Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER Aller vers les autres Faut-il être au départ sûr de soi pour rencontrer les autres ou les autres peuvent-ils nous apporter la confiance ? Etre sûr de moi relève pour l’essentiel de ce qui s’est passé en amont dans mon histoire. C’est tout le bagage relationnel que j’ai engrangé dans mon passé, à partir de relations vivantes et « énergétigènes », c’est-à-dire qui engendrent de l’énergie. La confiance que je peux avoir en moi à partir de mes ressources et de mes limites s’appuie sur ma capacité à pouvoir demander, donner, recevoir ou refuser. Ce sont les quatre ancrages les plus importants qui vont inscrire (ou pas) la confiance que j’aurai en moi. Aller à la rencontre des autres nécessite-t-il d’être altruiste ? Jusqu’à quel point ? Etre altruiste relève du « donner » – offrir – et du « recevoir » – accueillir. Cela est lié à notre Ce n’est pas la solitude qui nous permet de mieux nous connaître, mais les rencontres et les échanges 62 FÉMININPSYCHO capacité à nous décentrer de nous-même pour pouvoir nous recentrer sur l’autre, sur sa personne et pas seulement sur notre problème, la capacité à ne pas prendre pour nous tout ce qui vient de l’autre et à pouvoir donner et recevoir sans se sentir amoindri ou insuffisant. En amour, que pensez-vous des rencontres par Internet ? Internet est un outil formidable qui recèle de fabuleuses possibilités d’échanges et de partage. Il me semble cependant aujourd’hui encore mal utilisé, victime de beaucoup de dérives et il peut entraîner de nombreux malentendus. L’amour est un sentiment. Un sentiment qui, à mon avis, ne peut naître de la rencontre « imaginaire » sinon fictive que favorisent les échanges sur l’Internet, dans lesquels les projections sont nombreuses. Les tentatives de séduction ou de présentation favorable de notre personne sont innombrables sur la toile. Et même si, dans un premier temps, cela peut sembler aider ceux qui se sentent timides ou trop peu sûrs d’eux-mêmes, je crois que lorsque la rencontre se fait en face-à-face avec l’apparition de tous les autres langages nonverbaux – qui sont absents sur Internet – tels le regard, la vibration énergétique, l’odeur, la possibilité du toucher, beaucoup de désillusions peuvent apparaître et provoquer des frustrations. Je ne crois pas que les rencontres sur Internet soient une façon d’échapper aux rencontres réelles. À mon sens, il s’agit d’un outil qui peut paraître très utile pour faire des rencontres mais qui finira par se révéler moins précieux que prévu. Faut-il mettre de côté ses exigences et ses a priori pour pouvoir rencontrer l’âme sœur ? La notion d’âme sœur me paraît très survalorisée. Cela veut dire en fait que nous recherchons quelqu’un susceptible de nous accepter inconditionnellement, de nous comprendre et de nous aimer avec nos manques et nos défauts. Il y a trois dynamiques relationnelles aux rencontres amoureuses. La première est « la semblance », quand on paraît aimer les mêmes choses, pratiquer les mêmes activités, ressentir les mêmes émotionsésotériques, musicales ou sensuelles. Cette dynamique débouche sur des relations fusionnelles qui en général ne résistent pas à la sanction de la réalité. La seconde est la complémentarité : l’un a ce que l’autre ne semble pas avoir et cela rejoint notre aspiration à plus de complétude. Enfin, l’antagonisme : on n’est d’accord sur rien, mais c’est justement cela qui stimule chez chacun le maximum de ses ressources. Je crois qu’il est important d’avoir des exigences et d’en témoigner sans les imposer à l’autre et les respecter pour soi en ce qui concerne nos choix de vie, nos valeurs, nos croyances. Faut-il d’après vous passer par une période de solitude pour mieux se connaître avant de faire une rencontre amoureuse ? Contrairement à certaines opinions bien ancrées, ce n’est pas la solitude qui nous permet de mieux nous connaître mais au contraire les rencontres, les partages, les échanges. La pire des solitudes n’est pas d’être seul, c’est d’être un mauvais compagnon pour soi-même. Et rien n’est plus horrible que la solitude à deux ! La vraie question est plutôt comment passer de la