Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 44 - 45  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
44 45
DOSSIER L’amitié en question N’idéaliserions-nous pas trop l’amitié ? L’amitié est selon vous la chose au monde la mieux partagée. Pourquoi ? On a tous une expérience de l’amitié, parce qu’elle est spécifiquement humaine. Le premier âge de l’amitié est celui de l’accès à la parole, vers 2 ou 3 ans. Elle passe par les échanges de paroles et va avec la socialisation, la rencontre avec l’autre et la sortie du milieu familial. C’est une expérience incontournable dans la vie, même si certains ont plus d’amis que d’autres. Les amitiés d’enfance souvent nous marquent à vie. Pourquoi sont-elles si importantes ? Ce sont nos premiers liens sociaux. À cet âge-là, se faire des amis, c’est pouvoir supporter la séparation avec la mère et Il y a des zones secrètes dans l’amitié qu’on n’aborde pas 44 FÉMININPSYCHO Pour la plupart d’entre nous, avoir des amis est une donnée essentielle de la vie. Mais s’est-on déjà interrogé sur ce que le choix de nos amis dit de nous ? Nos amitiés révèlent aussi qui nous sommes. Danièle Brun, dans son ouvrage « La passion dans l’amitié », paru chez Odile Jacob, nous éclaire sur les contours et les enjeux de l’affection amicale. aller à l’école avec plaisir. Les amitiés d’enfance sont aussi l’occasion de pouvoir exprimer des sentiments positifs, différents des rapports de rivalité avec les frères et sœurs. Dans votre ouvrage, vous expliquez qu’un enfant peut choisir ses amis en vue de satisfaire l’idéal de la mère… Certains enfants ont l’impression qu’ils ne sont pas à la hauteur de ce que leurs parents attendent. Donc ils ont tendance à choisir un ami qui travaille bien à l’école si eux n’y arrivent pas, qui fait du sport si leur mère est douée dans ce domaine... Cela ne veut pas dire que ce sont des amitiés qui durent longtemps ! Mais en contrepoint de l’amitié, il y a toujours des images parentales. L’amitié accompagne les moments clés de l’existence. Quelles sont les spécificités des amitiés à l’adolescence et à l’âge adulte ? L’amitié à l’adolescence c’est le partage, l’approche de la vie sexuelle… On a souvent besoin d’en parler à cet âge-là. Il y a également une dimension de connivence et de complicité contre les valeurs transmises par la famille, les idées reçues. On ne les oublie pas totalement, mais on a besoin de les remettre en question. C’est aussi le partage simple d’une activité commune, comme les jeux vidéo, sans avoir besoin de se faire des confidences. Pour pouvoir s’accepter dans leur corps et être bien dans leur peau, les adolescents ont besoin d’avoir des amis. Après, à l’âge adulte, la vie de couple à tendance à changer la donne. On a d’autres amis que l’on rencontre ailleurs. Il y a moins de lieux pour cela, et les amitiés se nouent surtout au travail ou autour des enfants. Comment choisit-on ses amis ? Le choix se fait sur une rencontre qui nous satisfait. On a l’impression que l’on est d’accord sur des points essentiels de l’existence et on n’a pas forcément besoin de se les expliquer. Le sens de l’honnêteté, que l’on sent immédiatement ou pas chez l’autre, est très important aussi. Que peut révéler sur nousmême le choix de nos amis ? Un souci de la différence ou du semblable. Est-ce que je m’intéresse à quelqu’un qui est comme moi, qui vient du même milieu, a la même vie ou est-ce que je suis attiré par les gens très différents de moi ? Est-ce que je préfère que mon PHOTOS : DYNAMIC GRAPHICS. D.R. a v r r C r f d p f m a c V g d l a I p n c ci p t m b c l v d T pr l c d s L d c s L l a r f u a I s m l m d n
PHOTOS : DYNAMIC GRAPHICS. D.R. ami soit plus jeune ou plus vieux ? On choisit ses amis par rapport à des images intérieures qu’on ne connaît pas. C’est souvent lié à des expériences de vie. Imaginez une famille avec plusieurs enfants dont l’un a un handicap. Il se peut que sur la fratrie, l’un des frères et sœurs trouve justement en dehors de la famille un ami handicapé, pour réparer sa culpabilité. Vous parlez dans votre ouvrage des « assises œdipiennes de l’amitié » : c’est l’idée que l’on peut faire de son meilleur ami un parent idéal… Il arrive souvent que les patients prennent leur psychanalyste pour leur ami. Quand c’est le cas, ils le considèrent comme une sorte de parent idéal, qui comprend tout, qui peut tout entendre et en même temps tout pardonner. De manière générale, on idéalise beaucoup l’amitié. On a beaucoup trop d’attentes, comme si l’ami devait être le sauveur universel. C’est ainsi qu’on subit de nombreuses déceptions. Tout le monde sait que ça ne se passe pas comme ça dans la réalité, mais on n’arrive pas à l’admettre, parce que l’amitié, c’est très sécurisant. On attend d’elle qu’elle dure alors qu’on sait que l’amour, ça peut passer. Les amitiés se font et se défont au gré de la vie et des changements de cap. Qui sont alors les « vrais amis » ? Les vrais amis sont ceux avec lesquels on a partagé les années d’enfance et qu’on retrouve dans les moments difficiles : un chagrin, un deuil, une mauvaise passe. Avec ces amis, on retrouve son enfance. Ils peuvent aussi apporter la sécurité