franz Kafka) L’ennui aide aussi à la création de la personnalité. Ces moments contribuent à la prise d’autonomie ainsi qu’à un détachement progressif visà-vis des parents. Il faut donc être attentif lorsque l’enfant annonce son ennui en boucle : s’agit-il d’une demande d’attention, de sa façon de dire « occupe-toi de moi », d’exprimer sa fatigue ou tout simplement de la paresse ? Mais le fait est que les enfants actuels éprouvent des difficultés à trouver des activités, étant donné que l’on ne cesse de les occuper sans qu’ils n’aient à faire preuve d’aucune initiative. Et nous, les parents, leur donnons également l’exemple d’individus qui ne peuvent rester un instant tranquilles sans rien faire. Et si nous leur montrions qu’il y a du positif à prendre un peu de temps sans se précipiter dans une nouvelle tâche ? Et pourquoi ne pas lâcher notre smartphone pour simplement discuter de tout et de rien avec eux ? Tant pis si la lessive et le repassage prennent un peu de retard… n A.F. FÉMININPSYCHO 83



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