Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°56 de mai/jun 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

  • Dans ce numéro : rencontrer quelqu'un ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 58 - 59  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
58 59
DOSSIER =aire le c'10 de'opt mis me François LELORD est psychiatre et psychothérapeute. H est l'auteur de Le Voyage d'Hector ou la recherche du bonheur et d'un ouvrage nouvellement paru chez Odile Jacob, Hector et les secrets de l'Amour. 58 FÉMININPSYCHO L'optimisme s'apprend et utuismet Le bonheur, comme tout, se transmet et s'apprend. Encore faut-il de la patience, des efforts et une volonté qui ne recule pas devant les nombreuses et inévitables erreurs de parcours. Car c'est un long processus qui est au moins à la mesure de la longueur de notre vie, voire celle de nos enfants. Alors n'usons pas notre énergie à éviter ou à craindre le bonheur, quand toute notre énergie devrait être mise à le vivre. Mettons notre imagination à profit. « Imaginons un instant un pingouin qui voudrait vivre dans le désert du Sahara. Ce n'est pas un univers fait pour lui et il ne peut qu'y dépérir. C'est pourtant la voie absurde que choisissent trop souvent les humains », affirme le Dr Étienne Jalenques. Une voie faite de "lâcheté", à en croire Proust dans le Temps retrouvé : « Dix fois, il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. » C'est dire si pour retrouver le souvenir heureux de sa madeleine, Proust a mené une lutte opiniâtre avec la lâcheté. Réflexion faite, le drame est toujours plus facile à réaliser, le bonheur lui est plus subtil. Entre les deux, nous sommes plus volontiers tentés par la facilité et le laisser-aller : les sollicitations de la vie quotidienne, la résignation, le pessi- misme. Et cela tout en étant pleinement conscient que ce laisser-aller se retourne contre nous. Décidément, notre bonheur a bien besoin de nos efforts. La lumière est là, mais encore faut-il se donner la peine d'aller la quérir. Chaussons au moins les bonnes lunettes I Le monde est un écho : si vous criez "ennemi", il vous renverra "ennemi" remarque Jalenques. C'est bien que la vie est colorée par la manière dont on la regarde. Autrement dit, le bonheur ressemble étrangement à une vision de notre propre état d'esprit. En conclusion : si l'on est pessimiste, le monde nous apparaîtra sinistre. Car "celui qui met des lunettes noires ne doit pas s'étonner de contempler un univers sombre" pourrait nous dire un maître zen. Aussi, la particularité des névrosés, c'est de justement vivre dans une illusion d'optique. Sont-ils ces malheureux du bonheur qui n'ont pas su faire le choix de la bonne tactique ? Sans doute. Ils auraient commis une erreur. En tout cas, celle de se demander : Pourquoi suis-je malheureux ? » La conséquence s'en trouve bien malheureuse : ils ont introduit eux-mêmes le malheur dans leur vie. « Qu'il ne soient pas surpris alors de le retrouver à l'arrivée. On finit par voir le monde qu'on s'est soi-même imposé ! » C'est un peu dur, dit comme ça. Et pourtant, écoutons un peu l'exemple que nous propose le Dr Jalenque pour étayer le propos : « Freud affirmait que l'homme est un pervers polymorphe, et la femme une hystérique. À la lumière de ces jugements, il explique tous nos comportements. Je crois que si l'on regarde le monde à travers une serrure en forme de sexe, on obtiendra forcément une image en forme de sexe". Ainsi, ressentir le malheur et penser qu'on l'a réellement en soi sont deux choses différentes. L'un est irrémédiable, l'autre est une vue de l'esprit. Il peut donc changer à tout moment. Heureux dénouement donc : le tragique n'est plus, puisqu'on peut changer les choses ! Le bonheur n'est pas dans les choses, il est en nous D'ailleurs, si le sens que nous nous acharnons à chercher à la vie s'avérait une illusion ? Si la vie n'avait pas de sens et n'était
FRANÇOIS LELORD Psychiatre et psychothérapeute "Avoir une bonne estime de soi permet de mieux affronter les difficultés...55 Quel rôle a jouer le voyage dans votre quête du bonheur ? Le voyage peut aider au bonheur de plusieurs manières : il assouvit notre goût de la nouveauté, ce qui met en général de bonne humeur, et nous redonne une certaine jeunesse d'esprit avide de découvrir, il nous libère des contraintes du quotidien et nous éloigne temporairement des problèmes que nous n'arrivons pas à résoudre, il nous donne l'occasion parfois de nous découvrir des qualités que nous n'utilisons pas dans notre vie courante, il nous pousse à reconsidérer notre situation personnelle, parfois sous un jour plus positif par comparaison avec les gens que nous rencontrons, qui ont souvent des vies plus dures que nous, européens. Il nous donne l'occasion de franchir des obstacles et d'atteindre des buts à notre mesure. On y trouve le plaisir de la découverte, mais aussi l'oubli et la découverte de soi. C'est le bonheur ! Vous avez co-écrit un ouvrage sur l'estime de soi, estce là la source du bonheur ? Une bonne estime de soi est un avantage qui permet de mieux affronter les difficultés de la vie et de considérer qu'on a droit au bonheur, ce qu'absurde ? Faudrait-il renoncer à l'idée même de bonheur ? Pas forcément. L'homme a d'autres ressources. C'est notamment la position d'Albert Camus. Dans son ouvrage Le mythe de Sisyphe, il propose une réflexion sur l'absurde et l'espoir. Sisyphe a été condamné par les qui peut augmenter les chances de le trouver. Mais une trop grande estime de soi peut amener à explorer des voies trop ambitieuses, à connaître l'échec, et donc pas le bonheur. Inversement, quelqu'un à faible estime de soi peut aussi trouver le bonheur en se trouvant un environnement à sa mesure et des gens qui l'aiment, grande source de bonheur. Je comparerai l'estime de soi à la beauté : elles peuvent toutes deux augmenter vos chances de bonheur, mais aussi les risques. Quel conseil donnez-vous aux patients qui "ont