Féminin Psycho n°42 mar/avr 2008
Féminin Psycho n°42 mar/avr 2008
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°42 de mar/avr 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 47,9 Mo

  • Dans ce numéro : c'est décidé, je m'écoute.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI & MA VIE Gérer la crise de la quarantaine La crise de la quarantaine ? Un mythe ? Non, pas vraiment. Période de transition plus ou moins forte où un bilan identitaire s’impose, la quarantaine équivaut souvent à une renaissance de soi et de ses désirs. Éric TOGNONI est psychanalyste, psychothérapeute et formateur. Auteur d’un premier CD de sophrologie-relaxation, La gestion du stress. 6 FÉMININPSYCHO Pierre, 42 ans, vient de lâcher temporairement sa femme et ses deux enfants pour faire le point sur lui et sa vie de couple. Céline, 38 ans, a décidé de quitter famille et maison pour se lancer dans l’aide humanitaire en Afrique. Frédéric, 44 ans, pourtant de nature sereine, devient d’un seul coup hypocondriaque, la peur de la mort l’obsède jour et nuit. Marie, 38 ans, célibataire, ne supporte plus son milieu professionnel et prend la décision de claquer la porte sans réfléchir. L’heure du bilan Savez-vous ce qu’ont en commun ces hommes et ces femmes ? Leur âge : 40 ans environ… Stade transitoire. Le milieu de la vie, ou presque. La fin d’un premier cycle et le commencement d’un second. L’âge idéal, donc, pour s’interroger, faire un bilan. Au risque, bien sûr, de tout remettre en question : sa vie familiale, sa vie sentimentale, sa vie professionnelle, économique… « À 40 ans, remarquent ainsi les docteurs Goupil et Boublin, dans leur ouvrage Le guide de la quarantaine, arrive l’impression que tout est irrévocable et irrémédiablement définitif. » Le sentiment cruel que le temps manque ou que le bonheur et l’insouciance sont restés là, derrière nous, poussent alors certains individus à la crise. Le temps qui manque Une crise plus ou moins intense selon chacun. Pour certains elle passe presque inaperçue alors que pour d’autres, elle est un véritable chamboulement. Elle ressemble à la crise d’adolescence. Sauf qu’un ado en crise, lui, ressent un sentiment de vertige devant l’étendue de la vie qui s’offre soudain à lui. À 40 ans, on se dit plutôt que cette ii étendue-là diminue. Qu’elle se resserre inexorablement… Peur de la mort, peur de vieillir, peur d’avoir raté ce que l’on a entrepris, peur d’être inutile : pour prendre à contre-pied ce type d’angoisses, on exprime donc des envies de liberté, de changement. De façon souvent excessive, sinon boulimique. Certains s’offrent une seconde jeunesse pour échapper à la monotonie du quotidien. Ils s’affranchissent des carcans qui les étouffent, en transgressant certaines règles de vie. Sans hésiter, parfois, à aller voir ailleurs… Le pénis en crise Car, à 40 ans, il arrive que le prix du changement passe par l’infidélité : 15% des hommes contre 3% de femmes – selon Jacqueline Raoul Duval, auteur de l’ouvrage Le charme discret de l’adultère. Ce qui pousse ces quadragénaires à mettre en péril parfois quinze années de couple bien rangées ? Le désir À 40 ans, on s’offre parfois une seconde jeunesse pour échapper à la monotonie du quotidien 55 de tester à nouveau leur pouvoir de séduction. La volonté de se dire que le charme n’a pas d’âge. Sinon – pour les hommes surtout, le souhait de se prouver combien leur sexe n’a rien perdu de leur dynamisme. « En exprimant ainsi leur crise dans le lit d’une autre, expliquent les docteurs Goupil et Boublin, ces
infidèles mâles cherchent à réaffirmer leur masculinité. » C’est-à-dire le pouvoir de leur virilité, garantie par la vigueur et la puissance de leur pénis… Le corps en mutation Car la quarantaine annonce des changements corporels qui souvent inquiètent. Les muscles faiblissent. Les premiers troubles de l’érection se font sentir. Les rides – quoique souvent charmantes – se creusent et s’affirment. Les cheveux grisonnent. La vue faiblit et parfois les paires de lunettes s’imposent. Bref… on se sent vieillir. Et ce chez les hommes comme chez les femmes. À cet égard, la plupart du temps, chez les femmes, « la crise du milieu de la vie surviendra principalement devant l’approche de la ménopause, souvent vécue comme un drame, explique Jacques Gauthier, dans son livre La crise de la quarantaine. Pourquoi ? Parce que se dire qu’on ne pourra plus avoir d’enfants, d’ici cinq ans, revient, en un sens, à s’imaginer que l’on perdra son identité de femme et de