Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°56 de mai/jun 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

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  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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La culpabilité selon Freud et d'autres... Que dit le grand pionnier de la psychanalyse sur la culpabilité ? Pour lui, elle peut devenir destructrice en fonction de l'origine ou non. On retrouve donc dans les causes possibles l'angoisse de castration ou l'angoisse du moi face au surmoi. Sauf à être un spécialiste, difficile de s'y plonger. Il suffit de savoir qu'il peut être bon ou mauvais, en fonction du passé et du ressenti de la personne. Pour sortir de la culpabilité, le seul moyen est de travailler sur soi en en prenant conscience, et en analysant le bien fondé supposé de ce sentiment. D'autres grands psychanalystes ont travaillé sur le sujet comme Jung, qui évoque notre difficulté,voire notre refus à nous accepter tels que nous sommes véritablement. Ou encore plus proche de nous, Lacan, qui rapproche la culpabilité de notre désir impossible. D'autres thèses voient le jour en fonction des praticiens, comme l'importance de la petite enfance et du lien à la mère, bien vécu ou non.Attachement, puis détachement avec l'aide du père, sans que l'amour de la mère ne soit pour autant remis en question, cela devrait être la règle. D'autres évoquent notre besoin quasi inné de « sauver le monde ». Pour réelle ou non d'ailleurs. Par contre effectivement, dans l'autre sens, la logique ne fonctionne pas systématiquement. Tout dépend des circonstances. Dans notre société, nous avons tendance à mélanger les deux notions, car la Justice châtie en effet la personne qui détient le pouvoir de décision. Analyse transactionnelle & culpabilité Pour parvenir à s'en sortir justement, l'analyse transactionnelle est une méthode qui obtient de bons résultats. Dans l'analyse transactionnelle ou A.T, le Moi est constitué par le Parent, l'Adulte et l'Enfant. Ces différents états construisent notre personnalité. La transaction consiste en l'échange entre ces différents états du Moi. En l'analysant, nous parvenons à repérer les problèmes de communication éventuels qui coexistent chez nous. Selon l'A.T, chaque être humain a des besoins de stimulation, de reconnaissance et de structure. La satisfaction de ces 110 FÉMININPSYCHO être plus simple,tous les enfants ont une empathie naturelle vis-à-vis de leur environnement. Ils sont tristes lorsque leurs parents le sont, même quand ils sont encore bébés. Le sentiment de culpabilité pourrait être aussi ancien que cela, la volonté instinctive d'aider l'autre et de ne pas y parvenir. Ce qui lierait la culpabilité à l'impuissance d'agir. A la vérité, nous avons tous connu cela à différents degrés. Par exemple, nous devions nous rendre à un rendez-vous, par paresse ou emploi du temps trop chargé, nous n'y sommes pas allés. Et ensuite, par culpabilité, nous évitons à tout prix de recroiser cette personne vis-à-vis de laquelle nous nous sentons gênés. Evidemment, il s'agit ici d'un exemple anodin et qui peut être résolu facilement. besoins permet de se maintenir en équilibre. Or, chaque être humain se construit de façon différente face à cela. C'est ce que l'on appelle la position de vie. Celle-ci peut être négative, mais il faut déjà avoir la possibilité de s'en rendre compte pour pouvoir modifier ce qui ne convient pas. L'objectif de l'AT L'analyse transactionnelle a donc pour objectif de mettre à jour les dysfonctionnements éventuels dont nous sommes l'enjeu, d'en prendre conscience et de nous permettre ainsi de modifier certaines de nos attitudes pour changer ce qui nous entrave. Autre point important dans l'A.T. : les sentiments. La méthode les réduit à quatre : joie, tristesse, colère et peur. Dès l'enfance, nous apprenons à exprimer ou à inhiber ces sentiments en fonction de ce qui est admissible et autorisé dans le cercle familial. Cette sorte de condition- Une autre discipline s'est appesantie sur le sentiment de culpabilité en dehors de la psychanalyse. La philosophie a en grande partie insisté sur le lien entre culpabilité et religion, en bien ou en mal. Soit Dieu est une entité culpabilisante par essence vis-à-vis de nous pauvres mortels, soit Dieu nous fait sentir par une culpabilité partagée et pardonnée la solidarité qu'il existe entre nous. La culpabilité étant la preuve que nous ne sommes et ne pouvons être parfaits, et pourtant nous entretenons ce désir. Pour sortir de la culpabilité, selon cette approche, il faut donc faire le deuil de cette volonté à « être la perfection », comme l'est, en théorie, Dieu. nement, ou plus simplement d'éducation va construire chez nous ce qui est nommé « scénario de vie ». Il s'agit d'une approche un peu déterministe du destin qui nous est dévolu, alors même que nous n'en sommes pas toujours, voire rarement conscients. Notre enfance, nos parents, les événements de notre vie font que nous adoptons une attitude particulière qui nous mène sur un chemin de vie prévisible. L'analyse transactionnelle a donc pour objectif de mettre à jour les dysfonctionnements éventuels dont nous sommes l'enjeu, d'en prendre conscience et de nous permettre ainsi de modifier certaines de nos attitudes pour changer ce qui nous entrave. De l'introspection à l'autonomie Le but ultime est donc la reprise en main de ses différents états du Moi afin d'aller vers une autonomie croissante. En étant autonome, ou en le devenant de plus en plus, la
