Féminin Psycho n°64 sep/oct 2011
Féminin Psycho n°64 sep/oct 2011
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°64 de sep/oct 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 220) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 60,4 Mo

  • Dans ce numéro : changer pour avancer.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI & MOI Les différents degrés de l’hypocondrie 1. La forme névrotique C’est la forme la plus courante et la plus légère. La personne est consciente de ressentir des peurs qui ne sont pas objectivement justifiées, mais ne peut totalement se maîtriser. Elle a donc des crises d’angoisse, très souvent sur la présence d’une tumeur ; le cancer étant une maladie qui progresse secrètement et se prête donc à l’imaginaire de l’hypocondriaque. Mais il peut aussi s’agir de la peur de la crise cardiaque, alors qu’en fait on ressent juste un malaise vagal. La crise d’angoisse provoque le besoin de consulter un médecin, souvent de se faire prescrire un examen médical. En fonction des individus, les crises peuvent être plus ou moins fréquentes. Il arrive même que l’hypocondrie soit passagère suite à un deuil, elle est également fréquente et compréhensible chez les anciens malades qui craignent une récidive. Des conséquences diverses La profondeur du mal varie énormément. Cela peut aller de l’hypocondrie légère dont le sujet rit de lui-même sans pour autant maîtriser totalement son comportement à l’individu qui adopte un comportement pathologique : l’exemple le plus fréquent est celui qui évite de sortir de chez lui par exemple afin de ne pas attraper de maladie. 2. Les formes démentielles et psychotiques Il s’agit ici des formes les plus sévères qui provoquent un comportement anormal, avec une détérioration sévère de la personnalité et des obsessions qui deviennent insurmontables. Cela peut en effet aller jusqu’à la psychose, les hallucinations, le délire. Heureusement, il s’agit des cas les plus rares, qui se forment souvent en association avec d’autres maux. Les origines de l’hypocondrie Elles sont encore aujourd’hui assez 66 FÉMININPSYCHO peu claires. Les sujets sensibles à l’hypocondrie sont rarement des personnes ayant subi un traumatisme ayant trait à l’aspect médical, ou même à la maladie, y compris dans leur enfance. Certains médecins évoquent un déménagement, une perte d’emploi, un deuil ayant engendré un trauma. C’est une insécurité qui est mise en avant, même si chaque individu réagit différemment, ce qui rend difficile la prévention. La personne s’inquiète à propos des antécédents familiaux en termes de maladies et de décès, ou suite à des émissions et commentaires faits dans les médias. De nombreux hypocondriaques ont eu un rapport précoce avec le milieu médical et ont développé une véritable ambivalence par rapport aux médecins : ils ne peuvent s’en passer et en même temps cherchent à prendre en défaut ces spécialistes qu’ils mettent en doute. A vrai dire, les thérapeutes ne sont pas en accord sur les différentes origines psychologiques. Certains mettent en avant des carences affectives, une séparation pendant l’enfance, des parents hyper protecteurs, ou au contraire une famille qui reporte son stress sur l’un des membres, une personnalité narcissique, ou tout simplement le stress au travail. Autant de causes possibles et qui diffèrent en fonction des individus. Les manifestations « L’hypocondrie est la seule maladie que les hypocondriaques croient qu’ils n’ont pas. » (Fred Metcalf) L’hypocondriaque ressent des douleurs, parfois réelles, parfois imaginaires, qui le persuadent d’être atteint d’une maladie. Les pandémies sont un terrain fertile pour ces sujets. Il suffit parfois d’assister à une conférence sur le sida pour penser qu’il en a tous les symptômes. Sans parler des problèmes de grippe à virus spécifique. Le malade imaginaire ne peut ainsi consulter le Larousse médical ou Internet, sans se dire qu’il a lui aussi ressenti des douleurs identiques à telle ou telle maladie. Il faut dire qu’en vieillissant, les douleurs se multiplient et les raisons de s’inquiéter également ! Pas de simulation… Dans tous les cas, il faut dire que l’hypocondriaque n’est pas un simulateur. Il ne fait en aucun cas semblant, mais est bel et bien convaincu de ce dont il se plaint. Mais il est quasiment impossible d’arriver à le convaincre de façon totalement objective. Seuls les examens ou les médecins en qui il a confiance peuvent l’aider. Parfois, il peut arriver que le comportement du sujet finisse par dévier : il peut ainsi devenir agressif vis-à-vis de son entourage qui ne le croit pas, ou du corps médical qu’il estime incompétent. D’autres peuvent finir par devenir dépressifs. L’inquiétude que ressent l’hypocondriaque peut finir par provoquer des effets tels que transpiration abondante, tachycardie, douleurs dans la poitrine. Cela peut même aller jusqu’à la panique, en particulier la nuit. L’hypocondriaque fait preuve PHOTOS.COM