rencontre amoureuse limitée dans le temps et l’espace à une relation de couple inscrite dans la durée, dans un projet de vie en commun. Il faut faire preuve d’une capacité à se délier (de ses parents ou d’une relation antérieure) pour pouvoir s’allier avec un(e) partenaire. Il faut aussi être capable de s’engager. Cela veut dire avoir une autonomie affective et matérielle, pour ne pas faire dépendre la satisfaction de ses besoins d’un(e) autre. La capacité à se projeter dans l’avenir, à déposer un rêve de vie chez l’autre avec l’espoir de le réaliser en commun est également importante. Par ailleurs, je pense préférable, après une rupture, de ne pas s’engager trop vite dans une autre relation, pour laisser le deuil se faire et surtout ne pas chercher à « réparer » avec l’autre ce qui est ressenti comme un échec.●
DOSSIER Aller vers les autres D’où viennent nos blocages ? L’être humain est sociable, c’est sa nature première. Pourtant, beaucoup d’entre nous n’osent pas aller vers les autres. Crainte de l’échec et de la déception, timidité, angoisses… Tout est bon pour rester campé sur ses positions, sans prendre aucun risque. Mais de quoi a-t-on peur exactement ? Quels sont les freins qui nous empêchent d’aller vers les autres ? En société, que ce soit au bureau ou en soirée chez des amis, il y a ceux qui sont à l’aise, discutent avec tout le monde, recherchent les nouvelles têtes… et les autres. Loin de représenter quelques brebis égarées, ces derniers sont très nombreux, ils représentent même la majorité des gens. Selon un sondage IFOP cité par Isabelle Nazare-Aga dans son ouvrage Approcher les autres, est-ce si difficile ?, la timidité concernerait 51% de la population française ! Bien sûr, il existe des degrés dans la timidité. Entre le timide qui n’osera jamais adresser la parole à un inconnu, même présenté par des amis, et celui qui, passé un petit moment d’observation, finira par se lancer en tremblant, il existe de grandes différences. Mais ce qui les réunit est cette même peur initiale de l’autre et de l’image qu’il pourrait leur renvoyer d’eux-mêmes. Cette crainte est le plus souvent liée à un manque de confiance en soi, un sentiment d’infériorité temporaire ou permanent. Selon Marie Haddou, dans son ouvrage Avoir confiance en soi, lorsque ce sentiment s’installe de manière permanente, « il envahit la conscience, s’y établit de manière durable et bloque la réalisation des projets ; il paralyse l’activité sous prétexte de l’inefficacité de toute entreprise et condamne à l’inaction et à l’échec ». Faire de nouvelles rencontres est quasi impossible dans un tel contexte psychologique. En effet, pour faire cette démarche, il faut d’abord être au clair avec soi-même. Le manque d’estime de soi pousse Le manque d’estime de soi pousse sans cesse à l’autocritique et à la survalorisation des autres sans cesse à l’autocritique et à la survalorisation des autres. Les questions que l’on se pose sont égocentriques et paralysantes ; elles ressemblent à : qu’est-ce que je peux apporter aux autres ? Suis-je assez attirante ? Assez aimable ? Qu’estce que je peux avoir d’intéressant à dire ? A l’inverse, lorsqu’on est à l’aise avec soi, les questions tournent davantage autour de la personne rencontrée. On se demande quels sont ses centres d’intérêts, ses goûts, ses désirs dans la vie… Rencontrer les autres, c’est aussi savoir s’oublier un peu pour s’ouvrir véritablement à l’altérité. Or, il est impossible de libérer cet espace d’ouverture nécessaire à la rencontre quand on est trop encombré de sa propre image. « La dépréciation de soi laisse trop souvent la place à une inhibition formulée en ces termes : il est inutile de faire quelque chose si on ne le fait pas bien », indique Marie Haddou. Un fatalisme de façade qui cache une grande peur : celle d’être rejeté. Sentiment de rejet Selon Isabelle Nazare-Aga, « aussi paradoxal que cela puisse paraître, ne pas se sentir capable peut comporter le bénéfice de ne pas créer de déséquilibre. En ne déclenchant pas l’action qui aurait une conséquence pourtant désirée, l’absence de change- FÉMININPSYCHO 63



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