Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER L’INTERVIEW 32 FÉMININPSYCHO Réussir à changer « Ce qui permet de ch c’est un vrai projet » De nombreuses personnes déclarent vouloir changer, mais parmi elles, combien le font vraiment ? Entre rêve de changement et réalité d’un projet concret, les enjeux sont bien différents. C’est l’opinion que défend Michèle Declerck, psychologue et auteur de « Peut-on changer ? Pourquoi, comment et à quel prix ? », paru aux éditions Eyrolles. Le désir de changement est-il positif, selon vous ? Oui, car cela peut provoquer un mouvement de prise de conscience. Mais le désir de changer cache souvent une espèce de mal-être, d’ennui, de mécontentement et de frustration mêlés. On a l’impression d’avoir raté quelque chose et on rêve en se disant qu’ailleurs l’herbe est plus verte. Ces envies de changements sont un peu stériles car elles n’en restent souvent qu’au stade du rêve et de l’utopie. Que faut-il faire pour changer vraiment ? Il faut s’en donner les moyens. J’ai rencontré dans ma pratique des personnes qui ont entamé cette démarche et qui ont réussi, comme Laurence, assistante de direction dans un grand groupe multinational, devenue artiste peintre. Cette jeune femme, au départ mal dans sa peau, a réussi à changer de métier parce qu’elle a su identifier clairement son malaise dans son travail, mais aussi parce qu’elle avait du talent pour la peinture et qu’elle a réfléchi aux conditions possibles pour exercer ce nouveau métier. Comme Laurence, toute personne désirant changer de métier ou de vie doit se demander d’abord pourquoi, qu’est-ce qu’elle peut faire pour changer et comment elle peut mettre ce désir en actes. C’est la seule attitude qui permette un véritable changement. Pour envisager le changement, il faut une grande diversité de modèles Que risque-t-on si l’on entreprend de changer sans adopter cette démarche ? Le changement est un processus qui se met en marche. Il ne s’agit pas de partir sur un coup de tête dans une île déserte sans bagages. Dans le cas d’une personne qui désirerait changer de profession parce qu’elle en a assez de la sienne, si elle claque la porte sans rien prévoir, elle risque de très vite déchanter. Lorsqu’on désire changer de travail, il faut prendre le temps de faire un bilan de compétences, éventuellement prévoir une formation, voire économiser une certaine somme, etc. Pour tout changement, il est capital de prendre le temps de la réflexion et de l’introspection. Sinon, il s’agit d’une fuite sans issue qui risque de nous ramener à notre point de départ. Où que l’on aille, on s’emporte toujours avec soi et si l’on n’a pas réglé ses problèmes avant de partir, on risque de se condamner à répéter les mêmes échecs dans d’autres circonstances. Quelles qualités faut-il avoir pour être capable de changer ? Il faut de l’intelligence, c’est-àdire une capacité à envisager les choses de manière différente. En d’autres termes, l’ouverture d’esprit, la créativité et l’intelligence émotionnelle aident à se rendre compte qu’il y a des gens qui vivent d’une autre façon que nous et qu’il est donc possible d’agir et de vivre autrement. Est-ce que l’éducation joue un rôle dans cette capacité à envisager le changement ? PHOTOS : ABLESTOCK. D.R.
anger, Oui, car pour cela, il faut avoir une grande diversité de modèles. Or, certains parents donnent à leurs enfants une éducation tellement stricte qu’ils ont l’impression qu’en dehors de ce modèle familial, il n’y a pas de salut. Par ailleurs, quand les familles portent sur leur enfant des jugements péremptoires, du genre « de toute façon, tu ne feras jamais rien de ta vie », il peut développer une névrose de répétitions d’échecs. Les familles trop laxistes peuvent, elles aussi, influencer négativement la capacité de changement d’un individu. En effet, lorsqu’on fait croire à un adolescent que tout est permis, qu’il n’y a aucune règle, celui-ci risque de rencontrer des résistances au changement à l’âge adulte. Pourquoi, de manière générale, est-ce si difficile de changer ? Parce que le poids des habitudes est le plus fort chez la plupart d’entre nous. L’habitude est inscrite dans le corps, car nous avons tendance à répéter les mêmes choses chaque jour. Notre part consciente et réfléchie est très faible comparée aux habitudes. Par ailleurs, l’entourage peut lui aussi être un frein au changement. Comment les proches et les amis peuvent-ils nous aider à changer ? Il est difficile de trouver seul la clé pour identifier son désir de changement et réaliser l’introspection nécessaire. L’aide d’un psychothérapeute peut alors être utile. Mais les proches ne sont vraiment pas bien placés pour nous aider car vous faites partie de leurs habitudes. Les amis ne sont pas objectifs car ils possèdent un filtre pour vous voir. En réalité, c’est souvent une nouvelle rencontre ou un élément extérieur comme un livre ou un film qui provoque le déclic. Ce qui joue, à ce moment-là, c’est l’envie d’identification. On a soudain envie de ressembler à une personne qui a un comportement, un métier, une vie ou une façon de penser différents des nôtres. Mais le désir de changement peut aussi être enclenché par une rupture amoureuse ou familiale. Parfois, il faut savoir s’éloigner d’une famille étouffante ou d’un couple pesant pour rompre avec une habitude et rencontrer le désir de changement. Comment changer de comportement en amour ? Ce qui est certain, c’est que l’on ne peut pas changer tout seul. Un couple doit changer à deux, car le partenaire a été entraîné à répondre à notre comportement et à nous voir d’une certaine façon. Les deux personnes doivent donc décider de changer en même temps, de leur plein gré. Je tiens à rappeler que vouloir changer l’autre sans se remettre en question soi-même est une totale illusion vouée à l’échec. C’est une attitude malheureusement assez répandue parmi les femmes... Comment envisager avec détermination le changement ? À l’heure actuelle, la vulgarisation médiatique nous laisse croire que l’on peut tout changer facilement, notamment grâce aux techniques modernes, comme la chirurgie esthétique. C’est une illusion et on le voit bien avec la recrudescence des dépressions. Ce qui permet le changement, c’est un vrai projet. Il ne s’agit pas de changer pour être quelqu’un d’autre, mais pour se réaliser, en faisant des choses. ● É FÉMININPSYCHO 33



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