Féminin Psycho n°39 sep/oct 2007
Féminin Psycho n°39 sep/oct 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°39 de sep/oct 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 70,8 Mo

  • Dans ce numéro : le goût du bonheur, profiter de la vie s'apprend.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Te MOI ET MA FAMILLE "CAPUCINE, 42 ans "Je me suis sentie complètement abandonnée ! " J'ai toujours eu envie d'avoir des enfants, sans le formuler vraiment, mais mes partenaires ne l'envisageaient pas. À 37 ans, je suis tombée amoureuse d'un homme divorcé, qui avait déjà des enfants et semblait encore ouvert à cette perspective. Je ne prenais pas la pilule, mais nous avions prévu de "faire attention". Au bout de trois mois de relation, je suis tout de même tombée enceinte. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, il était en apparence ravi. Il en a même parlé à son fils, a pensé à demander sa mutation pour Paris. Mais j'ai peu à peu senti qu'il abandonnait le navire, sans le dire clairement. J'étais dans l'incertitude et c'est ma mère qui m'a rappelée qu'il allait bientôt être trop tard et que j'allais devoir faire un choix moimême, de façon active. Je redoutais beaucoup qu'on me prenne pour une femme qui choisit délibérément d'avoir un enfant toute seule. J'espérais qu'il y aurait une relation, même très irrégulière, entre son père et ma fille et ça me rassurait. J'ai donc décidé de poursuivre ma grossesse. Le père n'est venu me voir qu'une fois, à six mois. Je me suis sentie complètement abandonnée. Ce qui a été difficile, c'était de ne pas avoir d'interlocuteur concerné par cet enfant au même niveau que moi. Mais j'ai passé une grossesse très heureuse malgré cela. Je me suis débarrassée du mythe du prince idéal et des conditions parfaites pour avoir un enfant et ça m'a libérée. 92 FÉMININPSYCHO ce dernier risque existe bel et bien : "Il y a une absence de séparation symbolique. Or, c'est la fonction du père de faire césure entre la mère et l'enfant. Dans notre culture, celui-ci est structuré pour avoir deux pôles, masculin et féminin." Toutefois, la mère peut tenter d'équilibrer la balance si elle continue à avoir une vie en dehors de son enfant, n'hésite pas à le confier à des personnes de confiance et à intégrer sans sa vie des référents masculins (un frère, un oncle...). La grossesse en solo Certaines femmes célibataires en manque de maternité ne se posent pas autant de questions. Elles choisissent volontairement de se lancer seules dans l'aventure. C'est le cas de Barbara, 27 ans. Elle s'est mis d'accord avec un jeune homme pour qu'il l'aide à tomber enceinte, à condition de renoncer à l'éducation de l'enfant. "Depuis que je suis toute petite, je rêve d'avoir des enfants. Je ne vais pas arrêter mes projets parce que je n'ai pas d'homme dans ma vie. Cela ne m'a jamais fait peur d'élever un enfant seule." Ce cas de figure très particulier ne représente pas la majorité des mères célibataires. En revanche, toutes ont en commun une grande indépendance, qui leur permet d'envisager une grossesse et une éducation où elles vont devoir tout assumer seules, même fatiguées ou malades. Cette situation qui paraît difficile au premier abord est pourtant souvent très bien vécue par les ePHOTOS,PP1AND.