tout", mais qui restent insatisfaits ? Tout ce que j'ai fait dire à Hector dans ses considérations sur le bonheur, qui sont le fruit de ses voyages — et des miens. Dans le désordre, parmi la vingtaine de "leçons" : "un bon moyen de gâcher son bonheur, c'est de faire des comparaisons", "le bonheur, parfois c'est de ne pas comprendr", "c'est plus difficile d'être heureux dans un pays dirigé par de mauvaises personnes"... Mais bien sûr, c'est à chacun de trouver celles qui lui conviennent le mieux, à une certaine époque de sa vie et selon sa personnalité. C'est pour cela que j'ai écrit un conte plutôt qu'une liste de conseils. Dieux à pousser éternellement une énorme pierre jusqu'en haut d'une montagne, d'où elle redescend sans cesse, entraînée par son poids. C'est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe nous intéresse : il prend son temps et s'émerveille des choses. Si ce mythe est tra- gique, c'est que son héros est conscient, mais cette conscience est aussi ce qui peut changer le sens du mythe, et celui de la vie de peine de Sisyphe. Car « si lui juge que tout est bien, cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile... La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. » N'en doutons plus désormais : le bonheur, il faut y croire simplement... Apprenons le bonheur à nos enfants Une croyance, que nous devons désormais enseigner à nos enfants. Car si l'enfant reproduit ce qu'il entend et ce qu'il voit, encore faut-il qu'il soit exposé à des expériences multiples et enrichissantes... D'où l'importance d'une éducation vigilante, qui ne laisse pas l'enfant fonctionner comme une éponge avec nos émotions et sentiments négatifs. L'enfant est par définition celui qui apprend. Il prononce ces premiers mots en reproduisant les sons entendus autour de lui. Et parce qu'il constitue une pâte extrêmement malléable, il faut faire très attention à ce qu'on lui enseigne ; dès la naissance, il peut tout intégrer, y compris la névrose ou les phobies. Tâchons donc d'utiliser les quelques règles qui nous permettront de voir la vie du bon côté ! Il suffit de tourner la page pour voir la vie en rose.• À LIRE MILÈNE DECOTTIGNIES Le voyage d'Hector François Lelord Odile Jacob 224 p.20 €. FÉMININPSYCHO 59



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 1Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 2-3Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 4-5Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 6-7Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 8-9Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 10-11Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 12-13Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 14-15Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 16-17Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 18-19Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 20-21Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 22-23Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 24-25Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 26-27Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 28-29Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 30-31Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 32-33Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 34-35Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 36-37Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 38-39Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 40-41Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 42-43Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 44-45Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 46-47Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 48-49Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 50-51Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 52-53Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 54-55Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 56-57Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 58-59Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 60-61Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 62-63Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 64-65Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 66-67Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 68-69Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 70-71Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 72-73Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 74-75Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 76-77Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 78-79Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 80-81Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 82-83Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 84-85Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 86-87Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 88-89Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 90-91Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 92-93Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 94-95Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 96-97Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 98-99Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 100-101Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 102-103Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 104-105Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 106-107Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 108-109Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 110-111Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 112-113Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 114-115Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 116-117Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 118-119Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 120-121Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 122-123Féminin Psycho numéro 56 mai/jun 2010 Page 124