Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER L’amitié en question L’amitié contribue à donner un plus grand sentiment d’identité 46 FÉMININPSYCHO d’avoir trop de demandes visà-vis de l’autre. Quelle est la part de l’ego dans l’amitié ? L’amitié contribue en général à donner un plus grand sentiment d’identité. Si mon amie me trouve performante, si elle m’encourage, je suis confortée dans mon sentiment d’identité. C’est un peu comme le miroir dans Blanche Neige, à qui on demande qui est la plus belle. Quelquefois l’amitié, ça sert à ça. Le rôle d’un ami n’est-il pas aussi d’être sincère ? La sincérité peut être un facteu d’éloignement. Dans l’amitié, on recherche le partage et quand on est en désaccord, il faut savoir le faire entendre pour faire avancer l’autre. Mais il y a certains mots qu’il ne faut pas se dire. Certains amis s’y prennent d’ailleurs mieux que d’autres pour faire passer leur message et se faire écouter. D’après votre ouvrage, l’amitié peut aussi servir « d’abri » pour se protéger du tourment amoureux… Oui, par exemple après un coup de foudre, quand on est en pleine folie fusionnelle. Pour ne pas sombrer dans la confusion, on a besoin d’un ami pour nous épauler. On peut le mettre dans la confidence ou pas, mais il est là. Que nous apprennent sur nous-mêmes les ruptures en amitié ? Le moment de la rupture en amitié est en général l’aboutissement d’un processus de détachement qui commence plus tôt. On prend conscience que si l’on a suivi des voies différentes, c’est parce qu’en réalité, on n’avait pas les mêmes aspirations. Parfois, ce sont les parents qui interviennent dans nos choix de vie et qui nous font dévier d’une voie commune avec notre ami. Quelqu’un ou quelque chose vient faire coupure. L’amitié homme-femme sans sexualité peut-elle exister ? L’amitié homme-femme est possible si chacun est par ailleurs satisfait sexuellement. Ou alors si les personnes en question n’ont plus la même exigence vis-à-vis des relations sexuelles. Un homme et une femme à la fin de leur vie par exemple. Quel est le rapport entre psychanalyse et amitié ? La psychanalyse apporte à l’amitié le temps de la réflexion. On retrouve « l’enfant en soi » et on a un lien d’amitié avec lui, qu’on étend à nos amis d’enfance, car ils ont partagé cette période-là. Même si on garde des mauvais souvenirs de son enfance, on peut redevenir son propre ami, grâce à la psychanalyse. ● PHOTOS : DYNAMIC GRAPHICS.
DOSSIER L’amitié en question L’amitié : un besoin ou une force ? « Parce que c’était lui, parce que c’était moi », expliquait Montaigne à propos de son amitié pour La Boétie. Une célèbre citation qui résume bien la situation : l’amitié naît, vit, parfois meurt, sans qu’on ait toujours l’occasion de se demander pourquoi. Ni l’envie. Mais l’amitié est là. Comment ? Pourquoi ? Plurielle, riche, complexe, éternelle… L’amitié supporte tant d’adjectifs qu’il serait vain de vouloir la résumer en quelques mots. En réalité, la question de l’amitié a été explorée depuis l’Antiquité, à travers la philosophie, la littérature, et plus récemment la sociologie et la psychologie. Au moins ! Car à titre privé, il nous est à tous arrivé de méditer sur nos amitiés. Alors qu’en est-il ? Qu’est-ce que l’amitié ? Dans son Éthique à Nicomaque, Aristote est le premier à tenter de définir l’amitié en tant que concept. Il emploie le terme grec de philia, traduit en français par un sentiment d’affection, sociabilité en général ou encore altruisme. À cet égard, on peut entendre que l’amitié est un lien réciproque d’affection, un partage de valeurs, et une certaine forme d’égalité présupposée par ces sentiments. « La parfaite amitié est celle des hommes vertueux et qui sont semblables en vertu », synthétise Aristote. Mais peuton pour autant affirmer que deux individus « semblables en vertu » seront nécessairement amis ? Assurément, cela demande réflexion. Car au-delà de la conceptualisation, de l’idéal décrit par le philosophe, l’amitié se teinte de nuances qui la font parfois confondre avec l’expression d’une simple sociabilité. Ou au contraire avec un idéal inaccessible de relation accomplie et pleinement heureuse. Or à bien explorer et les écrits, et notre vécu, il apparaît qu’elle est souvent entre les deux… Toute affection ou préférence marquée pour quelqu’un n’est pas forcément une amitié. Tout soutien apporté par autrui n’est pas nécessairement une marque de son amitié. Tout partage de valeurs ne suppose pas obligatoirement la naissance de l’amitié. Peut-être alors faut-il plutôt chercher du côté de ce qu’elle n’est pas… Qu’est-ce que n’est pas l’amitié ? Si elle est un sentiment électif, fort, exigeant, positif, l’amitié au sens ancien comme moder- L’amitié joue-t-elle un rôle social ? ès lors qu’on admet que l’amitié peut transcender les différences, on lui reconnaît une vertu sociale. Dans sa D « Psychologie de l’amitié », qui fait référence sur l’acception moderne du terme, Jean Maisonneuve évoque la « dimension éthique » de l’amitié, et rappelle en outre l’évolution de ce sentiment à travers l’histoire et les lieux. L’idée de don de soi contenue dans le sentiment amical relève par exemple d’une vertu reconnue socialement. Selon les époques, l’amitié est plus ou moins évoquée : vertu politique dans l’Antiquité, elle s’efface au XIX e siècle au profit de l’intérêt porté à la famille. Et revient en force à l’heure actuelle : « L’amitié jouit aujourd’hui d’une prégnance spécifique, alors que les repères collectifs tendent à se brouiller », précise Jean Maisonneuve. Longtemps réservée aux hommes, du moins dans les esprits, l’amitié a par conséquent durablement été soupçonnée de dissimuler un sentiment amoureux, sensuel, dans le cas des femmes. Cette fameuse « amitié virile », indéboulonnable, fait encore florès : quel homme n’a pas un bon copain, un ancien du régiment, un binôme de l’Université ? Et quelle femme n’a d’ailleurs pas sa « meilleure amie » avec laquelle la pudeur tombe parfois davantage qu’avec son conjoint ? Dans l’espace individuel comme dans l’espace social, l’amitié est une valeur qui rend sympathique. Normal, en somme. FÉMININPSYCHO 47



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