personne accepte la responsabilité qu'elle détient par rapport à sa propre vie, et accepte de voir dans l'autre une personne autonome, qui elle aussi existe en fonction de son propre scénario de vie. A ce titre, il faut respecter les choix de l'autre. L'analyse transactionnelle permet donc de façon relativement simple de mieux se connaître et de sortir du cercle vicieux de la culpabilité. Il s'agit d'une thérapie légère qui permet de commencer une introspection. Coupables, nous le sommes tous un peu, puisque nous ne sommes pas parfaits effectivement. Il faut donc envisager le sentiment de culpabilité en premier lieu comme un élément positif dans l'éventail de nos émotions, car il prouve que nous disposons d'une structure interne et d'un système de valeurs qui nous construit. Sans ce premier échafaudage, difficile de vivre tout simplement en société. Consulter pour s'en sortir Si la culpabilité devient trop lourde à porter, et ce sans véritable raison, il faut trouver une solution en se tournant vers la psychanalyse. Le partage, le dialogue sont en effet essentiels pour parvenir à prendre suffisamment de recul par rapport à une émotion qui nous envahit en permanence. S'il s'agit d'un moment difficile à passer, il peut suffire d'en parler simplement à nos parents, ou nos amis proches, en étant sûrs de leur bienveillance et de leur volonté de nous aider. Le simple fait de voir comment les autres envisagent notre situation peut contribuer à nous rendre compte que la culpabilité ressentie n'est pas justifiée. Ensuite, si le sentiment est trop envahissant, inhibant dans notre vie privée ou professionnelle, il est important de con- sulter un professionnel. Le travail sur soi qui intervient ensuite permet de révéler les failles qui font que nous avons cette propension à porter le malheur du monde sur nos épaules. Pourquoi ce sentiment semble-t-il plus répandu aujourd'hui que par le passé ? Probablement parce que la psychanalyse et la psychologie sont passées par là et permettent de mieux identifier le phénomène. Mais, parce que la situation des femmes en particulier a complètement changé en quelques dizaines d'années. D'un rôle tout tracé de mère, de génitrice, de femme au foyer ou aux champs, rôle traditionnel qui a existé pendant des siècles, nous voici transformées depuis les années soixante en soit-disant superwomen. Cela concerne bien entendu essentiellement les pays occidentalisés. Comment ne pas culpabiliser alors que l'on abandonne le rôle d'éducatrice de ses propres enfants à des personnes étrangères, du moins en partie, et que nous-mêmes avons souvent été élevées par une mère au foyer ? Il existe là une génération ou deux générations de femmes, qui par volonté assumée d'anticipation et de libération, ont dû par la même occasion, assumer également une énorme mauvaise conscience. Sans pour autant vouloir revenir complètement en arrière. Mauvaise conscience fréquemment attisée par les remarques des femmes de l'ancienne génération, par des maris qui ne retrouvent pas toujours leur place et EGO & EQUILIBRE par une société économique qui a du mal à être égalitaire. Coincées au milieu de ces exigences parfois incompatibles, les tiraillements de la mise au monde d'une nouvelle société ont fait porter aux femmes un sentiment de culpabilité massif. Contre lequel elles essaient de réagir tant bien que mal en fonction de leur propre personnalité, de leur âge, et des circonstances de la vie. Cet accouchement un peu douloureux d'un monde différent va probablement s'améliorer dans le temps, non pas parce que la société va devenir idéale, mais justement, parce que le phénomène est d'une telle ampleur qu'il en devient banal. Et que nous réalisons peu à peu, hommes et femmes, que les nécessités de la vie moderne provoquent des modifications implacables, parfois positives, parfois non, mais qui répondent à une demande d'épanouissement, d'indépendance, qui passent donc par le travail, l'argent, le divorce, la baisse du nombre d'enfants par foyer. Après tout, c'est nous qui faisons le monde moderne, à nous aussi de jeter aux orties ce sentiment de culpabilité indue par rapport à ce qu'a pu être notre rôle par le passé. Le monde change, nous aussi et nous faisons toutes du mieux possible. Peut-être ainsi pouvons nous pleinement assumer nos responsabilités sans pour autant que l'on nous jette à la tête une culpabilité de tous les instants. ■ A.F. FÉMININPSYCHO 1 1 1 o



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