Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI ET MOI Quand régime rime avec déprime... Un régime peut mener à la déprime… On l’assimile souvent au manque, à la tristesse. Pourquoi ? Quels mécanismes peuvent faire de ce moment une chose pénible psychologiquement ? Y a-t-il une ou plusieurs raisons à cette possible tristesse durant l’amaigrissement ? Pourquoi la frustration est-elle si mal vécue ? Décryptage avec les docteurs Jacques Fricker et Jean-Michel Cohen, nutritionnistes. Des causes nutritionnelles… « Quand j’ai voulu perdre les quelques kilos que j’avais pris peu à peu sur l’année, j’ai décidé de me tourner vers un régime hyperprotéiné, raconte Élodie, 24 ans. Mais l’organisme me l’a bien précisé : pour suivre le programme, je me devais d’avoir la forme et un mental béton sous peine de tout rater… Heureusement, je suis d’une nature battante, et j’ai tenu le cap. Pourtant, j’ai commencé à déprimer dès les deux premières semaines. J’ai redressé la barre, mais j’imagine que d’autres laissent tomber ! La privation, ça met un coup au moral… » Pour maigrir sans vivre la frustration, il faut un objectif clair 86 FÉMININPSYCHO « Un régime peut faire déprimer pour plusieurs raisons », explique le nutritionniste Jacques Fricker, auteur de Manger pour bien maigrir. Trois causes sont d’origine purement nutritionnelle. « Premièrement cause, le déséquilibre : un régime prolongé, mal équilibré en vitamines et minéraux entraînant la fatigue peut miner. Deuxième cause : être affamé. Ressentir sans cesse la faim est une sensation très désagréable, et peut mener à la déprime. Enfin, certaines personnes sont très sensibles à l’absence de glucides. Or certains régimes les interdisent. Cela entraîne une baisse de la sérotonine dans le cerveau (neurotransmetteur qui intervient au niveau de l’humeur) qui donne une baisse de moral chez certains. Ils se portent d’ailleurs mieux dès qu’ils en consomment à nouveau. » Et des causes psychologiques ! Il existe aussi des causes psychologiques à un moral qui flanche. Le régime « peut être vécu comme triste, et cette notion varie en fonction des personnes. S’il est à base de fruits et légumes, par exemple, il peut paraître excellent au goût pour certains et très mauvais pour d’autres. Ensuite, un régime très compliqué à organiser peut aussi être la source d’un moral en baisse : si faire ses courses prend trois heures, qu’on se sent épuisé par manque d’organisation, on peut en souffrir. Enfin, l’isolement suscité par certains types de programmes peut aussi déprimer en désocialisant. » Ne pas maigrir, ou maigrir trop vite peut être gênant et susciter la morosité. Mais ces raisons sont propres à chacun, nous ne réagissons pas tous de la même façon face à ce genre de situations. Quels régimes dépriment le plus ? Certains régimes risquent plus que d’autres d’être mal vécus sur le plan psychologique. Pour le docteur Fricker, les régimes protéinés dans lesquels on absorbe des sachets sont très contraignants à ce titre. « Le
PHOTOS : IMAGE SOURCE. DR. patient mange en fait des aliments qui n’en sont pas, et est alors frustré par rapport à la saveur. S’en suit une fatigue par le manque de légumes et de fruits. » Les régimes rigides dans lesquels il faut respecter des doses très précises peuvent aussi être source de déprime : ils impliquent d’avoir toujours une balance en sa possession. « L’estime de soi peut aussi se trouver perturbée, si l’écart est présenté dans le programme comme une chose terrible. » « Les régimes restrictifs, c’està-dire descendant au-dessous de 1 100 calories par jour, sont aussi facteurs de déprime, car ils fatiguent », ajoute le nutritionniste Jean-Michel Cohen, auteur de Au bonheur de Maigrir. « Pour maigrir sans vivre la frustration, il faut un objectif clair, il faut que cela apporte un bénéfice, précise Jean-Michel Cohen. Car le problème est que les régimes sont vécus comme des restrictions parce qu’ils se sont parfois imposés aux gens sans que ceux-ci les désirent. » Mais pourquoi vivre la privation de certains aliments comme une frustration ? Le manque crée-t-il obligatoirement le besoin, et la déprime si ce besoin n’est pas comblé ? Tous programmés ! Allons un peu plus loin pour comprendre les mécanismes dont nous dépendons. « Le comportement de certaines personnes vis-à-vis de certains aliments s’avère être similaire à de l’addiction pour des produits considérés comme toxiques ! avance le docteur Jean-Michel Cohen. En fait, il existe vraisemblablement dans les comportements à l’égard des aliments une part qui relève d’une origine biologique, et dont on ne connaît pas le pourcentage exact. » « Naturellement, l’homme a un goût prononcé pour les sucres. Trois hypothèses expliquent ce goût. » La première est de type comportemental : l’homme à l’origine choisissait ses aliments par le goût qu’il en avait. Les aliments qui avaient bon goût et qui ne l’avaient pas rendu malade étaient sélectionnés. « Curieusement, l’aliment le moins mauvais et ayant le goût le plus sucré était le lait, le lait maternel, explique le spécialiste. Le sucré était donc identifiable comme un aliment non poison, bon pour la santé. » Autre explication, biologique : l’homme a besoin d’une quantité de sucre pour vivre. « Il est obligé de s’autoalimenter et de réguler la quantité de sucre qu’il juge nécessaire pour lui d’après des critères biologiques dont nous ne connaissons ni les origines, ni les mécanismes exacts. » Enfin, « la relation psychologique avec le sucre, aliment bienfaiteur, véhicule un environnement protecteur et rassurant », expose le docteur Cohen. « De ces trois explications, on ne sait pas laquelle est la plus valable. Mais on ne peut plus éliminer la possibilité d’une part biologique, des récepteurs qui nous obligeraient à consommer un aliment pour des raisons que nous ne maîtrisons pas. » Pour aller plus loin, le docteur Cohen explique que nous possédons tous " une carte d’identité alimentaire : chacun a été élevé par une famille et dans une région comportant leurs propres habitudes alimentaires, dans un psychisme alimentaire particulier, et dans un contexte socio-économique qui implique un certain type de nourriture. De plus, nous avons nous-mêmes nos propres pulsions vis-à-vis des aliments, et une génétique très spécifique dont dépend la dépense d’énergie. Nous pensons manger ce dont nous avons envie, mais en réalité, c’est faux. " Supplanter notre nourriture par une autre toute différente paraît donc difficile, si on veut le faire sans risque de déprime… Comment faut-il donc s’y prendre pour modifier son alimentation sans en souffrir moralement ? Réponse page suivante ! ● À LIRE Au bonheur de maigrir Jean-Michel Cohen, Flammarion, 356 p., 16 €. Manger pour bien maigrir, Jacques Fricker, Odile Jacob, 234 p., 15 €. FÉMININPSYCHO 87



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