PHOTOS.COM d’une hyper vigilance qui amplifie tous les phénomènes, y compris normaux. De plus, il est souvent surinformé en termes de symptômes des maladies les plus diverses et la peur de la mort est omniprésente. Evidemment, cet excès d’attention provoque une mauvaise interprétation des différents signes et empêche de mener à bien les tentatives de contrôle, si ce n’est de façon temporaire. Le souci est que cette inquiétude permanente devient un problème pour tout l’entourage, et surtout la famille, lorsque le problème a tendance à devenir obsessionnel. A surveiller ! La prise de médicaments qui tend à devenir régulière chez certains sujets, ou le recours à des médecines alternatives, ou à d'autres pratiques plus douteuses ; le besoin de se rassurer étant toujours le plus fort ! Quel traitement ? Mis à part dans les formes sévères, l’hypocondriaque n’est pas à proprement parler un malade. Ni physiquement, ni du point de vue psychiatrique. Il est donc difficile de le soigner ! S’il est sujet à une crise d’angoisse ou d’anxiété, avec transpiration, palpitations cardiaques, il est possible d’agir via la prise d’anxiolytiques plus ou moins puissants. Ensuite, c’est une thérapie comportementale qui est mise en place afin de lutter contre la résurgence de tels phénomènes. Le sujet est mis face à ses peurs, on lui demande de les exprimer, de savoir les affronter, de se familiariser avec elles afin de les apprivoiser. En s’habituant à en parler, elles finissent par s’atténuer peu à peu. L’objectif est bien entendu de les maîtriser et de parvenir à les contrôler lorsque cela devient nécessaire. Pour sortir de l’hypocondrie ou la maîtriser, il convient de se faire aider : • Procéder à une remise en cause des croyances que l’on s’est construite au fil des années. Cela peut se faire par des consultations auprès de scientifiques reconnus. Il est aussi possible de faire des tests : par exemple « Qu’en est-il si je ne prends plus cette tisane miracle, ou si je ne fais qu’une radio annuelle au lieu de trois ou quatre ? » • Cesser de passer des examens à toutva en respectant les cadences préconisées, ou dans un premier temps diminuer de moitié par exemple.• Savoir occuper son esprit lorsque l’on se sent mal : pratiquer la relaxation, les techniques de respiration ou s’immerger dans des activités que l’on apprécie : sportives ou culturelles. Une vie perturbée L’hypocondriaque peut continuer à mener une vie normale dans la plupart des cas, que ce soit dans le domaine professionnel ou personnel. Il a cependant des obsessions bien particulières qu’il tente de maîtriser ou d’oublier dans son quotidien. Certaines célébrités sont des hypocondriaques bien connus. Arthur, Michel Blanc ou Michel Leeb avouent être des accros des examens médicaux et ne jamais se déplacer sans une trousse à pharmacie conséquente. Woody Allen a su mettre en scène dans ses films ses peurs irraisonnées de la maladie. Quant à Michel Drucker il est sans doute le plus célèbre. Un père et un frère dans le milieu médical expliquent sans doute en partie cette hypocondrie galopante qui en fait un forcené des analyses. Comme de nombreux individus touchés par ce problème, il procède à des examens médicaux réguliers, validés par différents médecins ou laboratoires. Rien d’étonnant, car si nous sommes tous et toutes susceptibles d’être touchés par des épisodes d’hypocondrie, ce sont les hommes qui sont les principales victimes du phénomène et ce, dès leur plus jeune âge ! n A.F. A LIRE « Hypocondriaques, je vous ai compris : Manuel à l'usage de ceux qui se croient foutus » de Michel Cymes, Editions Jacob-Duvernet, 190 pages. FÉMININPSYCHO 67 PHOTOS.COM



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