Faces B n°4 mar/avr/mai 2013
Faces B n°4 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : dossier « s'engager »... we can do it!

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER Marseille-Provence 2013 : la culture comme engagement capital(e) ! En 2008, Bordeaux se portait candidate au titre de capitale européenne de la culture. Cette année, c’est finalement Marseille qui défend la culture comme engagement capital. Devant un tel challenge, Bordelais(es) de FACES B, nous avons décidé de nous engager nous aussi pour la culture européenne. À notre manière, nous entendons votre appel : Marseille-Provence 2013 (MP 2013) : « vous êtes ici chez vous ! ». Jacques Pfister Moura 32• Faces B 5 questions à M. Jacques PFISTER, Président de l’association MP2013 FACES B : Ça y est ! Sous les traits de Marseille-Provence 2013, la culture semble avoir trouvé sa capitale européenne… Comment définiriezvous les valeurs d’un tel projet et les enjeux de cette nouvelle métropole provençale ? Jacques PFISTER : Dès sa candidature au titre de capitale européenne de la culture, Marseille-Provence 2013 a souhaité défendre ses valeurs euro-méditerranéennes qui marquent désormais l’ensemble de sa programmation. À travers des échanges, des créations, des rencontres ou des métissages d’artistes, il s’agit ici de concevoir la possibilité d’un trait d’union, voire d’un rapprochement entre les faces Nord-Sud de la Méditerranée. Patrice Terraz Bien sûr, au-delà des valeurs, nous pouvons aisément deviner des enjeux économiques et d’autres motivations qui ont su décupler nos engagements au service d’un tel projet. Parmi eux, nous pouvons évoquer nos désirs de rénovation urbaine ou encore notre envie de réanimer les foyers culturels existants et même d’en créer de nouveaux pour la ville-métropole. Notre ambition métropolitaine, tendant principalement à rapprocher les villes de Marseille, Aix, Chalon et Aubagne, traduit aussi la sincérité de notre démarche : répondre humblement à un besoin de gagner ! Gagner ce pari pour booster nos ambitions territoriales et surtout prouver notre capacité à tous nous rassembler pour travailler ensemble.
Thomas Serriere FB : Souvent associée aux valeurs de citoyenneté, croyez-vous à ce titre que la culture soit à ce point capitale ? En quoi le projet MP 2013 traduit-t-il un fort engagement culturel ? JP : Il existe 1001 manières de parler de culture, de l’évaluer ou de la promouvoir. Toutefois, je ne peux m’empêcher d’y attacher forcément une plus-value émotionnelle. Pour moi, toute production culturelle exprime un message et quand celui-ci rencontre enfin son public, c’est une vraie réussite… l’expression d’une réelle valeur ajoutée ! D’ailleurs, si notre programmation nous assure une certaine visibilité sur le plan national comme international, elle se doit surtout de susciter l’appropriation populaire locale. À ce titre, le weekend d’ouverture s’est révélé comme un choc émotionnel des plus positifs. Avec plus de 600 000 visiteurs. Ce fut une fête exceptionnelle, où s’est avant tout exprimé un sentiment de joie partagée, de fierté collective traduisant le plaisir d’y être. Cette dynamique est pour nous capitale et constitue un grand encouragement pour la suite, car c’est elle qui, je l’espère, fera le succès culturel du projet MP 2013. FB : Vous aimez décrire MP 2013 comme une expérience illustrant « la mobilisation des forces vives d’un territoire pour transformer une mosaïque en un tableau cohérent », quels sont les temps forts qui, selon vous, incarnent au mieux cette volonté ? JP : Au-delà de la programmation qui, vue de loin, peut paraître complexe et entraîner quelques déceptions, nous avons été frappés par la diversité des attentes que suscite un tel événement. C’est pourquoi il nous paraissait important d’établir une proposition culturelle basée principalement sur l’histoire de notre territoire. C’est le cas de nombreuses expositions dont Méditerranées qui se fait écho de notre patrimoine portuaire et qui rencontre d’ores et déjà un franc succès. Mais d’autres rendez-vous comme Cirque en Capitales ou encore Ville en mutations remportent une forte adhésion du public. Des lieux plus ouverts à l’international nous permettent aussi de présenter une mosaïque culturelle plus variée : avec nos festivals d’été, qui prennent de fait une autre ampleur, ou nos grands rassemblements qui, à l’image de GR 2013 (grande randonnée en Provence) ou Transhumance (marche collective conduite par des cavaliers de Provence, du Maroc, d’Italie, et de toute l’Europe, relie l’ensemble du territoire) nous invite au partage. Les visiteurs comme les habitants sont donc amenés à redécouvrir et visiter une ville – capitale transformée ! FB : En allant au-delà d’une simple vision territoriale, vous invitez la population à la rencontre, vous nous conviez à un échange « exportimport », - « MP 2013, vous êtes ici chez vous ! » - quel est but d’une telle invitation ? Comme clin d’œil, souhaitez-vous adresser un message aux Bordelais ? JP : Bordeaux et Marseille, bien que très différentes dans leurs organisations, populations ou mêmes perceptions, ne sont pas brouillées et se parlent nécessairement. Ainsi, si Marseille a plutôt l’image d’une ville indisciplinée, nerveuse, brouillonne qui sait exprimer avec cœur et parfois brillamment ses envies et ses convictions, Bordeaux apparait plus organisée, réfléchie ou stratégique et illustre une certaine douceur plutôt chic. Au-delà de ces stéréotypes, des similitudes peuvent aussi s’envisager autour de la reconquête de nos rives, de notre passé portuaire, ou encore la DOSSIER présence des hangars comme terrains de réhabilitation… autant d’éléments qui contribuent à inspirer chacune de nos approches culturelles. Bordeaux a aussi un côté underground grâce une forte création musicale alternative, comme Marseille possède aussi sa « culture off » plus proche du hip-hop et des inspirations urbaines… En ce sens, il existe aussi une « capitale bis » peut-être plus impertinente qui a sa place dans le dispositif MP 2013. On se veut donc accueillant et nous aimerions penser que les Bordelais se sentent ici chez eux à Marseille, au cœur d’une capitale où la culture se veut pérenne. En ce sens, j’ose croire que nos deux villes sont complémentaires et ouvertes au dialogue. FB : Pour conclure, selon-vous, que restera-t-il d’un tel projet ? Quelles suites peuvent être données à l’engagement culturel Marseille- Provence 2013 ? JP : Demain est déjà sous nos yeux : le port de Marseille a été totalement refait, les habitants sont désormais invités à se réapproprier leur ville avec une nouvelle offre culturo-touristique à développer. L’ensemble des acteurs de la métropole ont eux aussi l’envie de poursuivre, en travaillant ensemble dans un nouvel état d’esprit qu’il s’agit de faire perdurer. Enfin, nous sommes également conscients qu’il s’agit de capitaliser sur ce climat qui invite à plus de sérénité en ces temps difficiles. MP 2013 doit nous permettre de poursuivre avec confiance les projets engagés pour évoluer vers une pérennisation des sites culturels, de nouvelles programmations, de nouvelles offres, de nouvelles manières de travailler avec une meilleure prise en compte de la culture et de ses acteurs comme leviers d’harmonie et de rayonnement social et sociétal. Un challenge à poursuivre, avec de nouvelles pistes de réflexions et toujours la même envie d’agir. ● Propos recueillis par Nicolas Chabrier Fête d'ouverture de la Capitale Européenne, Marseille 12 janvier 2013 Ville de Marseille Faces B• 33



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