Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°56 de mai/jun 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

  • Dans ce numéro : rencontrer quelqu'un ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI ET MON COUPLE Michel LACROIX derrière ses mots d’amour ? « Mon p’tit cœur, mon p’tit chat, mon trésor, mon p’tit rat, ma p’tite fouine… », chante Bénabar. Et c’est vrai que lorsqu’on est amoureux, les petits noms fleurissent. Souvent secrets, ils ne ressortent que dans l’intimité du couple. Mais que signifient-ils vraiment ? est agrégé de philosophie et maître de conférences à l’université d’Evry. Auteur de Le Culte de l’émotion et de Le Courage réinventé. 66 FÉMININPSYCHO « Mon amour, peux-tu me passer une serviette ? Quand Richard m’a appelé ainsi pour la première fois, raconte Jeanne, 41 ans, cela m’a fait un coup au cœur. Je me suis sentie vraiment aimée. » Les surnoms que se donnent les amants ne sont pas quelconques. Ils sont une marque significative de leur relation. Ils ne s’installent pas de suite entre eux. Les deux personnes doivent d’abord apprendre à se connaître, à s’apprécier, à se cerner. Ne vous inquiétez donc pas si votre amoureux met du temps à vous trouver un petit nom ! Ces mots qui peuvent paraître anodins sont en fait révélateurs de l’intimité qui se crée au sein du couple. Ils restent dans la sphère de l’intime et ne se crient pas sur tous les toits. Parfois, il arrive qu’ils nous échappent. Une situation qui met bien mal à l’aise celui qui a gaffé. Avant d’adresser ces petits mots, l’amoureux a besoin de s’assurer qu’ils ne seront pas mal interprétés ou qu’ils ne blesseront pas l’autre. Ce qui arrive parfois chez ceux qui sont trop pressés et qui EXPERT MICHEL LACROIX « Ils préservent l’enchantement du couple » Quelle est la fonction des surnoms d’amour ? C’est une marque d’affection et même parfois un retour tendre vers l’enfance. Quand on qualifie l’autre de « Doudou » ou de « Nounours », on le compare presque à une peluche. On retrouve, comme le disait Baudelaire « le vert paradis des amours enfantines ». Les petits noms ont souvent un côté ludique, amusant. C’est une bonne chose car dans la vie adulte, on a tendance à se prendre trop au sérieux. On oublie son moi enfant alors qu’il faut préserver la dimension ludique, le jeu. Accorder une place au jeu, c’est un gage de l’équilibre et du bonheur. Le sobriquet rend plus légère l’existence, c’est un clin d’œil. Et quand les couples ne se donnent pas de nom ? C’est une forme de distance, il n’y a pas la dimension du partage. C’est plus un mélange de froideur et de retenue. L’affectif, la spontanéité des premiers mois sont refoulés. La relation est un peu pétrifiée. En séances de psychothérapie, les couples doivent se demander comment ils s’appellent entre eux, comment ils se regardent. C’est là que commence le travail de réparation du couple. Les surnoms sont-ils indispensables ? En fait, ils préservent l’enchantement du couple, mais ils ne doivent pas devenir machinaux et se banaliser. Il faut les faire vivre, leur donner de la fraîcheur en étant sur le mode du jeu. C’est bien d’en changer parfois cela montre qu’il y a de la vie dans le couple.
