Féminin Psycho n°42 mar/avr 2008
Féminin Psycho n°42 mar/avr 2008
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°42 de mar/avr 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 47,9 Mo

  • Dans ce numéro : c'est décidé, je m'écoute.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI & MA VIE EXPERT PIERRE ANGEL Psychiatre « La solidarité familiale reste une valeur sûre » Comment ont évolué les relations familiales ? Les relations se contractualisent et la question de l’obligation familiale se renégocie en permanence. Comme on choisit ses amis, on décide de maintenir ou pas le lien avec tel ou tel membre de la famille. Le lien affectif reste très fort, sans être lié à une contrainte. Quelle est la particularité de la solidarité familiale ? Aujourd’hui, surtout dans les grandes villes, il n’y a pas beaucoup d’autres lieux de socialisation que la famille. Toutes les anciennes formes de convivialité ont un peu disparu, comme celle des rencontres à l’église, des relations avec les commerçants, les voisins… Par ailleurs, l’école et le travail sont des lieux de plus en plus stressants. Dans ce contexte, la solidarité familiale reste une valeur sûre. Les liens familiaux sont au départ supposés pérennes, même si on peut décider de 114 FÉMININPSYCHO rôles », explique Marie Anaut, psychothérapeute familiale. Dans son ouvrage Soigner la famille, elle reprend les typologies familiales délimitées par les psychosociologues : les familles appelées « bastions », « compagnonnage », « association » et « parallèles ». Les premières sont très soudées et solidaires, mais elles se méfient des éléments extérieurs à elle. Les familles « compagnonnages », elles, connaissent aussi cette forte solidarité et cohésion interne mais ont une vie sociale qu’elles considèrent comme une ressource positive. Les familles « association » se caractérisent par la prédominance du « je » individuel sur le « nous » familial. Ses membres sont très indépendants et associent leurs ressources pour un temps, avec pour but la réalisation individuelle à l’extérieur. Quant aux familles « parallèles », elles, ne sont pas soudées émotionnellement comme les familles « bastions », mais elles sont un sens très fort du respect de la hiérarchie des rôles familiaux. Elles sont par ailleurs plutôt isolées socialement. En observant ces différentes catégories, on voit bien qu’elles se distinguent par leur capacité à prendre en compte les les rompre. Ils sont inscrits dans notre biologie et sont le fondement de notre psychologie. Dans quels domaines s’exprime particulièrement la solidarité familiale ? La solidarité économique est très importante. Le rôle joué par la famille est également très grand dans l’insertion professionnelle des jeunes. Souvent, quand ils le peuvent, ils profitent du réseau de la famille pour trouver un emploi. Quel est le rôle de la famille élargie (oncles, tantes, grands-parents…) ? Souvent, pour des raisons de distance géographique, on voit très peu les membres de sa famille élargie. Pourtant, c’est une ressource très importante, car ils représentent un fonds commun culturel et social et peuvent jouer un rôle de médiation en cas de problème. Les réunions et les grandes fêtes de famille apportent aussi beaucoup d’oxygène. membres de la famille d’une part et le monde extérieur d’autre part. L’importance donnée au groupe familial et à la vie de famille proprement dite est grande. Si ce temps collectif est négligé, la cohésion familiale risque de s’effriter : « Dans les familles vulnérables, les uns et les autres parlent de sentiments d’urgence, se sentent frustrés de ne pas partager plus de temps ensemble, estiment qu’ils ont toujours trop à faire, et aspirent à une vie plus simple », remarque Pierre Angel. « Petit à petit, ces familles ne sont plus unies que par un sentiment de culpabilité commun. » Mais si prévoir du temps ensemble est indispensable, il faut aussi savoir éviter la « dictature familiale » et créer une communication saine entre les membres de la famille. Une vie de famille harmonieuse Selon qu’elle a été tolérante, ouverte et affectueuse, la famille peut influencer du tout au tout la psychologie et la vie de chacun de ses membres. « Une vie familiale harmonieuse ne se construit qu’avec des individus équilibrés », indique Pierre Angel. En effet, il faut que chacun soit suffisamment heureux dans sa vie personnelle pour laisser la place au dialogue et à PHOTOS : PHOTO ALTO. DR.
