Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 64 - 65  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
64 65
ment nous préserve de l’effort à faire pour nous réadapter ». Quand nous jetons l’éponge avant même d’avoir tenté une rencontre, nous pouvons toujours nous abriter derrière des excuses sur l’inutilité et même l’inintérêt total d’une telle rencontre… Mais soyons honnête : la plupart du temps, nous avons tout simplement peur. Une peur d’enfant, que l’on peut ressentir de manière tout aussi vive à l’âge adulte, celle de ne pas être aimé et d’être rejeté. « Vous vous sentez peu aimable et vous êtes sûr que les autres pensent comme vous. Donc vous avez tendance à vous sentir facilement critiqué ou rejeté. Un rien vous blesse. Vous développez une sensibilité extrême à la moindre remarque, puisqu’elle vient renforcer tout le mal que vous pensez de vous », explique Marie Haddou. Cette réaction témoigne d’une forme de susceptibilité et révèle une vraie souffrance. Le susceptible est fragile et a tendance à « s’auto-exclure ». Il peut ainsi devenir ce qu’Isabelle Nazare-Aga appelle une « personnalité évitante » : « Les personnalités évitantes n’ont pratiquement aucune tolérance à éprouver des émotions fortes surtout d’anxiété ou de tristesse. Elles se réfugient dans l’isolement et dans des rêveries de succès. Le monde imaginaire prend le pas sur la réalité. » En amour, cette attitude se traduit souvent par des fantasmes de princes charmants et un comportement distant avec les hommes dans la vie réelle. A ce propos, Rosine Bramly, conseillère en relation 64 FÉMININPSYCHO PHOTOS : PHOTO ALTO. D.R.
EXPERT MARIE HADDOU Psychologue Qu’est-ce qui en nous peut constituer un frein à la rencontre des autres ? L’attitude des parents – anxieux, méfiants, dévalorisants ou surprotecteurs – peut déclencher un manque de confiance en soi chez l'enfant qui devient incapable d’aller seul vers les autres. Le manque de confiance en soi suscite une peur de dire des choses erronées, banales ou stupides. Ce regard négatif que l'on porte sur soi empêche d’être authentique et de s'exprimer. Pour ces personnes, il faut dissimuler à tout prix les points faibles dont on a honte. Quelles sont les différentes formes de timidité ? La timidité est liée à la peur du regard d'autrui. Les timides ont tendance à interpréter négativement les propos des autres, Être persuadé de sa médiocrité et se tenir à l’écart finit par éloigner les autres humaines et auteur de T’as pas quelqu’un à me présenter ?, affirme : « Il y a des femmes qui restent seules parce que leur objectif d’homme est inaccessible, elles n’ont pas le genre de vie qui va avec, elles sont complètement dans le rêve. Elles veulent un homme tellement merveilleux que de toute manière ça ne peut pas arriver. » Trop d’exigences conduit souvent tout simplement à la solitude. Souvent, c’est une peur de nous-même qui est à l’origine de notre crainte des autres. Plus précisément, une peur d’avoir « Le sentiment d’infériorité, le manque d’assurance suscitent inhibition et repli sur soi » redoutent d’affronter leur jugement critique et de leur déplaire. Ils peuvent passer pour des individus distants, froids, très réservés. La timidité est liée à la peur d'être dévoilé. Le sentiment d’infériorité, le manque d’assurance suscitent inhibition et repli sur soi. Les timides évitent les autres, s'arrangent pour passer inaperçus et se réfugient dans des activités individuelles. Une certaine forme de timidité est liée à la peur de ne pas être à la hauteur et à la honte que cela engendrerait. On ne peut plus réfléchir pour surmonter les difficultés et on perd tous ses moyens, avec tout le cortège des manifestations physiques dues à l'hyper-émotivité : palpitations, tremblements, boule dans la gorge, rougissement, problèmes d’élocution, etc. La timidité peut également être peur ! Les grands timides redoutent terriblement que leur trouble, leur façon de rougir et de bafouiller quand on leur adresse la parole soient remarqués. En effet, l’émotivité et l’anxiété se voient. Chercher à tout prix à les contrôler sur le moment est malheureusement vain, car le corps ne ment pas. Les croyances tyranniques « La tension corporelle, la voix trop basse, le ton hésitant, le regard fuyant créent une distance artificielle entre vous et liée à la peur de s'affirmer, de s'imposer face aux autres, de faire valoir ses droits, d'exprimer et de défendre ses opinions. Ces timides sont persuadés que s'ils s'affirment ou s'opposent, on ne les aimera plus. Ils passent souvent pour des individus faciles à vivre et gentils. Certains affichent un certain mépris des autres. Que cache cette attitude de rejet ? Une peur du lien affectif, qui reflète une angoisse inconsciente d’abandon. Ils attendent tout de l’autre et interprètent la moindre négligence de sa part comme une trahison. Ne pouvant plaire à tout le monde, ils préfèrent rejeter plutôt que d’être exclus. C’est une manière de maîtriser la relation, de se protéger, de ne pas souffrir. les autres », note Marie Haddou. C’est un cercle vicieux, car plus l’on redoute de mal s’exprimer et de trembler, plus la probabilité est grande que cela arrive ! Les grands timides ont donc