Faces B n°4 mar/avr/mai 2013
Faces B n°4 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : dossier « s'engager »... we can do it!

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
DOSSIER 3 questions à Nadia Russell, engagée dans la promotion artistique 1| FACES B : Pourquoi avez-vous choisi de vous engager dans la promotion de l’art ? Nadia Russell : La réponse la plus spontanée serait par passion ! Travailler avec des artistes, découvrir leurs univers, flâner dans leur atelier, toucher, regarder, discuter, avoir un rapport au monde autre, le temps de rencontres et de projets toujours nouveaux, mener des expériences, voilà ce qui me porte... et ce que j’ai envie de faire découvrir et partager en faisant la promotion de l’art. Je suis une privilégiée car c’est une chance de travailler avec des créatifs ! J’aime créer des climats, des espaces, des situations, mettre en relation à travers des expositions et des événements mais aussi par des stratégies de communication. FB : Quels types d’actions menez-vous pour servir 2| cette cause ? NR : Je mène plusieurs actions dans deux structures qui sont Tinbox et L’Agence Créative. En 2007, j’ai créé Tinbox, une galerie tremplin dédiée à la promotion et à la diffusion d’artistes, de Bordeaux et d’ailleurs. C’est un espace d’interaction, d’expérimentation, de production, de recherche et d’exposition s’adressant à la diversité des individus. J’ai collaboré avec plus de 50 artistes et organisé une quarantaine d’expositions en partenariat avec d’autres lieux, des critiques et des commissaires. Tinbox n’a plus d’espace d’exposition fixe depuis décembre 2011 mais reprendra son activité de manière nomade en 2013-2014, dans le cadre de « Tinbox mobile on tour ». C’est une galerie sur roulette pouvant se déplacer dans divers lieux dédiés ou non à l’art. La prochaine exposition, intitulée La châsse, est une rencontre entre l’artiste franco-péruvienne Rustha Luna Pozzi-Escot et le critique Bernard Lafargue autour du travail de l’artiste sur l’identité féminine et de la thématique de la mise en scène de l’art. Nous sommes à la recherche de lieux pour accueillir ce projet. Ensuite je développe des actions au sein de L'Agence Créative, une association qui regroupe les compétences plurielles d’acteurs culturels, de créatifs et d’artistes, dans trois domaines : l’organisation d’événements dans des espaces publics de manière collaborative, la création d’espaces de pratiques artistiques partagés et le développement d’outils Web pour la valorisation des artistes et des lieux d’art contemporain comme le site www.art-flox.com, portail de l’art contemporain à Bordeaux et en Aquitaine. 3| FB : Avez-vous le sentiment d’être utile ? NR : Les actions menées avec Tinbox ou avec L’Agence Créative sont complémentaires. Je pense que j’ai permis à un large public de découvrir des artistes de talent à travers des expositions curatoriales. Pendant cinq ans Tinbox a été un lieu de rencontres, de partage et de débat autour de l’art, mais aussi autour de questions sociétales. Être dans une dynamique 24• Faces B Nadia Russell Caroline Corbal Tinbox : contact@galerie-tinbox.com www.galerie-tinbox.com L’agence Créative : contact@lagence-creative.com www.lagence-creative.com www.nadia-russell.com de réflexion et d’échanges est pour moi primordial. Je souhaite pouvoir continuer à partager cela avec les Bordelais ! J’ai envie de poursuivre ce rôle de passeur de l’art contemporain passionnée, malgré les difficultés financières rencontrées à l’heure actuelle. Je suis toujours à la recherche de nouvelles collaborations. Restons optimistes et engagés ! ●
Jeunesse et engagement politique Nous les croisons parfois sur notre chemin. Au marché, au coin d’une place, au sortir d’une bouche de métro. Ils sont là, grelottant l’hiver, suant l’été, mais toujours prêchant la bonne parole. Infatigables, ils collent des affiches, tractent, échangent et haranguent la foule. Ce sont des militants politiques. Et parmi eux, ce sont souvent les jeunes que l’on retrouve sur nos routes. Si bien que survient une interrogation : qu’est-ce qui pousse cette jeunesse engagée à entrer dans la sphère du militantisme et à se porter candidate pour passer des nuits blanches à coller des affiches ? Ambition professionnelle ou convictions mûrement réfléchies ? La question mérite d’être posée, quand nombreux sont les