Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
Féminin Psycho n°40 nov/déc 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°40 de nov/déc 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 29,7 Mo

  • Dans ce numéro : s'ouvrir aux autres.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI ET MON COUPLE Vivre avec un déprimé Comment réagir ? Quand on vit à deux, lorsque l’un bascule dans la dépression, c’est le couple qui vacille. Comment aider l’autre, qui semble soudain si loin de nous ? Une épreuve difficile mais à laquelle il est possible à résister ensemble, avec patience, amour et l’aide d’un psy. Lorsque Pascal est « tombé en dépression, j’avais l’impression qu’il était déconnecté de la vie. Il ne m’aidait plus dans les tâches quotidiennes, ne prenait aucune initiative et n’avait plus envie de rien, pas même de moi », confie Jasmine, 27 ans. L’absence de désir, la lassitude et l’incapacité de faire des projets sont caractéristiques de l’état dépressif. Les pertes de sommeil et d’appétit accompagnent souvent ces symptômes. Progressivement, vous remarquez qu’il s’isole de plus en plus et vous ne parvenez plus à communiquer normalement avec lui. Vous êtes face à un mur de tristesse et de découragement. Comment réagir face à un tel bouleversement dans la vie de son partenaire et de son couple ? Lui redonner le goût des plaisirs anciens pour l’aider à reprendre contact avec la vie 12 FÉMININPSYCHO Souvent, c’est d’abord l’incompréhension qui domine. La dépression a beau être une maladie très répandue dans notre société, quand elle s’abat sur un proche, on ne sait pas forcément la reconnaître comme telle. Qu’est-ce que j’ai fait ? Face à la tristesse profonde de son partenaire, l’autre a tendance à culpabiliser. « Qu’est-ce que je lui ai fait ? Est-ce qu’il ne m’aime plus ? » sont des questions qui peuvent venir naturellement à l’esprit du conjoint, seul face à une situation qui le dépasse et le blesse. D’autant que la baisse de la libido chez le déprimé peut être interprétée, à tort, comme un rejet amoureux. « Il me repousse presque à chaque fois quand je lui fais comprendre que j’ai envie de faire l’amour. Il est dans sa bulle et il le vit comme une agression. Moi, je suis souvent frustrée et en colère, j’ai l’impression d’être rejetée », explique Delphine, 30 ans. Face à l’apparente indifférence de son conjoint, la confiance en soi est facilement ébranlée. Résultat : on met les pieds dans le plat ! En effet, l’agressivité, la volonté de « secouer » son partenaire pour qu’il se réveille sont en effet les pires moyens pour restaurer l’équilibre perdu. On voudrait lui dire de se bouger, d’arrêter de s’écouter, de penser un peu aux autres. « Toutes ces attitudes montrent en fait que nous mettons le déprimé à distance, que nous voulons éviter de l’approcher dans sa souffrance. Elles témoignent surtout de nos mécanismes de défense vis-à-vis de la dépression », explique Dominique Barbier, psychiatre et auteur de La dépression. La plupart du temps, malgré la colère et la frustration, on a envie d’aider son partenaire déprimé à s’en sortir. Oui, mais comment ? Redonner le goût des plaisirs « La dépression est un état pathologique qui transforme la personne. Il ne faut pas agir avec elle comme si elle était en possession de toutes ses capacités habituelles », souligne Bernard Granger, psychiatre et professeur de psychiatrie à l’université René Descartes à Paris. Il faut donc être patient et ne pas mettre son partenaire déprimé face à sa propre impuissance. Toutefois, il est toujours possible d’agir, avec délicatesse. « Il faut parfois inciter l’autre à sortir. Même si au départ un déprimé n’a envie de rien, quand il démarre une activité, il peut commencer à se sentir mieux », indique Bernard Granger. Pourquoi ne pas lui proposer des billets pour un spectacle, un restaurant ou un dîner avec ses meilleurs amis ?
