Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
Féminin Psycho n°56 mai/jun 2010
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°56 de mai/jun 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

  • Dans ce numéro : rencontrer quelqu'un ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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AN TÉ Psycho Le don de soi en question Le don de soi. Le terme en lui-même n'est pas franchement très clair. On imagine immédiatement une sorte de sainte personnalité qui serait tournée complètement vers les autres en s'oubliant elle-même.Au delà de la générosité, donc, cela évoque des images bienveillantes, presque surhumaines à vrai dire. Creusons donc le sujet car le don de soi est a priori le summum de ce vers quoi l'on pourrait tendre. 1 est vrai que le don de soi est souvent un concept lié à la religion et peu importe laquelle. En effet, nombre de religions ont travaillé sur le don de soi, pas toujours en ces termes bien entendu. Proches de nous et fort populaires dans notre société française, on peut par exemple penser à l'abbé Pierre ou à Soeur Emmanuelle. Deux forts tempéraments, qui ne semblent pas être des modèles inatteignables de par leur proximité avec la vie quotidienne, la misère dans notre société ou ailleurs, leur vivacité d'esprit et aussi parfois leur humeur ou leurs colères. Pourtant, on peut penser sans se tromper que ce sont bel et bien des personnes qui ont su donner de leur personne pour améliorer le sort de populations mal loties en France ou ailleurs. Quand on parle de don Don de la personne en tant que telle, mais aussi dontout court : Ainsi la communauté Emmaus a basé son économie sur la réutilisation de biens de consommation, biens qui sont au départ offerts. Donner a toujours été un acte gratuit, valorisé 102 FÉMININPSYCHO et valorisant. Le don, le présent, le cadeau, l'offrande, autant de mots qui reprennent l'idée de générosité. La connotation est très positive et tend donc à valoriser également la personne qui effectue le don. Au départ, le fait de donner a pour objet d'apporter de l'aide, ou de faire plaisir de façon totalement désintéressée. L'exemple de dons d'organes est peut-être l'un des plus évidents et des plus signifiants pour tout un chacun. Donner un organe, comme donner son sang est gratuit, et part du simple sentiment d'aider les malades actuels et à venir, dans un sentiment de solidarité globale. Le don de soi est ici pris au propre pourrait-on dire, comme au figuré. On tente ainsi de se mettre un peu à la place de l'autre, en se disant qu'un jour peut-être nous pourrions nous aussi, ou nos proches, avoir besoin d'une telle aide. Une question de solidarité Ce sentiment nous donne un sentiment de satisfaction car nous sommes solidaires de nos prochains. D'autant que le don d'organe peut se faire de son vivant, en général pour un membre de sa famille, mais aussi à l'occasion d'un décès brutal. Le don peut être un simple acte qui nous fait également plaisir, comme lorsque nous offrons un cadeau à Noël à nos enfants, mais il peut aller jusqu'à une implication beaucoup plus forte lorsque l'on parle du don d'organe (une partie de son propre corps). Cependant, lorsque l'on utilise les termes de don de soi, on ne pense pas à cet aspect-là des choses. Il s'agit plutôt de donner de façon immatérielle. Le don de soi couvre plusieurs domaines, il peut s'agir du bénévolat par exemple, et globalement de toutes les personnes que l'on dit altruistes et qui ont des activités caritatives pourrait-on dire, même si le terme est un peu désuet, signifiant par là que les autres occupent une place maîtresse dans leurs vies. La plupart du temps, il s'agit d'aider les plus pauvres, plus âgés, PHOTO PHOTOS. TOM