mère. Certaines exprimeront leur mal-être par des crises de tristesse à répétition. D’autres par une baisse libidinale plus ou moins intense, générée Le sentiment cruel que le temps manque ou que le bonheur et l’insouciance sont restés là, poussent certains individus à la crise ÉRIC TOGNONI Psychanalyste et coach « Une crise existentielle proche de la grande crise identitaire de l’adolescence » Comment se traduit la crise de la quarantaine ? La crise de la quarantaine équivaut à une période d’interrogations profondes, par rapport à son parcours professionnel, social et affectif. À 40 ans, on se rapproche de la date fatidique de la mort et s’impose alors un bilan… On s’engage, en quelque sorte, dans un face-à-face avec soimême pour faire le point sur sa propre vie. Au risque de la chambouler ? Oui. Parce qu’il s’agit là d’une crise essentiellement existentielle. Proche en cela de la grande crise identitaire de l’adolescence. On se remet en question de façon parfois violente. On interroge ses acquis et tout ce que l’on a pu, jusqu’alors, construire. Au risque, bien entendu, de le déconstruire. D’ailleurs, en tant que thérapeute, j’ai pu constater que durant cette période, les divorces et séparations augmentaient très nettement… Cette crise peut-elle être bénéfique pour l’individu ? Si la personne utilise l’énergie de sa crise de façon positive, oui. Parce qu’elle correspond à une recherche d’authenticité et de compréhension de soi. La crise de la quarantaine peut ainsi permettre à un individu de se repositionner. Du moins d’accéder à un véritable changement de vie, riche et bénéfique. par un refus inconscient de se considérer comme sexuellement désirable. D’autres encore se rassureront dans l’utilisation de crèmes antirides ou dans les établissements de soins ou de chirurgie esthétique. Enfin, certaines franchiront cet âge avec philosophie en regardant tout ce qu’elles ont encore à réaliser. SANDRINE, 48 ans Pour moi, 40 ans, c’était le début de la fin ! Le soir de mon anniversaire, avant de me coucher, je me suis regardée dans la glace et je me suis dit : ça y est, ma belle, t’as 40 ans et tu es devenue adulte. Oui, je crois que c’est le jour même de mes 40 ans que ma crise a commencé. Peur de mourir… Angoisse de vieillir : j’ai multiplié les coups de blues, peu à peu. Vis-àvis de moi, de mon passé qui me semblait raté. Vis-à-vis de ma fille, aussi. Parce qu’elle avait 15 ans et que la vie lui appartenait, tandis qu’à moi, elle m’échappait. Je ressentais d’ailleurs parfois un peu de jalousie à son égard. Elle était jeune, moi non. Elle était une femme en devenir, moi une femme en fin de cycle. Je voyais ma peau flétrir. Je n’étais plus désirable. Du moins, je m’en persuadais et c’est mon mari qui a du en subir les conséquences. Je n’osais plus me montrer nue devant lui. Je refusais tout rapport sexuel. J’éclatais en sanglots chaque nuit en lui disant combien je me trouvais nulle et moche. Il m’a fallu suivre une psychothérapie pour reprendre confiance en moi. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre. Premier pas vers la sagesse ? Pour tous, cette période est faite d’interrogations, de remises en question, de tâtonnements, de réorganisation de la vie. « À 40 ans, explique Henry Pfyser, psychologue, on se trouve coincé entre deux âges. On ne sent plus vraiment jeune, mais on ne se sent pas réellement vieux non plus. » D’où ce désir profond de se trouver une place. De se (re)situer identitairement et socialement. Quitte à rompre avec ce que l’on avait jusqu’alors érigé comme valeur essentielle : vie conjugale, vie sociale, situation professionnelle. « Aussi n’est-il pas rare, continue le psychologue, de voir un coiffeur, aux alentours de la quarantaine, devenir pâtissier. Ou un fonctionnaire se lancer dans la carrière d’acteur dont il avait toujours rêvé. » Néanmoins, si ces réactions tournées vers le changement paraissent survenir du jour au lendemain, elles représentent bien souvent une étape nécessaire vers un nouvel équilibre psychologique, affectif et sentimental. Voire vers la naissance d’un nouvel être, d’un nouveau « moi » moins centré sur luimême et sans doute un peu plus sage. ● À LIRE Le guide de la quarantaine, Goupil, Tybo, Boublin, Vent d’Ouest, 48 p, 8,99 €. Le charme discret de l’adultère, Jacqueline Raoul-Duval, Albin Michel, 252 p, 13,60 €. La crise de la quarantaine, Jacques Gauthier, Éditions Fayard, 102 p, 12 €. FÉMININPSYCHO 7



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