besoin au minimum d’une préparation à la situation sociale et au mieux, d’un vrai travail psychologique afin d’acquérir un solide socle de confiance en eux. Sinon, le cercle vicieux risque de se reproduire à l’infini. Etre persuadé de sa médiocrité et se tenir à l’écart finit par éloigner les autres. C’est une sorte de mécanique bien rôdée qui se met en place dans l’esprit du phobique social en général – celui qui a peur des autres et des rencontres. Selon Marie Haddou, ce type de comportement viendrait du fin fond de notre enfance : « Bien souvent les parents, les éducateurs transmettent aux enfants des valeurs qui deviennent paroles d’évangile et ont un impact décisif sur leur évolution. Ces valeurs déterminent des attitudes, des pensées figées et rigides. Elles forment un système de croyances tyrannique et sévère à propos de ce qu’on doit être, de ce que doivent être la vie, le monde, les autres ». Si on a toujours entendu ses parents dire « il faut éviter de se faire remarquer » ou « parler de soi est arrogant », il est par la suite bien plus difficile de rentrer véritablement en contact avec les autres... Dans ces cas-là, redécouvrir ses valeurs personnelles pour remplacer ces croyances tyranniques sera le premier pas à faire pour aller vers les autres. ● À LIRE Avoir confiance en soi Marie Haddou J’ai Lu 222 p., 5,30 €. Approcher les autres, est-ce si difficile ? Isabelle Nazare-Aga Éditions de l’Homme 332 p., 20 €. FÉMININPSYCHO 65 PHOTOS : PHOTO ALTO. D.R.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 1Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 2-3Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 4-5Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 6-7Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 8-9Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 10-11Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 12-13Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 14-15Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 16-17Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 18-19Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 20-21Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 22-23Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 24-25Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 26-27Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 28-29Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 30-31Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 32-33Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 34-35Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 36-37Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 38-39Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 40-41Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 42-43Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 44-45Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 46-47Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 48-49Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 50-51Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 52-53Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 54-55Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 56-57Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 58-59Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 60-61Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 62-63Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 64-65Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 66-67Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 68-69Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 70-71Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 72-73Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 74-75Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 76-77Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 78-79Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 80-81Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 82-83Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 84-85Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 86-87Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 88-89Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 90-91Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 92-93Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 94-95Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 96-97Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 98-99Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 100-101Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 102-103Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 104-105Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 106-107Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 108-109Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 110-111Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 112-113Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 114-115Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 116-117Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 118-119Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 120-121Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 122-123Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 124