représentants politiques à être adeptes du double discours et des propositions démagogues à visées électoralistes. Le plus simple pour y répondre demeure d’aller à leur rencontre. Raphaël a 20 ans et milite au sein de Lutte Ouvrière. Un cas rare, puisqu’ils sont environ 8 000 en France. Militer dans une petite structure, cela ne se fait pas sans un minimum de réflexions. « Tout d’abord, explique-t-il, j’ai pris conscience que la société était véritablement injuste, foncièrement mauvaise. De là, une conclusion a émergé : il est nécessaire de changer et de faire changer les choses. Ce sentiment de révolte, je l’ai très tôt structuré au travers d’une idéologie en rapport avec mes idées : le marxisme. La troisième phase, c’est la volonté d’accomplissement de ces idées dans le cadre d’un mouvement militant, cadre nécessaire pour donner des moyens à ces idées. Autrement ça ne demeure que des idées et ça n’a aucun intérêt ». Louis, 24 ans, roule pour Debout la République, le parti de Nicolas Dupont- Aignan. « Il y a cinq ans, j’ai commencé à vouloir chercher à m’identifier à une idéologie politique. J’en suis arrivé à la conclusion que j’étais souverainiste, de droite, mais pas extrémiste pour autant. En 2011, j’ai découvert Debout la République, dont le positionnement me correspondait ». Que ce soit pour Raphaël ou pour Louis, l’engagement est d’abord passé par l’étape réflexion. Le sentiment d’appartenance à une ligne défendue ne Frederique Voisin-Demery fait pour autant pas tout. Louis détaille ainsi : « Je trouve qu’à partir du moment où l’on a ses idées politiques, que l’on veut les soutenir, et que l’on sait à quel parti elles correspondent, le fait d’adhérer, c’est assumer totalement et librement ses idées, en plus de les défendre et de vouloir les faire progresser ». Camille, 19 ans, milite depuis septembre 2012 au Mouvement des jeunes socialistes (MJS), la structure des jeunes du Parti Socialiste. A contrario des autres partis évoqués précédemment, le PS est une grosse machine où les militants se comptent par centaines de milliers et qui, comme pour l’UMP, a en son sein plusieurs positions idéologiques différentes. Elle explique alors sobrement ses motivations : « c’est le parti qui se rapproche le plus de mes valeurs et de mon éducation, et cela correspond à mes aspirations professionnelles », mais se défend en ajoutant « on peut avoir de l’ambition sans pour autant être opportuniste ». Car faire carrière dans la politique n’est pas réservé à tout le monde et nécessite des années d’investissement. « Ceux qui s’engagent en pensant progresser tout de suite sont d’ailleurs souvent déçus » explique Camille. Ce que confirme Louis : « Beaucoup de gens pensent qu’en s’engageant dans un parti, ils auront très rapidement de l’influence. Et généralement, on ne les revoit pas beaucoup après ». Mais une fois militant, l’étape suivante est d’entrer dans l’arène du jeu politique. « À la base, je n’avais pas l’intention de faire carrière, et je DOSSIER reprends d’ailleurs chaque année ma carte par idéologie, ajoute Louis. Mais une fois ma formation universitaire terminée, me présenter à une élection locale, je peux tout à fait le concevoir ». On ne retrouve pas cette ambition chez Raphaël en revanche, ce qu’il explique par le fondement de Lutte Ouvrière, qui est « un parti dont les membres n’ont pas vocation à se faire élire, précise-t-il, les élections servent à nous donner une tribune pour exprimer nos idées. Mais tant que je pourrai continuer à aller à la rencontre des autres et échanger avec eux, je le ferai ». Hors périodes électorales, tous passent au minimumentre 2 à 5 heures par semaine à militer pour leur parti. Si la politique peut regorger de basses querelles et de luttes intempestives, le jeune militant semble se tenir provisoirement loin de tout ça. L’engagement politique leur permet entre autres de se retrouver « avec des personnes de sa tranche d’âge » raconte Camille, d’échanger sur des questions de tout genre, avec en leitmotiv l’envie de faire et de réaliser. Si certains semblent penser à leur carrière en se rasant le matin depuis qu’ils sont en âge de le faire, cela ne semble pas être le cas ici. Mais comme l’appétit vient en mangeant, l’ambition semble croître au fil des réunions militantes. ● Amaury Paul Faces B• 25 Mathieu Delmestre



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :