Féminin Psycho n°39 sep/oct 2007
Féminin Psycho n°39 sep/oct 2007
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°39 de sep/oct 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (170 x 223) mm

  • Nombre de pages : 124

  • Taille du fichier PDF : 70,8 Mo

  • Dans ce numéro : le goût du bonheur, profiter de la vie s'apprend.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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SOCIÉTÉ & DÉBAT -V l'ensemble des domaines de la vie publique. Jeux, jouets, vêtements, revues, aliments, mobilier, médias... Le petit prince des temps modernes Les enfants bénéficient d'offres de produits et de services spécifiques ; Ils ont leurs propres salons dédiés, leurs menus au restaurant, et, question politique, leur parlement ; Ils héritent même, de plus en plus jeunes, de téléphones portables et de baladeurs dernier cri. Fashion victim, l'enfant est un consommateur hors du commun. Même sans argent de poche, il est, par ses remarques, ses réclamations, le prescrip- DIDIER PLEUX Psychologue clinicien Il faut inclure de la frustration dans la relation qu'on a avec l'enfant » Parler d'enfant-roi aujourd'hui, n'est-ce pas une tautologie et une évidence ? Il faut faire attention. On a souvent confondu l'enfant gâté et l'enfant roi. En fait, les choses ont basculé, on en arrive à une situation où l'enfant prend le pouvoir dans la famille. C'est un phénomène qui ne doit pas être banalisé, car il va à l'encontre de l'autorité parentale. Aujourd'hui, l'enfant n'est pas un roi qu'on adule, c'est un tyran qui s'arroge un pouvoir illégitime, qui va chercher à exercer son principe de plaisir immédiat. Il est inquiétant de le voir décider de tout dans la famille, des émissions à regarder à la télévision aux courses à faire en passant par les sorties. Les parents ne se sont même pas rendus compte de cette évolution. Est-ce à dire que les parents permissifs sont aveu- gles ? LE n fait, les parents ne perçoivent la tyrannie de leur enfant 14 FÉMININPSYCHO teur de nombreux achats. Les industriels et les marques ne reculent devant rien pour essayer de séduire nos bambins, acheteurs potentiels en puissance. Les réclames qu'ils voient à longueur de journée les confortent dans leur position dominante et jamais l'inversion des rôles entre enfants et adultes n'a été aussi prononcée qu'à notre époque. Analysant leur statut dans la société de consommation, Didier Pieux explique qu'aujourd'hui, les enfants sont élevés par les multinationales : « c'est dramatique. Les publicitaires ont bien compris que l'enfant est devenu le décideur principal au sein de la famille. fur et à mesure. De nos jours, ils ont de plus en plus tendance à jouer la carte de la collaboration pour avoir la paix avec leur enfant. On cède tout à l'enfant, en se disant que, de toutes façons, il va mûrir, grandir, changer de comportement avec les années. Il est évidement plus facile de céder aux caprices de l'enfant que d'entrer avec lui dans une relation conflictuelle. Les parents, croyant faire plaisir à leur progéniture, ne font que l'habituer à un trop plein de protection. Ce qui conduit inévitablement à une omnipotence infantile. Et les événements de l'actualité récente nous montrent bien à quel point les jeunes sont sensibles. Tout s'allume très vite et ils sont prêts à se révolter dès que quelque chose ne leur convient pas. La reconquête de l'autorité parentale passe donc par le conflit ? Oui, et cela ne signifie pas être répressif, mais comprendre, Désormais, il est la cible de la société de consommation. On lui propose tout et n'importe quoi, mais il ne faut pas se laisser manoeuvrer. Un enfant peut bien rêver à l'arrière d'une voiture, même si elle n'est équipée de lecteur DVD. On est en train d'inculquer aux enfants que tout ce qui est frustrant est interdit, que le plaisir appelle le plaisir, et c'est là que se situe le malaise, car la réalité ne correspond pas toujours aux désirs de chacun ; Elle n'est ni bonne ni mauvaise, elle "est", tout simplement ». Que faire alors pour contrer l'irrésistible ascension de ces terreurs en culottes courtes ? Arrêter de jouer la carte de la surprotection et de exiger, sanctionner. Il faut exister en tant que parent, ne pas laisser l'enfant décider de tout, combattre l'absence de contraintes en demandant des routines, établir des rythmes de vie et des lois. Rien n'interdit par la suite de les assouplir de temps en temps. Il faut