Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°56 de mai/jun 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

  • Dans ce numéro : rencontrer quelqu'un ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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ENQUÊTE « Le passé, c’est ce qui n’existe plus. Vivre dans le passé, ce n’est pas vivre : c’est être mort ou c’est vouloir peut-être mourir... » (Roch Carrier) En cas de jalousie notamment concernant un ou des ex, maris et femmes vivent alors dans la hantise d’être trompés et s’accusent mutuellement de trop s’intéresser à la personne en question. Les jaloux imaginent que leur rival est plus viril qu’eux, les 82 FÉMININPSYCHO « Jalouse du passé de l’autre » Apprendre à s’aimer au présent Les crises de jalousie éclatent entre les amants infidèles, mais aussi entre les conjoints d’un couple légitime, elles ne sont pas toujours déclenchées par une infidélité réelle, un simple soupçon suffit, y compris concernant un ou une ex. Si elles se répètent souvent dans un même couple, cela signifie le plus souvent que la relation conjugale est œdipienne et que chacun des conjoints fonctionne psychiquement dans un registre œdipien. Pour s’en sortir, il faut connaître et appliquer les règles d’un couple qui dure et apprendre à s’aimer au présent, à l’instant présent ! 11r 1'44 - 11110111144 jalouses que leur rivale a l’avantage de la jeunesse. En tant que sujet désirant et aimant, le jaloux exige d’être désiré et aimé, parce que c’est son droit. Il ne se rend pas compte qu’en retour, il ne reconnaît pas le même droit à l’autre et se conduit avec lui comme un enfant tyrannique. Une relation tyrannique En se comportant ainsi, le jaloux incite son conjoint à le tromper, le passage à l’acte est alors une affirmation de soi du conjoint infidèle qui cherche à se faire reconnaître comme sujet désirant et aimant par celui ou celle qu’il séduit et surtout par celui ou celle qu’il trompe. Les crises de jalousie sont à l’origine de la plupart des scènes de ménage avec cris, pleurs et échange de PHOTOS.COM coups, pour faire mal, mais pas pour tuer. Les relations amoureuses triangulaires et les scènes de jalousie appartiennent au répertoire du théâtre de boulevard, les réconciliations sur l’oreiller en sont le dénouement habituel. Chacun joue son personnage de jaloux ou d’infidèle repenti sans trop de conviction, avec le secret espoir d’être trompé ou détrompé par les protestations de bonne foi ou de mauvaise foi de l’autre, le résultat final étant le plus souvent, la réactivation du désir érotique de l’un et de l’autre. Dans ces relations amoureuses œdipiennes, la jalousie est bien le piment de l’amour. Dans certains cas d’infidélité conjugale, l’adultère de l’un ne rend pas l’autre jaloux mais accentue son inhibition sexuelle et à tendance à le déprimer.
Dans ces cas, mari et femme sont restés fixés en position d’enfant et considèrent l’autre comme un père ou une mère. Les couples œdipiens qui durent deviennent parfois des ménages à trois. Maris et femmes passent alors leur temps à se faire souffrir, ils ne parviennent pas à être heureux ensemble ni à se séparer. Comprendre les transferts pulsionnels Avant d’aller plus loin, et pour y voir clair, il semble nécessaire de préciser les termes de tous ces transports pulsionnels. Selon Saverio Tomasella, psychanalyste, chaque terme est capital pour comprendre le mécanisme de la jalousie et des transports pulsionnels.• La haine est exterminatrice Elle est fondée sur un déni de l’autre et de sa subjectivité. La haine dessèche l’être qu’elle veut détruire « comme un sirocco torride », affirme Ortega y Gasset. Elle « sécrète un suc virulent et corrosif ». Elle maintient à une distance radicale et « ouvre un abîme ». La haine est destructrice et meurtrière. « Haïr quelqu’un, c’est ressentir de l’irritation du seul fait de sa simple existence », c’est exiger sa disparition. « Haïr, c’est assassiner sans relâche ». Au contraire, note avec justesse Lucien Mélèse, détester vient de « testis », le témoin, de ce qu’un témoignage est nécessaire pour dénoncer « ce qui va de soi ». La détestation produit la colère motivée. Elle effectue « une réévaluation qui rétablit une différenciation, une nonéquivalence ». Détester permet de séparer, de disjoindre, de distancier. De prendre du champ.