mères célibataires. Malgré les nombreuses interrogations, l'angoisse et les difficultés matérielles pour certaines, la plupart passent une grossesse très heureuse. "Je n'ai jamais été aussi sereine que pendant ma grossesse, malgré beaucoup de désagréments physiques et des complications. J'avais l'impression d'être très importante et je me sentais forte. C'était une espèce de résilience", explique Sylvie. Pour Clara, c'est le jour où elle a ressenti des contractions très violentes qu'elle a réalisé à quel point elle tenait déjà à son bébé : "J'ai eu affreusement peur de le perdre. J'ai compris que malgré tous les obstacles sociaux, affectifs, moraux qui venaient polluer mon bonheur, je souhaitais cette rencontre ! " Cette force et cette énergie reliée au désir profond de voir naître l'enfant peut exister même dans les circonstances les plus dramatiques, comme le décès du père pendant la grossesse. Le mari de Malika, 37 ans, assistante de direction, est décédé d'une crise cardiaque alors qu'elle était enceinte de deux mois et demi. "Je me suis dit : cette vie-là, je ne peux pas la refuser. Mon mari est parti, mais cet enfant va naître. Je veux vivre cette aventure", se souvient Malika, qui aujourd'hui est une mère comblée. Pas si seules Souvent, le soutien de la famille est précieux pendant la grossesse. "Psychologiquement, j'ai été très entourée par ma famille. Pourtant, je suis d'origine sicilienne et culturellement, ce É É Toutes ont en commun une grande indépendance, 5 n'était pas évident. Mes parents ont été fantastiques. Lorsque je leur ai annoncé la nouvelle, ils l'ont accueillie avec joie et une grande confiance en l'avenir. Mon père a été un peu déstabilisé pendant une semaine, mais l'amour a très vite repris le dessus", raconte Clara. Mais tout le monde n'accepte pas si facilement cette situation atypique. "Quand j'ai annoncé que j'étais VALÉRIE, 33 ans "Je ne me suis pas posé de questions" J'ai rencontré Roberto au Costa Rica où je vivais à l'époque. Je suis tombée enceinte au bout de trois mois de relation. On ne se protégeait pas vraiment, mais je ne m'y attendais pas. Au début, j'étais un peu abasourdie. J'aurais pu me faire avorter, en changeant de pays, mais je n'arrivais pas à envisager cela. Je me suis dit "j'ai pris des risques : j'assume." J'ai toujours été très indépendante. À 24 ans, j'avais déjà beaucoup voyagé et j'avais envie de stabilité. Je ne me suis pas posé de questions : pour moi, c'était la chose la plus naturelle au monde. Je l'ai pris comme un cadeau. Je me doutais que la vie allait être difficile, car je me disputais souvent avec Roberto, mais je me berçais d'illusions. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, il a mal réagi et on s'est fâchés. Il avait déjà une fille de son côté, qui vivait de temps en temps avec nous. Quand je l'ai vu la battre avec une ceinture, j'ai décidé de repartir en France. Là-bas, pendant les derniers mois de ma grossesse, ma famille et mon meilleur ami m'ont beaucoup épaulée. Je savais que l'allocation parent isolé (API) me permettrait de reprendre des études, d'avoir droit à des allocations logement et à une bourse. Je n'ai donc pas eu peur d'assumer cette situation du point de vue financier. Pour le reste, j'avais vu ma mère assumer quasiment seule notre éducation alors j'ai pensé que je pouvais le faire. De plus, l'image que les hommes me renvoyaient à cette époque-là était si négative que je ne voulais rien attendre d'eux. enceinte à ma soeur, en lui expliquant que je serai certainement seule pour assumer mon enfant, elle a été effondrée. Je crois que la douleur d'une telle situation fait peur à beaucoup de gens", explique Capucine, médecin, 42 ans. Les difficultés de communication avec sa soeur ne l'ont pas empêchée pour autant d'aller vers les autres, bien au contraire. "J'ai cherché toutes les occasions de partager avec des femmes enceintes. Sur le web, à la piscine, aux cours de préparation à l'accouchement..." En outre, pour beaucoup de mamans seules, la perspective de refaire un jour leur vie avec quelqu'un représente toujours un espoir. Un homme oui, mais pas n'importe lequel : "Je crois que les seuls que je pourrais supporter aujourd'hui sont ceux dans la même situation que moi. Des hommes responsables, qui n'ont pas peur d'éduquer un enfant. J'en rencontre dans le cadre d'une association de parents seuls et j'y pense, parfois", confie Sylvie. Toutefois, refaire sa vie avec un autre homme ne signifie pas pour autant donner un autre père à son enfant : "J'espère retrouver quelqu'un, mais son père sera toujours son père", affirme Clara, qui a prévu de raconter toute son histoire à son fils quand il sera en âge de comprendre. En attendant, elle s'estime "la plus heureuse des mamans".• À LIRE• IL ■ Maman solo, mode d'emploi f A AAN Karine Tavares, Gwenaelle Viala. Marabout. 7 10■1>, 297 p., 8 €... Monoparentalité précaire et femme sujet Gérard Neyrand, Patricia Rossi, Erês, 218 p., 22 €. FÉMININPSYCHO 93



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