Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°56 de mai/jun 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

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  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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pas à intégrer la gravité des faits qui leur sont reprochés. Une bagarre qui dégénère et blesse gravement, et c'est la fameuse phrase enfantine qui revient « je ne l'ai pas fait exprès ». Un vol de voiture et c'est la condition sociale qui est mise en avant pas grave, il est riche, moi je ne peux pas m'acheter de voiture ». Sous entendu, « il est impossible de me condamner, je n'ai rien fait de vraiment mal ». Dealer de la drogue, et rejeter la faute sur les ache- teurs qui sont adultes et consentants... Les exemples sont nombreux et font partie des rubriques de faits divers. Non pas que tous les délinquants soient dans ce schéma, loin de là, mais cela existe bel et bien. Cela ne signifie pas non plus que la culpabilité leur soit inconnue. Ils peuvent se sentir coupables par rapport à leur fratrie, ou à leurs amis. La culpabilité est bien complexe et l'on comprend que l'on doive avoir recours à des Objectif ou subjectif ? /r Vient ensuite le sentiment de culpabilité qui devient de plus en plus commun dans nos vies de tous les jours. Totalement subjectif, il vient polluer véritablement notre vie, car nous ne savons plus vraiment si nous sommes coupables ou non pour finir. Et nous avons parfois de grandes difficultés à mettre un nom sur cette sensation. Quelques exemples : • « Il me reste toujours un tas de jours de congés, je n'ai pas le temps de les prendre, trop de choses à faire. Peut-être que je déteste vraiment les vacances, mais peut-être que je ne me sens pas suffisamment performante pour m'absenter du travail. Pour éviter de me sentir coupable, je ne prends donc pas tous mes congés. » • « Enfant ou adulte, je prends toujours la responsabilité sur moi. Se faire aider En fonction de la gravité des cas et des faits, il est nécessaire de se faire assister par un thérapeute, fréquemment par exemple dans le cas des traumatismes liés à l'enfance. Mais sur les cas plus habituels, il est possible aussi de faire le tri par soi-même, en solitaire, même si cela est plus difficile, ou en se faisant aussi tout simplement aider par les amis. Après tout, dans des situations très similaires, nous sommes nombreux et nombreuses à ressentir les mêmes choses. L'entraide et le partage sont quasiment essentiels pour ne pas se laisser aller à se gâcher la vie. 108 FÉMININPSYCHO Ce n'est la faute ni de mes frères et soeurs s'il y a eu dispute, ni de mes collègues si nous n'y sommes pas arrivés, mais la mienne. Je suis incapable d'accepter un compliment de ce fait, car inconsciemment je ne m'en sens pas digne. » • Suite à une éducation très stricte, on peut parfois réagir en se sentant coupable chaque fois que l'on prend du bon temps, car cela était étranger voire quasiment interdit dans notre enfance.• « J'accepte tout ce que l'on me dit, et pourtant je ne suis pas toujours d'accord. » Ce qui peut également être la preuve d'une culpabilité cachée.• Un exemple que nous connaissons bien, ramener des cadeaux pour compenser une absence : un voyage d'affaires qui nous a éloigné de nos En effet, la culpabilité non justifiée peut devenir non seulement négative mais destructrice. Dans des cas absolument tragiques, puisque cela concerne les enfants qui sont sortis vivants des camps de la dernière guerre mondiale, nombreux sont ceux qui se sont sentis coupables d'être restés en vie alors que leur famille avait péri. Différentes sortes de culpabilité Parmi les culpabilités les plus courantes, on retrouve souvent des situations qui une fois bien identifiées permettent de remettre les choses à leur place. spécialistes en psychologie pour analyser le phénomène. Le devoir des parents, de l'école, et parfois de la Justice est de parvenir à inculquer cette fameuse notion de culpabilité à bon escient, au niveau de la société, qui permet justement d'avancer. Dans ce sens, la culpabilité est totalement normale et prouve au contraire notre bonne santé mentale : nous avons objectivement commis une erreur ou une faute. enfants et nous voici quasi obligé de ramener un petit quelque chose pour les enfants.• Il existe ensuite des culpabilités cachées qui trouvent leurs racines dans des enfances difficiles, traumatisantes. Devant la difficulté à faire porter la responsabilité sur son père ou sa mère, on assume inconsciemment une faute qui n'est pas la nôtre. Ainsi la culpabilité affecte souvent les personnes qui ont réussi. Cela peut paraître étonnant dans un premier temps, mais en fait la personne qui réussit ressent parfois une culpabilité par rapport à ses frères et soeurs qui n'ont pas connu le même succès, ou par rapport à un père qui lui non plus n'est pas arrivé à la réussite professionnelle. Face à ce succès, certaines personnes, se sentant coupables à mauvais escient, assument en fait des responsabilités qui ne sont pas les leurs. On retrouve exactement le même phénomène lorsque l'un des enfants présente des dons évidents et que les autres ne sont pas dans le même schéma. o o