• L’envie est destructrice Mélanie Klein le précise : l’envie concerne la possession d’objets ou d’attributs, convoités avec hargne. Elle correspond à une configuration binaire. Harold Searles confirme cette affirmation, il constate en outre que « le patient en proie à l’envie est moins avancé dans sa différenciation que le patient jaloux ».• Et la jalousie ? Enfin, la jalousie caractérise les affects d’une personne face à une relation entre deux (ou plusieurs) autres personnes. Elle désigne une configuration ternaire, au moins. Elle manifeste le souhait, le vœu d’être inclus au sein de la relation convoîtée, d’en bénéficier, parfois d’en avoir l’exclusive, quitte à prendre la place d’un protagoniste, même en l’excluant, en le mettant hors jeu. Si l’on confond très souvent envie et jalousie, la complexité des prises de conscience est accrue par les masques que peut porter la haine pour se camoufler, grâce à l’ambivalence des sentiments et au « renversement en son contraire », l’un des quatre « destins » de la pulsion (Freud, 1915). La violence et l’agressivité sont surtout l’expression de la révolte, de la colère, de la rage, etc. La haine, elle, se pare fréquemment de froideur, d’insensibilité, de politesse, de bonnes manières, voire d’enjouement, de bonne humeur (de façade) et de joliesse. Un poison pour le lien conjugal Selon Colette Braelm, conseiller conjugal, ce sentiment agit sur le lien conjugal comme un poison. La relation, tout en n’étant pas rompue, devient source de souffrance. En effet, elle est encore ressentie par l’un et par l’autre comme vitale, indispensable, mais le conjoint, si précieux, devient le support de pensées obsédantes incontrôlables. La jalousie fait partie intégrante de la psychologie humaine. Le petit enfant éprouve ce sentiment très tôt. La naissance du petit frère ou de la petite sœur PHOTOS.COM aiguise le désir d’avoir ses parents tout à lui. A l’école, les relations de camaraderie fluctuent au gré de ce besoin d’amour exclusif. Bien entendu, certains sont plus sensibles que d’autres à la crainte de perdre ce rang de premier(e) dans le cœur de l’autre. Lorsque l’enfant est rassuré très tôt sur cette incontournable nécessité d’avoir été aimé de façon exclusive, il aura engrangé pour sa vie sentimentale future les provisions vitales qui le garantiront, adulte, du besoin irrépressible de l’exigence de preuves. Lors de cette période inaugurale, certain(e)s auront à subir au contraire des manques profonds. Plus tard, dans leur vie de couple, ils deviendront des hommes et des femmes extrêmement susceptibles à la tromperie, réelle ou imaginaire. Ce seront alors des situations de jalousie morbide, maladive. Jalousie & relations dans le couple o• Les relations de dépendance réciproque Dans certains couples, les deux conjoints sont en conflit permanent et se rendent la vie insupportable, pourtant, ils ne peuvent pas se passer l’un de l’autre. S’ils se séparent momentanément, ils se réconcilient rapidement, jusqu’à la prochaine crise. La jalousie de l’épouse est le plus souvent à l’origine des disputes, elle s’oppose à la revendication de liberté de l’époux. La possessivité de l’épouse fait fuir l’époux qui est aussitôt suspecté d’infidélité, une course poursuite s’engage alors entre eux. Si celui qui fuit se réfugie dans les bras d’une autre, cela ne dure pas, car les deux conjoints ne peuvent vraiment pas vivre l’un sans l’autre. Chacun est persuadé d’avoir raison, parce qu’incapable de se mettre à la place de l’autre. Quand l’un se sent bien, l’autre se sent mal, ils sont toujours en décalage l’un par rapport à l’autre, mais ce n’est pas toujours le même qui souffre, il y a bascule d’une crise à l’autre. Dans ces couples, il y a beaucoup de disputes, mais peu d’échange de coups, FÉMININPSYCHO 83



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