Féminin Psycho n°39 sep/oct 2007
Féminin Psycho n°39 sep/oct 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°39 de sep/oct 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 70,8 Mo

  • Dans ce numéro : le goût du bonheur, profiter de la vie s'apprend.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MOI ET MES ENFANTS en place aucun examen jusqu'à l'âge de 16 ans, valorise l'autonomie des établissements et bien sûr des enfants, ainsi que l'inclusion : les élèves en difficulté bénéficient d'un cours supplémentaire et d'une aide personnalisée et le redoublement reste exceptionnel. L'enquête montre également que la mixité et l'hétérogénéité ont une place importante dans l'efficacité du système scolaire et que de bons résultats sont obtenus sans rapport avec l'origine socio-économique des élèves contrairement en France oit ceux qui réussissent sont plutôt issus de milieux aisés. Il en est de même pour les dépenses qui n'ont pas de rapport direct avec le niveau acquis. MICHÈLE BATANY Coach animatrice d'ateliers,. 6'11 faut veiller à garder, ou créer, une forme de garde-fou-55 L'investissement des parents dans l'instruction de leurs enfants doit-il avoir une limite ? Je pense que les parents choisissant d'instruire leurs enfants à la maison privilégient une attention particulière à l'enfant, à son développement mais aussi un contrôle de ce que l'enfant apprendra et de la façon dont les messages lui sont transmis. Il peut être agréable d'avoir la douce certitude d'éviter les écueils et dangers que l'enfant rencontrerait à coup sûr dans un établissement de 300 élèves, voire plus, et autant de personnalités diverses, professeurs inclus. Il faut donc être vigilant à garder, ou créer, une forme de garde-fou pour éviter d'être la seule vérité, le seul chemin pour l'enfant, ou de se donner une illusion de toute-puissance. À chaque 46 FÉMININPSYCHO Ressources et investissement De bonnes relations entre élèves et enseignants, un fort investissement de ces derniers, une adaptation du contenu de l'enseignement, une bonne utilisation des ressources, des règles disciplinaires constructives... bref, une école presque idéale qui, appliquée chez nous, permettrait peut-être de réconcilier maîtres et parents. Que l'approche soit formelle ou non, les méthodes autant que les pédagogies utilisées pour faire l'école à domicile semblent être illimitées en fonction des objectifs pédagogiques et éducatifs des parents, quitte à ce que ces derniers suivent des formations spécifiques pour l'une ou l'autre. L'essentiel parent de se demander : quels sont mes garde-fous ? Pour l'enfant, il y a un réel confort à se sentir ainsi protégé d'un monde extérieur qui peut sembler agressif et rude. L'image qu'il aura de ce monde va dépendre de la durabilité des liens créés au dehors. Existe-t-il, selon vous, un mode d'éducation "idéal" permettant un épanouissement optimal des enfants et des parents ? Le modèle "idéal" n'existe pas. Celui qui s'en rapproche le plus dépend essentiellement des valeurs qui animent les parents, du sens qu'ils veulent donner à l'éducation de leur enfant et de la personnalité de celui-ci. L'important est d'agir en cohérence. À parent épanoui, bien dans ses choix, enfant épanoui, bien dans sa vie. pour eux étant de développer chez leurs enfants la curiosité, l'autonomie, le respect de soi, l'esprit critique, la relation avec les autres, grands ou petits. Si certaines familles peuvent ainsi s'appuyer sur des manuels scolaires ou des cours par correspondance existants, d'autres préfèrent des approches plus particulières telles que les pédagogies Montessori ou Freinet, entre autres. L'appel à des intervenants extérieurs concernant certaines matières, l'utilisation d'Internet, de cdroms éducatifs, la fréquentation de bibliothèques... fait également partie de la panoplie dont tout enfant peut disposer. Une fois par an, l'inspecteur d'académie procède à un contrôle, vérifiant ainsi l'enseignement assuré, sachant que le contenu des connaissances requis des élèves est fixé par décret, et doit être en fin de scolarité obligatoire, à un niveau comparable à celui des élèves scolarisés, et ce, dans des domaines précis. Par ailleurs, les familles favorisent au maximum la participation de leur enfant à des activités artistiques, sportives ou culturelles afin qu'ils ne se sentent Pas isolés du monde, soient en contact avec d'autres jeunes ou s'éveillent tout simplement. Cependant, la mise en place de toute cette organisation contraint presque inévitablement l'un des deux parents à arrêter de travailler ou à diminuer fortement son activité, ce qui laisse évidemment plus de temps à passer avec son enfant, mais diminue inévitablement les revenus de la famille. C'est le cas de Karine, maman d'Océane : « Nous avons mis en place financièrement et socialement notre vie de manière à avoir les moyens et le temps de faire cette déscolarisation. Notre vie est planifiée par rapport à cela. C'est un choix. Dans tous les cas, nous nous PHOTOS IMAGE SOURCE. O.R.