surtout prôner un retour au principe de réalité, à un peu plus de lucidité. Chez l'enfant, l'addiction des plaisirs a pour corollaire l'intolérance des frustrations. Or c'est justement à la frustration qu'il faut revenir. Dans la vie, tout n'est pas plaisir immédiat. Les parents se disent que l'amour seul suffit, mais ce n'est pas le cas, il faut reinclure la frustration dans la relation avec l'enfant. Ce dernier doit s'habituer à attendre, à faire des efforts, à ne pas toujours avoir ce qu'il veut. La frustration existe et le lien soiautrui, c'est-à-dire la relation que nous avons avec les autres, se doit d'équilibrer une bonne estime de soi. la satisfaction immédiate des besoins de l'enfant ! Enfants terribles et parents timides L'enfant reste un bien précieux. Dès ses premières années, il est comblé d'objets attrayants et de tendresse. Mais Daniel Marcelli, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, prévient dans son livre L'enfant, chef de la famille que « si un bébé est très vulnérable à la carence de stimulation, il l'est tout autant à l'excès de stimulation ! A trop vouloir lui en donner, les parents flirtent souvent avec la ligne blanche, celle qui sépare la stimulation bénéfique qui va enrichir son expérience, de la stimulation excessive qui va la désorganiser parce qu'elle n'est pas intégrable du fait même de son excès,>. Une ligne dont l'épais- e
eur varie énormément en mction des situations, des aractères des enfants et des arents. D est dès lors très arbi- -aire de vouloir dresser un ode de conduite quelconque ; lieux vaut faire appel à son on sens. Et celui des parents e nos jours peut surprendre. Seuls face à leur enfant, les arents se sentent jugés par ses ianifestations de désagrélent, ses pleurs ou ses cris », snchérit Daniel Marcelli. Sans savoir, à le satisfaire dans instant, ils accentuent le.sque qu'il soit finalement tou-) urs insatisfait. Dans cette iticence à manier l'autorité, il a un enjeu affectif. Chaque duite attend de son enfant ne relation d'amour et de onfiance. « Or, frustrer unnfant, c'est prendre, selon expert, le risque de voir un oncement de sourcil sur son visage, une moue de désapprobation (...) et enfin un regard qui se détourne, symptôme d'un désengagement relationnel ». Mais il faut en passer par là pour reconquérir le pouvoir. La frustration doit bien sûr être juste et proportionnée, mais en tout cas, les parents doivent accepter ce risque d'un désaveu, d'un désamour temporaire de la part de leur enfant. A travers lui, il fera l'expérience d'une limite, il découvrira qu'après avoir attendu, la satisfaction peut arriver. Savoir interdire, dire non, décevoir en punissant l'enfant, c'est aussi l'aider à grandir, à appréhender le monde. Quant à savoir si le fait d'empêcher un enfant de devenir tyran est un combat de tous les instants, Didier Pieux résume : « On peut récupérer un enfant tyran à tout âge, il n'y a pas vraiment de principe éta- bli. Un enfant n'a pas toujours besoin de ses parents pour quitter ses habits de dictateur ; Il peut par exemple trouver un tuteur de résilience, par exemple un professeur ou un coach sportif, une personne qui va sécuriser l'enfant, correspondre à ses attentes, ce que j'appelle un Adulte Significatif Privilégié ». Au fond, rappellet-il, il faut surtout se dire qu'avant d'être une personne, un enfant est un enfant. Une petite personne, pas encore un adulte.ll n'est ni le centre du monde, ni en dehors de celui-ci : il en fait juste partie.ll est dans le cercle de la famille, dans l'orchestre, mais il n'a pas à en être le chef. Aux parents de retrouver leurs droits et la "bonne autorité", c'est-à-dire l'autorité éducative, qui leur manque pour non pas détruire mais bien construire leur enfant. Aimer, stimuler, tout en exigeant et en sanctionnant : l'autorité idéale doit tenir compte de la psychologie et du principe de réalité, marier en quelque sorte les principes de Dolto et de Rousseau. Ne craignez donc pas d'édicter des règles qui ne supportent pas la discussion et de fâcher vos enfants : c'est le meilleur moyen de leur apprendre à faire face à la réalité et peut-être la plus grande preuve d'amour que vous pouvez leur donner...• À LIRE De l'enfant roi à l'enfant tyran Didier Pieux Odile Jacob 290 p.7,50 €. 1 L'enfant, chef de la famille ; L'autorité de l'infantile Daniel Marcel Livre de Poche 320 p.0 €. FÉMININPSYCHO 15



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