Féminin Psycho n°47 nov/déc 2008
Féminin Psycho n°47 nov/déc 2008
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°47 de nov/déc 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 21,9 Mo

  • Dans ce numéro : le goût de vivre... savoir le trouver et le conserver.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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• d’abord, un enfant épanoui repères ne peuvent évidemment pas les transmettre à leurs enfants. Donc il s’agit plutôt d’un phénomène global, entre l’éclatement de la cellule familiale et celui plus général des groupes sociaux ? La famille et le groupe devraient être des contenants. S’ils jouaient bien leur rôle, un enfant, même à problèmes, y trouverait sa fonction et le sens de sa vie. Dans le cas d’enfants criminels, il y a deux fonctions qui ont fait défaut : psychologie et sociologie. Il y a toujours plusieurs causes à un problème, et en l’occurrence certains enfants aujourd’hui sont plus fragiles. Du fait de problèmes familiaux – je vous renvoie à la psychogénéalogie –, intra-utérin – une mère malade ou stressée, des médicaments, le tabac, l’alcool, les régimes amincissants, etc. – et périnataux – les dix premiers jours et les neufs premiers mois sont fondamentaux –, un enfant peut avoir certaines fragilités. Cette fragilité fait que, s’il est dans la vie confronté à des événements déstabilisants (la drogue aussi peut avoir cet effet)• qui le sortent du peu de repères qu’il a mis en place, cela peut déclencher un passage à l’acte : criminalité ou délire. Mais le crime n’est pas nouveau : ce qui est nouveau c’est la médiatisation qu’on en fait. Et puisque nous parlons de médiatisation, l‘influence de scènes de violence vues au cinéma ou à la télévision, sur des enfants qui n’ont pas de lieu de parole pour élaborer ce qu’ils ont pris de plein fouet, est très importante. Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose qui a changé dans notre appréhension de l’enfant, n’a-t-il pas pris une nouvelle place dans la société ? Il y a plusieurs choses. Il y a un aspect très positif, celui selon lequel, comme le disait Françoise Dolto, « l’enfant est une personne » : les parents comprennent maintenant qu’il « L’enfant a besoin de cadres et d’une autorité juste, et ce, tout au long de son enfance » faut le respecter. Mais il ne faut pas confondre respect et abandon du pouvoir. Sous le prétexte que l’enfant est une « personne », on considère qu’il sait tout : c’est complètement faux. L’enfant a besoin d’être guidé, il faut le « conduire », lui apprendre, le former. Bien qu’il ait de formidables potentialités, cela ne l’empêche pas d’être « en devenir ». Ce sont des aspects de l’éducation qui paraissent 88 FÉMININ PSYCHO ● D’ABORD, UN ENFANT ÉPANOUI presque relever du conditionnement, mais qui restent fondamentaux. Car au risque de choquer, on doit transmettre des valeurs et de bonnes habitudes très tôt. Il faudrait aujourd’hui, dans l’intérêt de l’enfant, revenir à davantage de structuration ? L’enfant a besoin de cadres, et d’une autorité juste, et ce tout au long de son enfance. À l’adolescence, le travail de l’enfant est d’essayer de remettre en question cette structure, ce qui est normal. Les parents doivent rester souples, à l’écoute, mais ne rien changer. Ce n’est pas parce que l’adolescent remet en question ce qui l’entoure et le cadre que les parents doivent être déstabilisés. Au contraire, ils doivent garder leur rôle d’éducateurs, de sécurité et d’autorité. On dit d’ailleurs que le cerveau termine sa maturation non pas à la fin de l’adolescence, mais vers 24 ans. C’est tard… Vous notez que les parents sont l’autorité, le refuge, et le vecteur de construction de l’autorité : sont-ils seuls pour tout cela ou peuvent-ils compter sur des soutiens ? Ils comptent sur le soutien des modèles qu’ils ont eus. Quant à l’école, c’est un autre problème. L’école est une institution ancienne qui a peu évolué depuis qu’elle a été créée. Par conséquent, il y aurait beau-
PHOTO : ABLESTOCK. D.R. coup de travail à faire à ce niveau. Les enfants y sont présents un certain nombre d’heures chaque jour, et elle a un rôle d’éducation, pas seulement d’enseignement et de savoir. Elle doit enseigner aussi ce qu’est la vie en groupe, le comportement avec les camarades, le « savoir vivre » au sens propre du terme. Qu’un professeur n’intervienne pas quand une bagarre se déclenche dans la cour, sous le prétexte que ces violences sont à l’image de la société et que l’enfant doit apprendre à se défendre, est choquant. Car ce n’est pas vrai : en agissant ainsi, on conforte une pseudo-image de la société, et d’une certaine manière en la confortant on la crée. On indique ainsi que ce modèle – cette violence qui malheureusement est partout – est le modèle qui est permis par l’adulte. Dans l’idéal, que serait un enfant épanoui ? Déjà, il faut qu’il ait été désiré par le ventre de la mère. Qu’une grossesse arrive au mauvais moment ne veut pas dire que l’enfant n’est pas désiré, la maman peut avoir ce qu’on appelle dans notre jargon un « utérus chaud » alors qu’un enfant fait sur commande peut très bien ne pas être désiré inconsciemment par la mère. On dit alors qu’elle a eu un « utérus froid ». Si la « couvade » – c’est-à-dire son accueil dans le corps de la mère – se passe bien, si la mère répond aux besoins de son bébé même malgré un environnement difficile, alors toutes les chances sont réunies pour que cela se passe bien après, l’enfant aura de bons anticorps psychiques. C’est pour cela qu’il faudrait un accompagnement de la mère, voire un enseignement aux parents, pour qu’elle soit bien entourée, ne rencontre pas de stress, soit soutenue par le père et/ou par la famille, etc. Le groupe couve la mère qui couve. Ensuite, on ne peut plus revenir en arrière, ce qui est fait est fait, mais on peut toujours faire le mieux possible ! Un enfant qui a eu des difficultés au cours ou autour de la naissance a subi un traumatisme – car tout se met en place dans les premiers moments de la vie – mais s’il a une famille pleine d’amour, il se rééquilibre et trouve son système de vie. Il compensera à sa façon, avec D’ABORD, UN ENFANT ÉPANOUI ● FÉMININ PSYCHO 89



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