Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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ne est à distinguer d’autres liens de même type. Ainsi, la bienveillance, la camaraderie, la fraternité, peuvent faire partie de l’amitié mais ne suffisent pas à la caractériser. Pas plus que la sociabilité, ou la convivialité, qui relèvent elles de comportements sociaux et non de liens interpersonnels. L’affection que nous portons aux membres de notre famille est également de nature différente, même s’ils jouent parfois pour nous le rôle d’amis. Et si à l’évidence l’inimitié, la misanthropie, l’indifférence, la condescendance, ne peuvent cohabiter avec un sentiment d’amitié, le fait de ne pas les ressentir ne saurait signifier que l’amitié est là. Un peu ironiquement, Montaigne résume dans ses Essais : « Ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion et commodité ». Autant dire qu’on est ami avec celui qu’on a choisi, ou qu’un heureux concours de circonstances a mis sur notre chemin au bon moment. « Parce que c’était lui, parce que c’était moi... », et inversement ! Que nous apportent nos amitiés ? Même si nous les rencontrons par hasard, nos amis nous sont indispensables. Pourquoi ? D’abord parce qu’ils nous renvoient une image de nousmême. Et aussi parce que les sentiments que nous leur portons sont une autre version de ceux que nous nous portons. Aristote l’exprimait déjà : « Les sentiments affectifs que nous ressentons à l'égard de nos amis […] semblent bien dériver des relations de l'individu avec lui-même ». Il n’est qu’à considérer nos inimitiés pour s’en convaincre : le contraire de ce que nous sommes ne nous inspire que rarement un sentiment positif. Pour autant, l’autre doit-il prendre une 48 FÉMININPSYCHO Distinguer le vrai du faux Il est généralement admis que l’amitié se reconnaît aux relations de partage et de confiance qu’on entretient avec autrui. Deux sentiments qui induisent le soutien, la sincérité, et la fidélité en toutes circonstances. Éléments qui – dans l’absolu du moins – permettent de distinguer entre les vrais et les faux amis. Car il est fréquent de confondre l’amitié véritable avec la seule affection, la connivence d’intérêt, ou le simple plaisir d’être ensemble qu’on connaît heureusement souvent. Ce qui justifie que l’amitié soit exigeante : « Deux variables semblent avoir un rôle déterminant sur les relations d'amitié : la proximité et la similitude », précise Jean Maisonneuve dans Psychologie de l'amitié. Thème fréquemment repris en littérature comme au cinéma, la mise à l’épreuve de l’amitié reste un des seuls moyens de la reconplace plus importante dans notre cœur que celle que nous nous accordons ? Le philosophe pose que « l’homme vertueux a le devoir de s’aimer lui-même, ce qui ne l’empêche pas de donner sa vie pour ses amis. » En d’autres termes, le regard de l’autre ne peut durablement remplacer celui que nous nous portons. « Le sage se suffit à lui-même, précise Sénèque, tout en souhaitant avoir un ami » (Lettres à Lucilius). Plus largement, l’amitié est naturellement source de confort affectif. En outre, elle stimule l’individu qui, pour mériter l’amitié et l’entretenir, cherchera à s’améliorer au contact de l’autre. « Le propre de l’amitié est de stimuler les facultés des partenaires qu’elle rend alertes et inventifs, aptes à réunir leurs ressources et à se compléter mutuellement », synthétise le poète Emerson. Stimulante affectivement, moralement, intellectuellement, l’amitié est perçue comme la relation la plus riche qui se puisse être. D’autant que, con- trairement à l’amour, elle accepte différences et contradictions, notamment sociales. naître : c’est malheureusement au hasard des coups durs qu’on apprend à compter ses « vrais » amis. Le reste du temps, l’ami véritable se distingue à sa présence affectueuse, à son respect de notre intimité, au soutien qu’il sait nous apporter, à la confiance réciproque que nous nous portons. Dans la limite fixée par cet engagement d’amitié qui n’a certes rien de légal, mais est tacite, tout en morale. On le devine aisément, cette qualité de sentiment est rare, et c’est la raison pour laquelle ne se compter que peu d’amis n’est pas une tare, au contraire. Cela ne fait que témoigner de ce qu’on apprécie la qualité de ce précieux cadeau. ● À LIRE Psychologie de l’amitié Jean Maisonneuve. PUF, coll. Que sais-je ? 128 p.8 €. La force de l’amitié Jan Yager. Payot. 308 p.20 €.
