Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER 60 FÉMININPSYCHO Aller vers les autres « Nous sommes avant tout des êtres de relation » Pour rencontrer, il faut oser : oser être soi et oser s’ouvrir aux autres. Le psychosociologue Jacques Salomé, spécialiste de la communication humaine, auteur de l’ouvrage « Le courage d’être soi : une charte du mieux-être avec soi-même et avec les autres » (éditions Pocket), nous éclaire sur les enjeux relationnels de la rencontre. Nous vivons dans l’ère de la communication, favorisée par le développement des avancées technologiques. Mais les rencontres sont-elles pour autant facilitées ? Nous vivons surtout une ère de malentendus et d’incommunication, où l’on s’exprime plus mais où paradoxalement on communique moins. Aujourd’hui, la communication est confondue avec la circulation de l’information par des outils technologiques performants tels Internet, le téléphone, la télévision communautaire… Cela favorise les rencontres, mais pas nécessairement les communications vivantes et en commun ni les relations dynamiques et profondes. Les grandes villes sont peuplées de gens seuls et qui en souffrent. Quel contexte favorise les rencontres, d’après vous ? Les lieux de rencontre traditionnels – fêtes familiales, grands événements tels les mariages, baptêmes, anniversaires – qui rassemblaient autrefois beaucoup de monde, restent encore des occasions de brassage et d’échanges très vivants, mais ils semblent se stériliser et s’appauvrir. On se parle moins. Les échanges familiaux et amicaux ont un rival redoutable qui est l’omniprésence de la télévision (les gens la regardent en moyenne 3h20 par jour). Ce qui favorise les rencontres aujourd’hui, c’est la passion pour un sport, l’engagement militant dans une association, dans l’action politique, les fêtes amicales et le temps des vacances. Le cercle familial (conjoint et enfants) peut-il constituer un frein aux rencontres ? Certaines familles sont suffisamment stables, sereines, ouvertes, dynamiques et sont porteuses de stimulations pour pousser chacun de ses membres à s’ouvrir aux rencontres extra-familiales. D’autres sont éclatées, en conflit, centrées sur leurs problématiques et peu ouvertes aux autres, car trop souvent en survie. D’où viennent les peurs qui nous empêchent d’aller vers les autres ? Nous sommes des êtres aux peurs innombrables qui viennent du fin fond de l’humanité, de notre enfance ou d’un présent difficile à vivre. Les peurs qui nous censurent, nous inhibent ou nous paralysent pour aller vers les autres sont liées à des expériences traumatisantes de la petite enfance, quand les personnes significatives de notre passé – maman, papa ou l’entourage proche – nous ont disqualifiés, dévalorisés, culpabilisés au point d’avoir perdu amour, confiance et estime de soi. L’aisance sociale se transmet-elle par l’éducation des parents ? Il ne faut pas confondre le vernis social, donné par les parents de milieux aisés, et l’aisance sociale, qui repose sur des ancrages tels que l’estime et la confiance en soi. Si l’aisance sociale consiste à se sentir à l’aise vis-à-vis d’autrui, ouvert à la rencontre, l’échange ou le partage, je dirais qu’elle est liée moins à l’éducation qu’à un « nourrissement » équilibré des relations significatives de notre histoire. J’appelle « nourrissement bienfaisant » une relation
dans laquelle va circuler plus de messages positifs, valorisants et stimulants que de message toxiques, c’est-à-dire disqualifiants, agressifs ou déstabilisants. Faut-il avoir conscience de sa propre image avant de rencontrer les autres ? La prise de conscience de l’image que l’on donne aux autres est importante, mais non suffisante. Car cette image dépend du contexte, de la façon dont nous nous sentons accueilli, accepté, amplifié ou au contraire rejeté, dévalorisé ou contesté. Si notre besoin d’être aimé ou accepté est très fort, nous risquons de vouloir forcer sur l’apparence, sur le désir de donner à tout prix une image positive de nous et paradoxalement de vouloir nous faire reconnaître pour ce que nous ne sommes pas ! Avec, comme résultat, de ne pas se sentir accueilli, reconnu ou aimé pour ce que nous sommes ! En fait, il semble que nous ayons chacun un quotient relationnel plus ou moins élevé. J’appelle quotient relationnel la capacité à proposer à autrui et à soi-même des relations qui nous permettent de mettre en jeu le meilleur de soi, pour rencontrer le meilleur de l’autre. Quels sont, d’après vous, les bénéfices personnels que l’on peut tirer de nouvelles rencontres ? Nous sommes fondamentalement des êtres de relation. Et toute rencontre, toute relation, a pour finalité de satisfaire l’un ou l’autre de nos besoins relationnels fondamentaux. Le besoin de se dire avec des mots à soi et non des mots en conserve empruntés aux autres ; le besoin d’être entendu dans le registre où l’on s’exprime, et pas dans celui où l’autre croit nous comprendre ; le besoin d’être reconnu pour ce que l’on est et pas seulement au travers de ce qui gêne autrui ; enfin le Il y a dans toute rencontre une part d’inconnu et de mystère qui en fait toute la saveur besoin d’être valorisé, de sentir que l’on a sa place. Face à des inconnus que l’on souhaite aborder, doit-on rester naturel au risque de ne pas savoir quoi dire ? Vouloir être naturel dans toute rencontre me semble relever de la fiction. Toute rencontre crée une interaction imprévisible, non seulement dans l’ici et maintenant de l’échange, mais aussi au travers du retentissement, de l’impact, de la résonance de ce que va représenter l’autre pour moi, à travers la façon dont il se présente, ce qu’il dit ou ne dit pas, de ce qu’il fait ou ne fait pas. A l’inverse, se « préparer » ne vise qu’à se rassurer faussement, car il n’est pas possible de vouloir maîtriser à l’avance ce que l’autre va toucher en soi ! Il y a dans toute rencontre une part d’inconnu et de mystère qui en fait toute la saveur. Rencontrer trop de personnes peut-il être nuisible ? Ce n’est pas nécessairement nuisible, mais cela risque d’appauvrir la qualité de l’échange. La dispersion ne favorise pas l’approfondissement. La saturation liée à des rencontres multiples n’est pas bonne pour aller loin dans la connaissance de soi et de l’autre. FÉMININPSYCHO 61 PHOTOS : PHOTO ALTO. D.R.



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