Féminin Psycho n°42 mar/avr 2008
Féminin Psycho n°42 mar/avr 2008
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°42 de mar/avr 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 47,9 Mo

  • Dans ce numéro : c'est décidé, je m'écoute.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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TÉMOIGNAGE JE M’EN SUIS SORTIE… Mes retrouvailles avec mon fils Fanny, 47 ans, a retrouvé son fils, dix-huit ans après avoir accouché sousX. En levant le secret de son identité, elle a découvert que l’adolescent, adopté, cherchait lui aussi à connaître ses origines. Leurs retrouvailles ont été intenses et durables. Après une longue période d’angoisse et de culpabilité, Fanny a retrouvé un équilibre dans sa vie. Fanny fait partie de l’AMO, l’Association des Mères de l’Ombre, qui soutient les femmes ayant accouché sous X dans leurs recherches. Tél. de l’antenne nationale : 05 57 51 24 57. É 6 62 FÉMININPSYCHO « Quand j’ai vu mon fils pour la première fois, j’ai senti qu’il m’aimait. C’est vrai, je ne lui ai pas donné le biberon, je ne l’ai pas élevé. Mais je l’ai porté en moi, je l’ai mis au monde, j’ai vécu avec lui pendant 18 ans dans ma tête. Je suis tombée enceinte à l’âge de 20 ans, en Algérie. Là-bas, perdre sa virginité avant le mariage est une catastrophe pour une fille. L’avortement était impossible et son père, voyant la situation, a disparu de la circulation. Seule, j’ai donc finalement tout avoué à ma mère. Le ciel lui est tombé sur la tête. Elle m’a dit que je la condamnais à mort, ainsi que mes sœurs. Je n’avais pas encore de passeport et c’était trop tard pour avorter dans un autre Je n’ai jamais cessé de penser à mon fils 55 pays. J’ai donc décidé d’accoucher en France et de laisser mon enfant à l’adoption. On m’a demandé si je voulais accoucher dans le secret et j’ai dit oui, sans me rendre compte des conséquences. À l’hôpital, j’ai su que j’avais mis au monde un garçon, en entendant une infirmière dans la pièce à côté. Un secret lourd à porter Après l’accouchement, je suis rentrée en Algérie. C’était terrible pour moi de ne pas savoir ce que mon bébé allait devenir. Je me suis dit : « Il faut que j’aille le chercher. Je ne peux pas le laisser. » On m’avait précisé que j’avais deux mois pour me rétracter. Le temps de réunir les papiers nécessaires pour le visa, quand je suis arrivée à la DDASS, c’était trop tard : il était adopté. Je suis quand même restée en France pour avoir de ses nouvelles. On m’a dit de ne pas le chercher, pour ne pas le perturber. Au bout de quatre ans de silence, j’ai pensé qu’il fallait que je pense à moi et à ma vie. Je suis rentrée en Algérie et j’ai repris mes études. Mais je n’ai jamais cessé de penser à mon fils, à chaque anniversaire, pendant les fêtes… J’ai finalement rencontré un homme qui est devenu mon mari. Je pensais pourtant ne plus jamais aimer. Il était français et je suis venue en France avec lui. Je savais que j’allais rechercher mon fils mais j’attendais qu’il soit majeur, c’est-à-dire adulte et en âge de comprendre. Je me suis demandé s’il me cherchait aussi. À part mes deux sœurs et ma mère, personne n’était au courant de son existence. À l’époque, j’ai essayé d’en parler à mon mari (avec qui j’ai divorcé depuis) mais il n’a pas voulu m’écouter. Le secret devenait de plus en plus lourd à porter. La date de son anniversaire approchait et comme chaque année à cette période, j’étais déprimée. L’euphorie des retrouvailles Je me suis finalement confiée à une amie, qui m’a donné le numéro d’une association. J’ai appris que, depuis la loi Mattei en 1996, il était possible de lever le secret de son identité. Dans ma lettre, j’ai précisé que je ne venais pas le prendre, mais que s’il se posait des questions, la moindre des choses pour moi était d’y répondre. Au bout de trois mois et demi, j’ai reçu un coup de téléphone de l’assistante sociale de mon fils. J’ai su que lui aussi me cherchait et avait consulté son dossier. Il a ainsi appris qu’il était d’origine algérienne. La DDASS lui a envoyé ma lettre. Ses parents adoptifs l’ont gardé trois semaines avant de la lui 4 PHOTOS : GOODSHOOT. D.R.
PHOTOS : GOODSHOOT. D.R. donner. Peu de temps après, j’en ai reçu une de lui, avec sa photo. Je reconnaissais mes yeux, ma bouche… À ce moment-là, j’ai enfin pu laisser libre cours à mes sentiments. J’ai beaucoup pleuré. Dans sa lettre, il me disait qu’il ne me jugeait pas, que c’était très important pour lui de me retrouver et de connaître ses origines. Le lendemain, il me téléphonait lui-même pour la première fois. « Allô, c’est moi. Je suis ton fils. » J’étais sur un nuage, j’étais rassurée : il n’avait jamais été malade, drogué ou violé, il était heureux ! Je m’étais tout imaginé, puisque je ne savais rien. À Noël cette année-là, il est venu chez moi avec sa famille adoptive. J’ai mis les petits plats dans les grands. Nous étions tous dans l’euphorie des retrouvailles. J’ai donc raconté son histoire à mon fils, exactement telle qu’elle s’était passée. Il m’a demandé si je savais où était son père. Je lui ai répondu que je ne l’avais jamais revu, mais que s’il le souhaitait, je pouvais l’aider à le retrouver. Le retour aux origines Le lendemain de fête a été difficile. J’étais rongée par la culpabilité. J’avais la sensation d’être passée à côté de son éducation, parce que je l’avais vu en famille, avec ses parents, qu’il appelait « papa » et » maman ». C’était terrible pour moi, même si je comprenais que c’était normal. De leur côté, les parents ont raconté ces retrouvailles à l’assistante sociale, qui leur a dit de se méfier de moi. Sa mère adoptive a été complètement affolée. Mon fils, pris au cœur de la tourmente, m’a alors écrit une lettre d’adieu. D’abord, ce fut pour moi un coup de matraque. Puis, j’ai lu entre les lignes. J’ai senti qu’il cherchait juste à protéger sa mère. En effet, il est revenu vers moi, quelques mois après. C’était comme si on s’était vu la veille. Puis, il m’a fait l’honneur de me présenter sa petite copine. Quelques semaines plus tard, il a eu envie de partir en Algérie, à la rencontre de sa famille. Il est revenu ravi. L’été prochain, il souhaite repartir avec moi, sûrement aussi pour rechercher son père. Il a retrouvé ses racines, sans couper les ponts avec sa famille adoptive. Je le sens épanoui. Aujourd’hui pour moi aussi, ça va beaucoup mieux, à tous les niveaux. Je n’ai jamais pu avoir d’autre enfant, mais j’ai retrouvé mon fils, et j’espère pouvoir continuer à l’accompagner dans toutes les étapes de sa vie. » ● PROPOS RECUEILLIS PAR IRÈNE NAJOVITS FÉMININPSYCHO 63



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