Redonner le goût des plaisirs anciens est une bonne stratégie pour l’aider à reprendre contact avec la vie. Et s’il retrouve le sourire, faites-le lui remarquer ! « Soulignez les changements positifs, mêmes minimes, que vous constatez. C’est une façon de jalonner l’évolution du déprimé », explique Dominique Barbier. Éviter l’isolement Une dépression est une maladie qui se soigne, soit par des médicaments prescrits par le psychiatre, soit par une psychothérapie, ou les deux. Rencontrer le psychiatre ou le EXPERT DOMINIQUE BARBIER Psychiatre et psychanalyste Dans un couple lorsque l’un est dépressif, l’autre peut-il l’aider ? C’est tout à fait possible, même si la dépression est une épreuve pour tous les deux. Le déprimé ne se fait pas plaisir et presque rien ne lui fait plaisir. La question rituelle qu’il se pose, c’est « à quoi bon ? ». Il ne faut surtout pas rentrer là-dedans. Mais ne le secouez pas en lui faisant la morale. Rappelez-lui plutôt ses anciens plaisirs, invitez d’anciens amis, sortez avec lui au restaurant et osez le stimuler avec douceur et persévérance. Noter les changements dans son état et lui en parler peut être aussi très bénéfique. Comment se protège-t-on de la dépression de son partenaire ? Le conjoint doit savoir aussi se réserver du temps à lui, pour ne pas être envahi pas la tornade de la dépression. C’est aussi un moyen d’être ensuite vraiment disponible. psychothérapeute permet au conjoint de mieux comprendre la dépression, et donc de mieux l’accepter. La rencontre peut se faire soit seul à seul avec le psy, à condition d’avoir prévenu votre partenaire, soit en sa présence. « Après mon rendez-vous avec la psychiatre de mon compagnon, je me suis sentie déchargée d’un poids. J’avais pu lui parler de mes angoisses à moi aussi. Elle m’a apporté des réponses et ça m’a rassurée », raconte Jasmine. La dépression a une fâcheuse tendance à envahir toute la vie de l’entourage. Le déprimé se replie sur lui-même et le « Osez le stimuler avec douceur et persévérance » Se dévouer totalement ne sert à rien, et peut avoir des effets pervers, comme une tendance à faire payer à l’autre nos concessions. Accompagner son conjoint chez le psychiatre aide à mieux accepter la dépression, parce qu’elle est alors expliquée, d’un point de vue médical. Quand on traverse une période difficile, on a plus de courage quand on est averti. Peut-on guérir d’une dépression ? Les dépressions qui ont des origines biologiques et génétiques peuvent devenir chroniques, mais de nouveaux médicaments ont l’avantage d’améliorer considérablement les symptômes. Les cas de réactions dépressives suite à un événement – le chômage, un deuil, un gros échec – peuvent se guérir. En outre, une personne qui triomphe de sa dépression est quelqu’un qui a changé vis-à-vis de l’existence et qui est davantage armé face à elle. DELPHINE, 30 ans « Je me suis sentie flouée, frustrée, énervée » Mon mari est devenu dépressif quand il s’est retrouvé au chômage. Tout ce qui me plaisait dans sa personnalité a soudain disparu. Je ne le reconnaissais plus. Il avait perdu tout désir. Plus j’essayais de l’intéresser à quelque chose, plus il se montrait indifférent. Au début, j’étais un peu désemparée. Je pensais que c’était passager, qu’il avait juste besoin de repos. Mais au bout de quelques mois, quand j’ai vu que ça ne changeait pas, j’ai essayé de le faire bouger en lui proposant des sorties. J’ai tenté de retrouver des films et des livres d’auteurs qu’il aimait. Je voulais susciter son intérêt, créer chez lui une envie qui allait le remettre un peu dans la vie, mais ça ne marchait pas. Voyant que j’avais consacré toute mon énergie à lui sans succès, je me suis sentie flouée, frustrée, énervée. J’ai commencé à m’occuper un peu de moi aussi. Mais je lui ai dit que le jour où il aurait besoin de moi, je serais là. C’était la seule chose à faire. Aujourd’hui, il a trouvé un petit boulot qui lui permet de repartir doucement. Ce n’est qu’un début, mais il a commencé à changer, il est moins amer. Il se plaint toujours, mais il dit « Je vais m’en sortir ». conjoint se retrouve souvent isolé lui aussi, hors de toute vie sociale. Pour éviter la contamination, une seule règle : penser aussi à soi, ne pas s’oublier. « Ce qui m’a sauvée de la déprime, c’était d’avoir ma propre vie, en dehors de lui, assure Delphine. J’ai continué à voir des amis et à avoir des préoccupations professionnelles et je me suis rééquilibrée comme ça. » Bernard Granger confirme la nécessité de cette indépendance : « Il ne faut pas structurer toute son existence autour de la dépression du conjoint. Il faut aussi faire des choses seul, ce qui peut avoir pour effet d’inciter l’autre à être actif. » Vers la guérison Il n’y a pas une mais des dépressions. Chaque cas est particulier. Selon qu’elle soit provoquée par un événement douloureux – un deuil, le chômage, un traumatisme – ou qu’elle soit d’origine biologique, elle se guérit plus ou moins vite. Les risques de rechute dépendent aussi de chaque cas. L’important est bien sûr de consulter un médecin apte à trouver les solutions adéquates. Pour le conjoint, il s’agit finalement surtout de faire preuve de patience… et d’amour. « Ce que souhaite le déprimé, c’est une présence affectueuse et solide à ses côtés. Il faut savoir rester soimême, sans affectation ni apitoiement », indique Dominique Barbier. C’est donc apparemment plus simple que ce qu’on imagine. Jasmine, elle, a retrouvé une forme d’apaisement : « J’ai essayé de l’aider de toutes les manières et je ne supportais pas d’être impuissante. Je pense aujourd’hui qu’il faut simplement le rassurer en lui disant que je l’aime, que je suis là. » ● À LIRE La dépression Dominique Barbier Odile Jacob 228 p., 16,80 €. La dépression, Bernard Granger Le Cavalier bleu collection « Idées reçues » 128 p., 9 €. FÉMININPSYCHO 13



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