MOI ET MON COUPLE se montrent maladroits. « Je sortais avec Pierre depuis un mois et tout se passait plutôt bien, confie Élizabeth, 37 ans. Jusqu’au jour où je me lève et qu’il me retient dans le lit tout en me disant : « Reste encore un peu avec moi, ma grosse ». Je me suis sentie tellement mal à l’aise que je me suis rhabillée aussitôt et que je l’ai quitté pour ne plus le revoir ! » Comme un coup de baguette magique Un surnom d’amour naît de la complicité entre deux êtres. En donnant un nom, on crée un lien entre l’autre et soi. On est le seul à l’appeler comme ça. Au fil des rendez-vous, les individus deviennent plus intimes. Petit à petit, chacun dans le couple découvre les points forts, les failles, les secrets et les coups de cœur de l’autre. De nombreux petits noms se construisent sous la forme : « Mon +… » Il y a ainsi « Mon amour », « Mon cœur » … Le « mon » indique une forme de possession. Cela signifie de manière plus explicite : « C’est toi que j’ai choisi, tu es celle ou celui qui me convient. » Ils désignent aussi l’importance que l’on accorde à une personne. Michel Cazenave dans le Petit dictionnaire de L’amour fou s’interroge ainsi : « Quand un homme appelle sa femme « mon ange », se rend-il compte au juste de ce qu’il énonce de la sorte ? Mais peut-être en a-t-il l’intuition inconsciente, même s’il ne peut l’exprimer. » Pour l’homme, sa femme représente une sorte d’incarnation divine, elle est « divine » puisqu’il l’aime. Chaque couple se construit ses propres mots d’amour. Bien sûr, il existe des incontournables qui sont toujours utilisés comme « Chouchou », « Bébé », « Mon amour », « Chéri ». Mais, les amoureux se montrent plus inventifs et n’hésitent pas à créer des petits noms qui leur sont propres. Souvent ils peuvent se rapprocher de critères physiques ou de trait de caractères (voir encadré). Pour Michel Lacroix, philosophe, ils sont « une manière de désamorcer les petits défauts de l’autre ». « Le surnom a une fonction presque magique surtout quand il s’agit de « Ma princesse » ou de « Mon ange ». D’un petit coup de baguette, les choses se dédramatisent. » Avec un petit nom, on devient plus beau, plus parfait. Les personnes qui emploient des « Mon canard », « Mon nounours », « Mon doudou » cherchent quant à elles à entraîner l’être aimé dans la magie de leur enfance. L’autre accepte ainsi d’être sa peluche. La relation s’en retrouve embellie. C’est aussi une manière de dresser une frontière entre son couple et le reste du monde. Le surnom protège. S’approprier l’autre Donner un surnom, c’est aussi montrer aux autres que cette personne a une relation particulière avec nous. L’amoureux est le seul à employer ce mignon sobriquet. Il s’approprie l’autre en le nommant Ils nous parlent de leurs noms d’amour... LUDIVINE, Tout a commencé parce que Frédéric et moi mesurons environ 1,60 mètres. Du coup respectivement, nous nous appelons « petit ». Puis comme le genre des mots a son importance et que le caractère asexué du petit nom a tendance à tuer le couple, il y eut « petit homme » suivi bien sûr de « petite madame ». Enfin, à force d’écouter Gainsbourg et l’homme à tête de chou, ça s’est transformé en « petit chou ». VINCENT, Ma femme m’appelle « nounours » car il faut l’avouer, j’ai un Na ■• I à d’une façon très personnelle. Ce lien affectif prend un caractère exclusif. Ainsi certains n’hésitent pas à employer le petit nom qu’ils donnent à leur conjoint en public. Ils affichent leur relation amoureuse. Ces mots d’amour peuvent aussi être l’expression d’un rapport de force. Ils donnent au couple l’occasion de se tester, de s’affronter sur un terrain où domine la tendresse. Car, comme le soulignent les psychiatres Christophe André et François Lelord dans leur ouvrage L’estime de soi, « le couple n’est pas un lieu où l’amour règne sans partage, mais le théâtre de multiples rapports de force. Dans certains couples existe une forme de compétition implicite. » De plus, en surnommant sa douce moitié, chacun cherche surtout à verbaliser son amour. Ainsi quand l’autre est loin de soi, on peut toujours l’appeler de son petit nom. On marque l’affection qu’on lui porte et on le caresse du bout des lèvres et par la voix. Les mots pendant l’amour ? Se parler, s’appeler pendant l’amour peut être un moteur du désir. Mais comme l’explique Frédérique Gruyer, psychothérapeute et auteur de Bonheur I Na ■ie I peu de ventre, je suis très poilu et en plus je ronfle. Mais bon, comme je n’ai pas de complexe. Elle m’appelle assez souvent comme ça, même devant mes amis. Je trouve ça supermignon. sexuel, les hommes et les fem - mes ne sont pas égaux devant les mots à ce moment-là. Les hommes sont sensibles aux mots plutôt triviaux. Ainsi en donnant des noms crus à leur partenaire, ils peuvent bien faire la différence entre le corps de leur femme et celuiONe. I de leur mère. Les femmes, elles, préfèrent qu’on leur parle d’amour, leur plaisir en est stimulé. Pour vivre pleinement leur sexualité, elles doivent ressentir quelque chose pour leur partenaire. Messieurs, il vous faudra donc vous retenir si vous voulez plaire à Madame et lui donner du plaisir. Les « je t’aime », « tu es belle », « je suis bien avec toi » auront toujours plus de succès que les « salope » ! À LIRE GHISLAINE RICHERME Du bonheur sexuel Frédérique Gruyer Pocket, 208 p., 6,50 €. Le culte de l’émotion Michel Lacroix, Flammarion, 188 p., 15 €. Glossaire érotique de la langue française Louis de Landes, Paris 396 p., 22 €. FÉMININPSYCHO 67I PHOTOS : DR.



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