et un accompagnement dans des moments de l’existence où l’on sort de son milieu familial (à l’université, dans le monde professionnel…). Les amitiés féminines et masculines ont-elles selon vous des caractéristiques différentes ? Les amitiés d’hommes sont davantage axées sur la complicité, à l’exclusion des femmes. Ils ont besoin d’être « entre hommes ». Même si dans notre monde moderne, de plus en plus de femmes disent aimer organiser des sorties entre elles, je pense que les hommes en sont moins exclus. Les femmes se font plus de confidences que les hommes, qui se satisfont souvent de se rencontrer, d’être ensemble et de s’épauler mutuellement. Quels sont les tabous de l’amitié ? Il y a des zones secrètes dans l’amitié qu’on n’aborde pas, parce que l’autre ne veut pas s’engager sur ce terrain-là. Il faut tenir compte des limites de l’autre et de ses zones d’ombres. Même si on lui fait plutôt confiance, on peut avoir peur que notre ami répète nos confidences. La jalousie peut-elle intervenir dans l’amitié ou lui est-elle fatale ? Dans une amitié, on essaie de mettre de côté sa jalousie, parce qu’on est moins « pris au corps » que dans l’amour. La rivalité entraîne un risque de devenir des frères ennemis. Mais on ne maîtrise pas tous les mouvements d’une amitié. On peut ressentir de la tendresse pour un ami et en même temps de l’hostilité à certains moments. En tout cas, le plus grand danger en amitié, c’est FÉMININPSYCHO 45



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 1Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 2-3Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 4-5Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 6-7Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 8-9Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 10-11Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 12-13Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 14-15Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 16-17Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 18-19Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 20-21Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 22-23Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 24-25Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 26-27Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 28-29Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 30-31Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 32-33Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 34-35Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 36-37Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 38-39Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 40-41Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 42-43Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 44-45Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 46-47Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 48-49Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 50-51Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 52-53Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 54-55Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 56-57Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 58-59Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 60-61Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 62-63Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 64-65Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 66-67Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 68-69Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 70-71Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 72-73Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 74-75Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 76-77Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 78-79Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 80-81Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 82-83Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 84-85Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 86-87Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 88-89Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 90-91Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 92-93Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 94-95Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 96-97Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 98-99Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 100-101Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 102-103Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 104-105Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 106-107Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 108-109Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 110-111Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 112-113Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 114-115Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 116-117Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 118-119Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 120-121Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 122-123Féminin Psycho numéro 40 nov/déc 2007 Page 124