plus invalides, plus déprimés... en bref, les personnes qui vont plus mal que nous et qui soit sollicitent cette aide, soit sont manifestement dans le besoin. Les principaux dangers du don de soi A priori, l'altruisme et le dévouement sont des qualités appréciables et appréciées. Or, dans certains cas, elles peuvent être liées à la notion de sacrifice, ce dernier étant parfois dangereux. En effet, si l'on se dévoue à la protection d'une personne, un proche parent ou un cas spécifique, il ne faut pas se laisser entraîner par le premier mouvement de sympathie ou d'amour, mais être capable de s'engager après réflexion. Difficile, car nous sommes souvent conditionnés par notre éducation, et parfois aussi par une certaine pitié. Celle-ci nous entraîne souvent vers des comportements pré-établis dont il est difficile de sortir. En effet, passer une grande partie de son temps, de sa vie année après année à s'occuper d'une ou de plusieurs personnes en difficulté peut laisser un sentiment amer bien longtemps après, une aigreur, le sentiment d'avoir gâché sa propre vie, alors que les années passées ne se rattrapent jamais. Ou au contraire, lorsque l'engagement est bien vécu et réfléchi, épanouir la personnalité de la personne qui donne de son temps pour une cause qu'elle estime tout à fait respectable et utile. ■ En termes psychologiques, l'idéal est de s'engager en toute connaissance de cause, et de préserver une partie de sa propre vie. Ce qui est parfaitement possible si l'on dispose des outils psychologiques nécessaires. Pas si facile en dépit de ce que l'on peut penser au départ. C'est donc le premier danger qui attend les personnes dites dans le don de soi. A moins qu'il ne s'agisse d'une aide ponctuelle, les personnes qui se disent elles-mêmes être dans une attitude de don, ne sont peut-être pas totalement en sécurité. En effet, le fait même d'envisager leur propre attitude de cette façon signifie en fait qu'elles se regardent elles-mêmes agir. La meilleure des choses à faire dans ce cas précis est d'examiner ses motivations. Faire du « bien » aux autres en les écoutant, en les aidant dans leur vie quotidienne est forcément positif pourrait-on dire. Et pourtant les motivations de la personne qui agit auront forcément une influence sur ses attitudes vis-à-vis des individus en difficulté. Mieux vaut s'assurer que l'on n'est pas en train de régler ses propres comptes avec de vieux démons, car cela peut s'avérer nocif pour les uns et pour les autres. De mauvais exemples Quelques exemples qui concernent aussi bien les femmes que les hommes : il est possible que l'on soit amené à effectuer des missions d'aide simplement pour faire plaisir à quelqu'un qui nous est cher et que l'on aurait l'impression de décevoir en refusant d'apporter notre concours, ou que l'on se sente obligé de participer à une action pour une question d'image de soi-même ou de la famille à laquelle on appartient, ou que sa motivation soit aussi d'ordre social et professionnel, car la bonne action en question pourra être mise en avant à un moment donné et apporter un « bonus ». Cela fait un peu penser au passé où certaines femmes, d'un milieu social aisé, était quasiment obligées de prendre en charge les bonnes oeuvres de la commune ou du village. ALTRUISME Don ou partage ? Un livre de Daniel Sibony interpelle d'ailleurs ce type de personnalité : « Don de soi ou partage de soi ». Ce psychanalyste reconnu évoque dans l'ouvrage un aspect des choses lus complexe du don de soi que ce que l'on peut imaginer au premier abord. Parfois avec beaucoup de coeur et d'aides concrètes, mais aussi par obligation sociale et pression familiale. En bref, la motivation ne vient pas toujours du coeur et dans ce cas, il est parfois difficile de perdurer dans le « don de soi » il est facile pour quasiment tous de donner sans y réfléchir à nos enfants et nos conjoints. Elargir le cercle n'est pas évident pour certains, et il est alors inutile de se forcer. Il est toujours possible de changer d'avis lorsque l'on se sent véritablement prêt. Le risque de dépendance Le second danger est de tomber dans la dépendance, l'impossibilité de vivre sans la ou les personnes à qui l'on consacre sa vie. Une sorte d'oubli de soi-même, mais un oubli dangereux pour sa propre personnalité et qui peut faire aussi peser une responsabilité non voulue sur la personne aidée, si elle dispose de sa conscience. 11 FÉMININPSYCHO 103



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