Faces B n°5 jun/jui/aoû 2013
Faces B n°5 jun/jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de jun/jui/aoû 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 12,8 Mo

  • Dans ce numéro : portfolio Elizerman, Miguel Ramos.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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musique Pourquoi avoir ouvert ta propre boutique à Saintes (17), la bien nommée Rock Virus ? Je voulais vendre la musique que j’aimais, avec de « l’occase ». J’ai toujours aimé dénicher les témoignages du passé à ne pas oublier. Je refusais de vendre des CD car moins de vinyles étaient fabriqués et je voulais les défendre. Des clients faisaient cinquante kilomètres pour venir. En 1988 Internet n’existait pas, il fallait se bouger pour trouver de la musique ! Mais dans 13 m2 (!) la place manquait, j’ai aménagé dans un local de 40 m2, rebaptisé du nom du label que j’avais fondé, Total Heaven. La boutique devient un lieu de rencontres, notamment pour fêter le Beaujolais nouveau avec du camembert et du saucisson, avec un record de 32 bouteilles bues ! Puis les temps sont devenus durs, je me suis mis à vendre des CD et en 1996 j’ai chargé les disques dans mon gros camion et ai investi 90 m2 place de la Victoire à Bordeaux. L’osmose a aussitôt pris, c’était ce que les gens attendaient. J’ai ouvert le catalogue à la soul, au hiphop et à la musique électronique avec l’aide de deux recrues, Xavier membre de mon groupe Dog Shop puis Martial, débauché de la Fnac. C’était des sketchs en permanence, avec notamment les Improvisators Dub dont j’ai sorti le premier album. Entre Saintes où je vivais avec l’équivalent d’un RMI et 46• Faces B Bordeaux, le chiffre d’affaires avait été multiplié par 5, mais je bossais 6 jours sur 7 sans prendre de vacances. Tu es passé du magasin à la vente sur Internet, les raisons de cette évolution ? Début 2000 j’ai connu une grosse fatigue. Le magasin tournait mais sans possibilité d’avancer. En priorité ce qui m’a toujours intéressé c’est le disque d’occase. J’ai alors envisagé d’en vivre par la vente sur Internet et j’ai cédé la boutique. Ça m’a fait bizarre de me retrouver seul avec mes chats à travailler chez moi à la campagne, mais ça m’a ressourcé. Puis j’ai eu besoin de revoir du monde, j’ai donc ouvert La Charcuterie en 2005. Les objets anciens sont reliés au présent et fondent une culture. Aujourd’hui on achète aussi vintage pour la hype, mais ainsi la mode favorise le recyclage et la récupération ! Je ne vends pas « vintage », mais ce qui m’intéresse. Certains objets attendent des années une mode ou un client. Qu’une partie de la population se nourrisse au vintage, tant mieux, ça ouvre des perspectives. Certains vont se passionner et transmettre. Je soutiens le recyclage, c’est stupide de ne pas faire réparer alors que du vieux matériel pullule et qu’il existe des gens dont c’est le métier. C’est aussi une histoire de coût.
« Le vinyle me passionne, mais le son, sa chaleur me transporte » Chez moi je n’ai que des objets d’occasion. Ma télé c’est un écran cathodique acheté 10 € à un vide-grenier ! Les acheteurs de vintage le sont par goût, mais aussi pour certains avec la prise de conscience que des appareils datés de 30 ans vont durer plus longtemps. Pour avoir un amplificateur neuf tout juste correct, il faut mettre 300 € alors qu’un appareil d’occasion avec un meilleur son coûte 100 € et durera plus longtemps. Les anciens composants étaient meilleurs, actuellement hormis en haut de gamme, ils sont conçus pour durer 10 ans [ndlr : L’obsolescence programmée, outre une durée de fonctionnement limitée, c’est aussi l’absence de pièces détachées pour réparer ou un coût de réparation exorbitant par rapport à un nouvel achat. La loi consommation en cours d’examen n’imposera finalement aucune obligation au fabricant, contrairement à ce que souhaitait notamment le président du groupe EELV au Sénat Jean-Vincent Placé]. En outre avec la crise, beaucoup ne peuvent pas se payer du neuf. Un métier d’avenir c’est réparateur TV et photo. Les boîtiers numériques avec objectifs interchangeables ont fait exploser le marché de l’occasion, car les objectifs argentiques sont 10 fois moins chers que les équivalents numériques. Cela permet aussi de redécouvrir les joies de la photo, car il faut travailler en manuel ! ● 44 rue Camille Sauvageau. Tél. 06 30 92 99 04 Au paradis… du vinyle Total Heaven, Le disquaire spécialiste des dernières sorties. Pas de vente en ligne, la boutique à l’ancienne réalise 70% de ses ventes en vinyle contre 30% en CD, à l’inverse d’avant la crise. L’un des deux tenanciers, Babouche, répond à cette question essentielle : le vinyle estil vintage ? Oui et non. Quand un gamin achète un 33 T de Led Zeppelin, il satisfait son désir de pur rock vintage 70’s, il veut aller à l’essence du rock. Mais quand un client veut le nouveau Justice, on est plus dans le vintage. Il faut considérer que pour ceux nés à l’époque du CD, il n’existait rien d’autre pour écouter de la musique. L’étiquette vintage attire les gens qui ont toujours consommé suivant les préceptes du marché ou les plus jeunes. Récemment un enfant entré dans la boutique s’est exclamé « c’est comme chez papi ! » car son grandpère de 55 ans collectionne les vinyles… Acheter des disques aujourd’hui c’est vouloir s’imprégner de la musique, prendre le temps comme avant l’ère du téléchargement zapping et du « vas-y consomme Jojo c’est gratuit ! ». Ça rejoint les pratiques de la décroissance [ndlr : concept visant à stopper la croissance économique et la surconsommation de biens et services, pour des raisons sociales, politiques et écologiques]. Venir chez son disquaire indépendant c’est un acte militant, c’est dommage que des gens conscients et concernés achètent leurs produits culturels dans des grandes chaînes. ● 6 rue de Candale. Tél. : 05 56 31 31 03 musique Faces B• 47



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