Féminin Psycho n°61 mar/avr 2011
Féminin Psycho n°61 mar/avr 2011
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°61 de mar/avr 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 224) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 26,2 Mo

  • Dans ce numéro : croire en soi, ça change tout.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI & LES AUTRES l’Atelier) la « tempête » que la mort de Pierre, son mari, a représentée pour elle et pour ses proches. Chemin douloureux, fait d'errance et d'accablement, de réorganisations de toutes sortes, de questions qui n'en finissent pas de surgir. Comment réapprendre à vivre après la mort de l'être aimé ? Au cœur de son désarroi le plus fort, elle découvre peu à peu une autre vie qu'elle accueille comme un bienfait : « Alors qu'une voie semble se fermer, d'autres s'ouvrent. Tout cela façonne une nouvelle personne, une nouvelle façon de concevoir la vie mais aussi la mort, de percevoir comment continuer. Ce qui est certain, c'est que la vie ne peut continuer sans l'autre, sans les autres, sans aussi, de façon très personnelle parfois, le Tout- Autre : Dieu. » Une séparation inachevée Dans une enquête très intéressante sur le veuvage, Vincent Caradec dans un premier temps, décrit comment ces veufs et ces veuves font face à cette disparition : en s’efforçant de trouver un sens à leur situation de survivant ; en cherchant de nouvelles occupations et de nouveaux investissements ; grâce au soutien des proches. Dans un second temps, il se penche sur les mécanismes qui conduisent au repli sur soi, mais aussi sur les nouvelles relations privilégiées qui se développent parfois : plutôt avec une amie pour les veuves, avec une nouvelle conjointe pour les veufs. Enfin, il s’attache à montrer que, contrairement à l’évidence, le décès du conjoint ne marque pas la fin du lien conjugal : le travail de la mémoire amène à trouver une « bonne distance » avec le défunt qui, dans la plupart des cas, reste très présent dans la vie du survivant. Ecoutons-le d’abord sur la recherche de sens : « Face à la mort, les hommes n’ont d’autre choix que de tenter de lui donner un sens. Aussi les survivants s’efforcent-ils de trouver une explication à la mort de l’être proche. De même, il apparaît dans certains entretiens que 98 FÉMININPSYCHO Sortir du deuil Quelques conseils : • Pleurez si vous en éprouvez le besoin. Ne bloquez pas vos émotions,• Accordez-vous le temps d’avoir du chagrin,• Souvenez-vous que le chagrin doit suivre son cours normal : on ne peut le bousculer ou en faire l’économie,• Acceptez l’aide des autres, mais ne les laissez pas vous persuader que vous devez faire des choses avant que vous ne vous sentiez prêt à les faire,• Prenez soin de vous. Mangez convenablement et consultez le docteur au moindre souci de santé,• Autant que possible, maintenez une "routine" de vie normale et évitez des changements majeurs au cours de la première année,• Vivez au jour le jour quand vous vous sentez déprimé,• Avec le temps qui passe, soyez disponible pour entamer de nouvelles activités et faire de nouvelles connaissances. les veuves et veufs cherchent à donner un sens à leur situation de survivant, ce qui est un moyen de circonscrire leur souffrance. Certains tentent, tout d’abord, de relativiser leur propre malheur. De même, il est des veufs qui pensent que cela doit être plus dur pour une femme et, plus souvent, des veuves qui estiment que leur situation n’est pas aussi désespérée que celle des veufs. Un autre mécanisme de consolation revient à considérer que le décès du conjoint était, en fin de compte, préférable à sa survie. Il est possible aussi de se retourner sur son existence et de manifester un certain contentement, de considérer que, tout compte fait, on a plutôt réussi sa vie conjugale. D’autres, enfin, vivent leur veuvage comme une épreuve à surmonter, une situation nouvelle qu’il leur faut accepter, par rapport à laquelle ils affirment leur volonté de « reprendre le dessus ». Comme Lucie qui affirme : « J’ai su rebondir dans ma tête. En me disant que j’ai perdu un être cher, mais maintenant je dois continuer à vivre et faire par la même occasion des choses que je n’ai pas pu faire pendant mes quarante années de mariage ». Le veuvage « libération » Toujours selon Vincent Caradec, « Dans les représentations du veuvage, l’image du veuvage-affliction se trouve concurrencée par celle du veuvage-libération : à la douleur des veuves éplorées répond le plaisir de la vie des veuves « joyeuses ». Il y aurait ainsi une manière « positive » de vivre la disparition du conjoint dont attestent divers travaux de recherche : C. Lalive d’Epinay observe que « le veuvage-libération est particulièrement typique parmi les petites classes moyennes » du fait du « repli » que l’homme, plus casanier, impose à son PHOTOS.COM