DOSSIER 49 FÉMININPSYCHO L’amitié en question Les amitiés au fil de la vie Au fil de la vie et des rencontres, nos amis se diversifient. Venant d'horizons différents, ils nous permettent d'accorder les différentes facettes de notre personnalité. Entre complicité, solidarité, créativité, enrichissement, l'amitié a de multiples visages, dont on est encore loin de connaître toute la richesse… Bien sûr, certains amis de longue date peuvent à eux seuls vous apporter tout ce que vous recherchez. Mais force est de constater que la plupart du temps, chacun de nous lie des amitiés renouvelées au gré des chemins diverses qu'il traverse. Ami d'enfance, de coup dur, de boulot ou ami de passion, voir de réflexion, chacun d'eux s'inscrit dans des espaces et des moments de vie différents, en apportant avec eux la pierre qui prendra place sur l'édifice de l'Amitié. L’ami d’enfance, une rencontre vitale « Tu te rappelles la trouille bleue qu'on a eue, quand on s'est fait piquer en train de manger les fraises dans le potager du voisin ? », malgré les dix années qui se sont écoulées, Claire et Laetitia s’en rappellent. Car ces souvenirs, un peu à la manière de la madeleine de Proust, déclenchent encore des émotions fortes. Comme le souligne le psycho-analyste Jacques Fradin, si nous gardons des souvenirs intacts de ces époques, c'est parce que « ces amitiés jouent un rôle fondamental dans la structuration de l’identité. Les amis d'enfance permettent de s'assumer librement, sans parent ». Ainsi grâce à eux, on se construit un univers bien à part ! Un univers fait de bonnes ou de mauvaises notes, de petits mots passés en douce, de bavardages qui ne veulent rien dire, de fous rires interminables et de confidences. La célèbre psychanalyste Françoise Dolto met très bien en image cette période de la vie, durant laquelle l'amitié est si importante. Pour elle, les enfants sont comme les homards, quand ils changent de carapace et perdent l’ancienne : Ils restent un moment sans défense. Du coup, ils se tournent vers ceux qui traversent la même expérience qu’eux. Avec l’ami, on se retrouve. Il vous tend le miroir dans lequel on se reconnaît et on s'aime mieux. Car cette mue bouleverse : Vous vous trouvez moche, bête ou trop timide. Êtes-vous normal ? Les réflexions des copains vous rassurent. Ils pensent comme vous, ils vivent comme vous, ils sont comme vous… L’ami de galère, avec lui on se sert les coudes Sans cette personne, comment auriez-vous trouvé la force de résister ? Pendant la guerre, la maladie, le décès, l'échec ou la souffrance… cet ami-là est resté, avec fidélité, sincérité, compassion et solidarité. Avec cet ami, il n’est plus question de ruser, de faire semblant… C’est le sujet du film de La fracture du myocarde. Suite au décès de la mère de l'un d'eux, une bande d'amis fera tout pour empêcher, que leur ami n’aille dans un foyer ou une famille d’accueil. C’est aussi l’histoire du film de La déchirure, histoire d’amitié qui se noue entre un jeune anglais et un Cambodgien pendant le génocide des Khmers rouges. Elle est si forte que chacun serait près à donner sa vie pour l'autre. Ces circonstances extrêmes dénudent l’être et le rendent à sa vérité essentielle, dirait Camus. « C’est dans l’épreuve qu’on reconnaît ses amis », synthètise la sagesse populaire. En tout cas, c’est dans ces moments-là de « fracture » ou de « déchirure », qu’on connaît aussi les meilleurs moments de l’humanité. Becon disait : ce qu'il y a de beau dans l'amitié, c'est qu'elle « multiplie les joies et divise les peines de moitié ». L’ami de boulot, avec lui efficacité et épanouissement On entend quelquefois certains désirer très fortement des passerelles entre vie professionnelle et vie privée, pour rendre la FÉMININPSYCHO 49



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