On se retrouve alors dans une situation contradictoire qui est d'un côté : Je connais un succès mérité, dû à mon travail ou à mes dons personnels, mais je ne peux pas en tirer le sentiment de satisfaction, voire de bonheur qui devrait être le mien, car j'ai l'impression que je rabaisse inconsciemment le reste de ma famille qui n'est pas parvenu à des résultats identiques ». Evidemment, la réaction de l'entourage face au succès de l'un des leurs sera essentielle : jalousie, frustration ou au contraire fierté et encouragements changent la donne. Il arrive aussi fréquemment chez certaines femmes qu'elles se sentent coupables justement de ne pas travailler, en vivant des revenus du mari et en s'occupant du foyer. La situation peut être bien vécue, mais il y a aussi des moments où l'on ne peut être heureuse, car on ne peut s'empêcher de se vivre comme un fardeau. D'autant plus aisément que les femmes actives sont aujourd'hui plus la règle que les femmes au foyer. Chez les plus jeunes, les psychologues ont souvent à travailler sur les enfants de divorcés qui portent sur leurs épaules la responsabilité de la séparation. Trop agités, pas assez obéissants, ils se sentent à l'origine de la pomme de discorde. Il est important d'agir à ce moment pour ne pas laisser ce sentiment s'installer sur la durée. Les parents doivent aussi participer au fait que tout cela n'est qu'une histoire de couple et non pas d'enfants. Et ne pas partager leur détresse avec leurs enfants, même adolescents, en les obligeant à écouter les reproches ou en leur demandant inconsciemment de rester à leurs côtés. Il est très facile pour un parent de provoquer un sentiment de culpabilité chez sa progéniture. Les jeunes peuvent aussi se sentira nuls », parce que les parents, ou les profs ont répété à l'envie qu'ils ne faisaient pas le maximum. En fait, on le voit, notre sentiment de culpabilité, supportable ou au contraire lourd à gérer, vient souvent de notre enfance. Et bizarrement, plus nous prenons du plaisir à faire ce que nous faisons, plus nous sommes à même de culpabiliser. Comment sortir de la culpabilité ? Evidemment, nous souhaitons tous nous débarrasser de ce sentiment qui nous empêche d'être heureux. Mais difficile d'y parvenir seul bien souvent. En fait, il est possible que nous ne puissions sortir de cette phase, car nous ne le souhaitons peut être pas vraiment. En nous sentant coupables, nous éprouvons également une sensation de responsabilité et de puissance sur les autres. Travailler le lâcher prise C'est donc sur le lâcher prise qu'il faut travailler en priorité. Il faut finir par admettre que nous ne pouvons gérer le destin de ceux qui nous entourent et que nous ne sommes pas forcément responsables et donc coupables de leurs malheurs. Comprendre que chacun dispose de son libre arbitre et a donc une EGO & EQUILIBRE influence directe sur ce qui lui arrive. Si cette personne, enfant, parent ou collègue de travail parvient à nous faire croire que nous sommes en partie responsables de ses problèmes, cela prouve en quelque sorte que nous reconnaissons avoir une influence sur le destin de la personne en question. Et consciemment ou pas, cela nous satisfait. Ce point constitue bien évidemment un obstacle important à ce que nous parvenions à sortir de la culpabilité. Autant dire que le processus à suivre en termes psychologiques n'est pas aussi simple qu'il peut le sembler en apparence. Il est en effet parfois très douloureux pour une mère possessive de voir son enfant, même adulte, voler de ses propres ailes et parfois la rejeter. Ou pour un chef d'entreprise ou un supérieur hiérarchique de ne pas parvenir à faire progresser tel ou tel employé, ou encore à un éducateur spécialisé de subir un échec face à un handicapé dont l'état ne s'améliore pas. Il y a bien entendu un mélange de responsabilité normale par rapport à un objectif donné, mais il prend parfois une ampleur exagérée, voire obsédante. On reproche d'ailleurs souvent au milieu médical de savoir trop bien se déculpabiliser par rapport aux patients en particulier dans les cliniques et hôpitaux, mais il faut bien reconnaitre qu'il s'agit au départ d'une réaction permettant de préserver son équilibre et sa vie privée. Responsabilité & culpabilité La fameuse phrase « responsable, mais pas coupable » est restée dans les têtes. Il y a en effet une différence majeure entre les deux notions. Elles sont pourtant liées dans un sens, car pour se sentir coupable, il faut avoir reconnu une responsabilité, FÉMININPSYCHO 109



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