sommes assuré qu'Océane aurait suffisamment d'argent pour continuer jusqu'à sa majorité. » Cependant, si pour la majorité il est question de préférence, pour d'autres, il est plus question d'obligation. Françoise est la mère de Louis, autiste : « Je peux dire que c'est un non-choix pour moi d'éduquer mon fils à la maison car les alternatives ne sont pas réjouissantes : CLIS (Classe d'Intégration Scolaire) non spécialisée, Institut Médico Éducatif... Si on me proposait une place dans une bonne école pour enfants autistes avec beaucoup d'apprentissages en individuel bien ciblés, éventuellement complétée d'une petite intégration en milieu ordinaire, je serais ravie. » Même discours chez Christine, maman d'un garçon dysphasique : « Nous avons refusé que notre fils aille en CLIS et il y a très peu de structures spécialisées, donc très peu d'altematives. Je m'occupe donc maintenant de son instruction en adaptant mes façons de faire à son handicap. » Reste à écouter le point de vue des enfants. Garder le choix Camille a suivi sa 5e à la maison. Depuis, elle a réintégré un cursus ordinaire, pour recommencer à la rentrée prochaine une scolarité à domicile. Un Parcours diversifié au gré de ses ressentis : « Durant mon aimée de 5', j'ai rencontré beaucoup de personnes qui m'ont apporté leur savoir, leur richesse et avec lesquelles j'ai eu une vraie relation. Cela m'a ouvert culturellement parlant. En revanche, j'ai souffert du manque de vie collective avec des enfants de mon âge. Je fréquentais presque uniquement des adultes et j'ai parfois eu la sensation d'un décalage avec les ados de mon âge. C'est peut-être par crainte de l'accentuer que je suis retournée dans le système ordinaire. Ma réintégration s'est très bien passée, mais après une année au lycée, mes attentes, mes idées, mes illusions ont toutes été déçues. C'est pourquoi l'année prochaine, je me relance dans l'aventure "homeschooling" dans l'espoir de retrouver ma soif d'apprendre. » L'enfant, l'adolescent, placé au centre de toutes ces pédagogies différentes semble évidemment la meilleure méthode d'éducation qui soit. Cependant, si le système d'enseignement actuel semble si peu adapté au respect des rythmes et particularités des élèves, la seule façon de le faire évoluer est-elle nécessairement de lui tourner le dos ? Une lutte au quotidien portant sur une meilleure considération des différences ne serait-elle pas plus payante à long terme ? Par ailleurs, l'instruction à domicile est-elle le tremplin idéal vers une bonne intégration au sein d'une société où les valeurs représentées sont juste- MANUELLE, maman de trois enfants, dont Camille et Sarah qui pratiquent alternativement l'école à domicile et l'école "ordinaire". "Je ne suis pas une institutrice à la maison" Après une scolarité primaire sans problème, ma fille aînée a eu des difficultés d'adaptation en 6', du point de vue scolaire, social, moral et physique. Nous avons donc commencé à préparer son "collège à domicile", assez enthousiasmés par l'aventure mais pleins d'appréhension en même temps. Nous ne détenons pas des connaissances à transmettre, mais sommes un pont vers des savoirs. Cette optique permet de passer le relais à d'autres adultes, à d'autres sources. Nous avons donc eu à cœur de déléguer le plus possible pour éviter un certain enfermement et tout s'est toujours très bien passé avec les intervenants extérieurs. Mon mari enseignait la physique. Moi, je me chargeais du français, de l'histoire-géo et des arts plastiques. Nos relations familiales sont plus riches, plus intenses et nos filles sont en général perçues comme matures et agréables. Elles sont autonomes, indépendantes, à l'écoute de leurs besoins. Bref, de bons atouts pour une existence réussie... ment celles rejetées principalement par les familles : compétition, contrainte, hiérarchie ? Si durant quelques années, l'enfant est effectivement préservé de ces impératifs, il faudra qu'il s'y frotte un jour et qu'il aborde la réalité de la vie, y compris ses aspects négatifs, le tout loin de sa famille protectrice. À l'inverse, l'école à la maison peut être une façon d'appréhender des situations variées, d'autant plus enrichissantes car contraires à la norme, qui permettront une adaptation plus facile et satisfaisante. Quoi qu'il en soit, liberté est donnée aux parents concernant le choix d'instruction de leur enfant, et lorsque l'épanouissement de celui-ci en est la priorité, tout ne peut être que pour le mieux, comme le souligne Joëlle : « Quand je vois Samuel n'avoir aucun recul devant qui que ce soit, adulte ou enfant, quand je le vois s'exprimer et dire du haut de ses 5 ans qu'il n'est pas d'accord et qu'il argumente, quand je le vois en un temps record apprendre une chanson de Boby Lapointe ou trois fables de La Fontaine, quand il sait dire pourquoi un spectacle ne lui a pas plu en dormant des exemples... je fonds et je continue. » • SITES INTERNET www.lesentantsdabord.org www.instructionenfamille.free.fr (1) Pour l'année scolaire 2002-2003, 1156 enfants étaient instruits dans leurs familles. (Source Miviludes). À LIRE 111 Des écoles pas comme les autres Sophie Chavenas, listai, 422 p., 20 €. Quel parent voulez-vous tire ? Michèle Batany, InterEditions, 224 p., 18 €. FÉMININPSYCHO 47



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