l’échange et bannir les rapports de compétition. Accepter la différence est une donnée essentielle pour que la vie de famille soit riche et respectueuse. La solidarité familiale est parfois mise à l’épreuve, par exemple si l’un de ses membres lui confie son homosexualité, qui met a priori un frein à la reproduction de la famille. Dans ces moments-là, l’amour doit être plus fort que les préjugés et les considérations égoïstes. La famille ne doit pas être ressentie par les enfants comme un étau mais au contraire, comme un formidable lieu d’apprentissage. Le but final de l’éducation et de la vie sous le toit familial étant de savoir laisser partir les enfants en toute confiance, quand ils atteignent une maturité suffisante. Même si le fameux « syndrome du nid vide » touche de plus en plus de parents, qui ont peur de se retrouver seuls et de commencer une nouvelle vie sans leurs enfants, cette crainte naturelle ne justifie pas la possessivité. L’amour et la solidarité familiale nécessitent aussi de savoir prendre des distances salutaires. De même, entente, écoute et rapports vrais ne signifient pas intrusion. Certains domaines doivent relever de la sphère individuelle et la famille ne doit pas s’en mêler de manière impudique. Même s’il convient d’informer les adolescents en matière de sexualité, rien n’oblige les parents à leur demander des détails sur leur vie amoureuse et à les juger. CAROLE, 25 ans J’ai perdu ma mère brutalement l’année dernière, suite à une infection nosocomiale. Quand un tel événement survient dans une famille, on est obligé de se réapproprier volontairement des choses qui vont de soi dans la vie courante. J’ai parlé à mon frère comme je ne l’avais jamais fait avant. Une complicité est née entre nous car cette situation de crise dans la famille nous a donné l’occasion d’exprimer des choses plus profondément. Je lui ai dit que je serai toujours là pour lui. Quant à ma sœur, qui auparavant se disputait avec tout le monde, elle est aujourd’hui en quête de stabilité dans ses relations, et particulièrement avec moi. Le fait que je sois une femme et que je sois l’aînée nous a beaucoup rapprochées. De manière générale, nous faisons tous plus attention les uns aux autres. Les fêtes et les anniversaires prennent encore plus d’importance, de même que les petits gestes de la vie quotidienne. On pense à s’appeler directement et régulièrement les uns les autres pour prendre des nouvelles, alors qu’avant c’était notre mère qui faisait toujours l’intermédiaire. Les relations avec la famille élargie se sont également intensifiées. Pour mon père, c’est essentiel de garder le contact avec sa bellefamille et de réaffirmer ces liens. Je crois que dans ces moments-là, la souffrance collective est très importante à vivre. Je sais que j’ai perdu ma mère, mais aussi que mon père a perdu sa femme, ma grand-mère sa fille, ma tante sa sœur etc. « La souffrance collective est importante à vivre » La famille résiliente La vie de famille n’est pas un long fleuve tranquille. L’un de ses membres peut tomber malade ou devenir toxicomane, un décès peut survenir brutalement, les parents peuvent décider de divorcer… Comment faire face ensemble à ces bouleversements ? Pierre Angel décrit dans son ouvrage les « familles résilientes », celles qui savent se mobiliser pour répondre aux problèmes : « Elles donnent un sens à l’adversité et croient en un avenir meilleur. Elles cherchent le salut dans le dépassement ou dans la spiritualité. Elles sont capables de modifier facilement leur organisation, de développer des relations fortes entre parents et enfants, de trouver autour d’elles des appuis, des conseils et, si besoin, des ressources financières. » Ces familles communiquent bien entre elles, se répartissent les tâches et ont une vie sociale riche, qui leur permet de pouvoir compter sur des soutiens extérieurs en cas de coups durs. Ces personnes ressources peuvent être des voisins, des amis, ou des membres de la famille éloignée, qui peuvent constituer un excellent relais, notamment en cas de divorce. Pour ce problème particulier, le soutien des grandsparents est particulièrement important, selon Pierre Angel : « En période de divorce, les grands-parents offrent souvent un soutien considérable et atténuent les tourments des enfants. Ils assurent une continuité rassurante tant matérielle qu’affective ; ils sécurisent l’enfant, le valorisent et lui redonnent l’espoir lorsqu’il traverse des moments de détresse. » Aucune famille n’échappe aux crises, mais certaines, plus vulnérables, éprouvent des difficultés à les régler seules. Les thérapies familiales, qui se sont beaucoup développées ces dernières années, leur permettent de passer ce cap difficile. Leur but n’est pas de désigner un coupable, mais bien de découvrir comment la famille peut mettre en commun ses ressources pour être plus forte. C’est aussi une bonne occasion pour chacun de réaffirmer son amour des siens et sa disponibilité aux autres. Une source de réconfort pour toute la famille. ● À LIRE Le bonheur en famille, psychologie de la vie familiale Pierre Angel, avec Christine Schilte Odile Jacob 330 p., 21,90 €. Soigner la famille Marie Anaut Armand Colin 320 p., 25 €. FÉMININPSYCHO 115



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