épouse au moment de la retraite ; 54% des veuves de plus de 50 ans interrogées par H. Lopata ont le sentiment d’avoir changé depuis leur veuvage et la majorité d’entre elles pensent être devenues plus indépendantes et compétentes ; dans une autre enquête, plus du tiers des veuves âgées ressentent une plus grande indépendance ou un soulagement. Il convient alors de distinguer deux formes de ce « veuvage libération ». On peut, tout d’abord, entendre par « libération » la fin d’un joug conjugal mal supporté. Parallèlement, sans que le sentiment de libération soit si nettement affirmé, il arrive que le survivant reconnaisse qu’il a acquis une plus grande indépendance. Ce sentiment peut advenir, en particulier, lorsque le survivant a dû s’occuper de son conjoint malade et que, une fois achevé ce travail de soin astreignant, il parvient à trouver de nouveaux investissements et à redonner un sens à son existence. Ce sentiment peut aussi émerger quand le survivant se lance dans des activités qu’il n’aurait pas réalisées avec son conjoint et qui l’amènent à découvrir un pan de sa personnalité laissé dans l’ombre par la vie conjugale. EXPERT FRANÇOISE SAND, psychothérapeute de couple Refaire sa vie Quand le travail de deuil est fait, la question est de savoir comment arriver à refaire sa vie, comment arriver à aimer de nouveau ? Françoise Sand, psychothérapeute de couple, conseille dans tous les cas de vivre la phase de deuil avant d'envisager de refaire sa vie : « Celui ou celle qui subit une rupture connaît une perte d'estime de soi, un doute, une colère. L'accueil d'une nouvelle relation sera plus difficile, mais le temps fait son œuvre de cicatrisation. Là encore, un travail de deuil et de compréhension est nécessaire pour repartir sur de bonnes bases. Certaines personnes ressortent même plus fortes après un échec. De leur souffrance, elles parviennent à tirer, après un travail de compréhension, une plus grande maturité ainsi qu'une plus grande humanité. Elles auront un désir de dépasser leur échec et s'engageront dans un nouveau projet avec plus de chances de réussite. » Oui, mais comment faire pour se lancer dans une nouvelle aventure amoureuse sans avoir peur du lendemain ? La psychologue répond clairement : « Pour commencer, il faut éviter de se réfugier dans la solitude en s'enfermant par exemple dans le travail et l'éducation Les femmes & l’après veuvage « Si l'on attend tout de l'autre et que l'on ne peut pas assumer sa solitude, on saisit la moindre occasion de se "recaser", et ce n'est généralement pas concluant. Refaire sa vie suppose d'avoir fait son deuil, que ce soit un veuvage ou un divorce. Dans le premier cas, l'image personnelle n'est pas trop atteinte, mais un sentiment de fidélité par delà la mort peut empêcher de se rendre disponible à un autre amour. Ces cas sont néanmoins plus rares aujourd'hui, et la pression sociale à porter le deuil a disparu. Ce qui pose généralement problème, ce sont les enfants encore jeunes. Beaucoup de femmes ne se permettent pas de saisir des occasions amoureuses, car elles redoutent d'imposer une épreuve supplémentaire à leurs enfants. D'après les statistiques, les femmes se remarient au bout de 7 à 8 ans. D'autres reforment un nouveau couple, mais sans cohabitation régulière, ne souhaitant pas faire domicile commun, pour des raisons professionnelles ou pour les enfants. » des enfants, et en coupant toute relation sociale. Mais lorsque la vie conjugale a été très longue, certaines femmes n'ont pas envie de repartir dans un autre projet. D'autres s'infligent une fidélité posthume, mais ces cas sont rares. Il y en avait beaucoup plus par le passé. D'ailleurs aujourd'hui, on évoque des relations amoureuses dans les maisons de retraite. Le besoin d'aimer et d'être aimé est inextinguible, quel que soit l'âge ! » Laissons la conclusion à Monique, 55 ans, veuve depuis 15 ans : « Pendant 12 ans, j’ai pensé que c’était injuste, que j’aurais dû mourir dans cet accident de voiture avec lui. J’ai pleuré sur son sort, sur le mien, sur la vie en général. Plus rien ne m’intéressait. Pendant toute cette période, je n’ai fait que « survivre ». Je mangeais sans faim et je n’avais plus aucune activité sociale. Et puis, il y a trois ans, j’ai vu en bas de chez moi, un homme seul qui pleurait assis sur un banc. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis approchée de lui pour l’aider. Il m’a expliqué qu’il venait de perdre, lui aussi, sa femme dans un accident de voiture. Nous avons parlé, beaucoup parlé et nous nous sommes donnés rendez-vous le lendemain pour reparler encore. Les semaines ont passé à se voir pour échanger et puis, un jour, au bout d’un an, nous nous sommes regardés différemment et nous avons compris que la vie ne serait plus jamais la même depuis notre rencontre ! Depuis, nous vivons ensemble et c’est ensemble que nous avons repris goût à la vie… » n A.M. A LIRE « Le travail de deuil » de Martine Lussier, Presses Universitaires de France, 254 pages. FÉMININPSYCHO 99



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