Faces B n°4 mar/avr/mai 2013
Faces B n°4 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : dossier « s'engager »... we can do it!

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
DOSSIER Il serait ainsi devenu « une source de loisir et de plaisir », qui permet de « se connaître », « se produire », ou « se réaliser ». Cette action serait aussi motivée par l’envie « d’exprimer sa personnalité », de « faire des rencontres enrichissantes » ou de « s’accomplir ». Un véritable changement de discours qui montre pour les chercheurs, que « contrairement à ce que l’on peut entendre dans les médias, le lien social est plus que jamais présent ». Malgré le pessimisme qui règne dans le discours ambiant, les candidats à l’engagement d’aujourd’hui ne sont pas moins nombreux qu’hier. Faire naître le goût de l’engagement chez les jeunes générations était l’objectif annoncé du service civique instauré en mars 2010 par Martin Hirsch, alors Haut-commissaire à la Jeunesse. Les 16-25 ans peuvent désormais choisir d’effectuer une mission d’intérêt général indemnisée pendant 6 mois ou un an, en France ou à l’étranger. Malheureusement, le regard français sur le volontariat à l’étranger serait encore empreint de clichés injustifiés. Les humanitaires sont souvent perçus comme des gens idéalistes, peu adaptables à l’entreprise. Une mentalité à l’opposé des Anglo-Saxons, pour qui l’engagement fait partie intégrante de la vie et du CV. Alors, à quand la rubrique « engagement » sur le CV français ? Voilà qui aurait rassuré feu Stéphane Hessel, qui déclarait dans Engagez-vous ! *** : « Il suffit qu’il y ait une minorité solide, active, de jeunes qui considèrent que l’engagement signifie quelque chose, et à ce moment là nous aurons une France résistante. » Et d’ajouter pour préciser de quelle forme nouvelle de résistance il s’agit : « Résister, c’est considérer qu’il y a des choses scandaleuses autour de nous et qui doivent être combattues avec vigueur. C’est refuser de se laisser aller à une situation qu’on pourrait accepter comme malheureusement définitive. » 20• Faces B Et maintenant, que vais-je faire ? Une fois convaincu de la nécessité de s’engager, encore faut-il savoir où et comment commencer, tant le champ des causes à défendre est vaste. Le tout est de savoir celle qui nous convient le mieux et le mode d’action adapté à notre situation. On s’engage au nom de principes que l’on estime justes. Pour Ginette Lemaitre* (encore elle…), « il faut qu’il y ait le sentiment d’une nécessité impérieuse et qu’une issue soit possible dans le sens des valeurs les plus profondes de la personne qui s’engage. » Le site jeveuxaider.com propose une mine d’informations pour répondre au mieux aux différentes bonnes volontés. Il recense les acteurs de la solidarité, explique comment les contacter et comment chacun peut apporter sa contribution, qu’il s’agisse de donner des biens (vêtements, meubles, nourriture), du temps ou de l’argent. Collecter de l’argent est une nécessité, en France, 60% des associations de solidarité ont un budget annuel inférieur à 10 000 €. Rappelons que ce type de don ouvre droit à une réduction fiscale. Au-delà des dons et du bénévolat classique, de nouvelles formes d’engagement voient régulièrement le jour, de telle sorte que chacun, à son échelle, en fonction de ses connaissances, de ses talents et de ses disponibilités, peut apporter sa pierre à l’édifice. Grâce à des plates-formes comme mymajorcompany, kisskissbankbank ou babeldoor, on devient mécène, en soutenant de jeunes artistes ou entrepreneurs. Nous passons ainsi de simples consommateurs de biens culturels à découvreurs de nouveaux talents. Nous donnons du poids à nos choix artistiques. Sans attendre de véritable retour
sur investissement dans la mesure où les contreparties non financières relèvent souvent de l’anecdotique (cela va des goodies à la place de concert). Et c’est aussi là l’intérêt de ce type de contribution qui tourne le dos à la pure logique de rentabilité. Seuls importent le coup de cœur et le plaisir de contribuer à la concrétisation d’un projet. Dans le même esprit, certains s’improvisent banquiers d’un nouveau genre en finançant des projets solidaires. Un micro-crédit permet à des porteurs de projet exclus du système bancaire traditionnel d’accéder à une autre forme de financement. L’emprunteur ne s’inscrit plus dans la logique inégalitaire parfois dévalorisante du don. Sur le site Babyloan, les prêteurs sont remboursés régulièrement, par petites sommes, et reçoivent des nouvelles de l’entrepreneur qu’ils ont aidé, pour savoir où va la somme prêtée. Vos enfants sont grands et vos petits-enfants vivent loin (ou vous déplorez de n’avoir ni l’un ni l’autre…), pourquoi ne pas devenir papi ou mamie de cœur pour des enfants qui n’ont pas de grands-parents ? Il s’agit avant tout de briser la solitude au quotidien en misant sur de nouveaux liens, non pas de sang mais de cœur. Et d’offrir ainsi, aux uns comme aux autres, un petit supplément d’affection et le plaisir de se sentir utile. Les sites super-grandparents et grandsparrains se chargent de la mise en relation, comme sur un site de rencontres… Plus original encore, devenir guide touristique d’un jour. L’association la plus connue, Parisiens d’un jour, se trouve à Paris, mais rien ne vous empêche de créer la vôtre dans votre ville (toutes les informations sont sur le site globalgreeternetwork). Vous avez envie de faire sortir les touristes des sentiers battus et de leur faire découvrir votre ville et ses trésors cachés ? Une occasion de partager votre enthousiasme d’habitant et de faire DOSSIER d’enrichissantes rencontres. Ainsi, personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas comment faire pour s’engager. Le mot de la fin revient à Ginette* : « Aujourd’hui, j’ai 67 ans et je me sens toujours aussi engagée qu’à 20 ans. C’est une question que les gens me posent souvent. Ils me disent : « À ton âge, tu devrais savoir que les choses ne changent pas, que tout cela ne sert à rien. » Je ne raisonne pas comme ça. Être engagée, pour moi, c’est ma respiration, ma façon de vivre. Je ne vois pas pourquoi je la modifierais en vieillissant. Peu m’importe que le monde change ou pas. Mon désir est de vivre un relationnel de plus en plus riche, de plus en plus sensible à tout ce qui continue à être vivant autour de moi. » C’est grâce à de telles personnalités, impliquées, courageuses et battantes, que le monde peut s’améliorer, vers plus de respect, plus de liberté, plus d’humanisme. ● Caroline Simon Bibliographie : * Ginette Lemaitre, Leçons de vie d’une engagée, entretien avec Patrice van Eersel, pour le magazine CLES (hélas non daté…) ** www.cnrs.fr/inshs/recherche/benevolat.htm *** Engagez-vous ! Stéphane Hessel, entretiens avec Gilles Vanderpooten « Que l’humanitaire disparaisse et la démocratie ne tardera pas à le suivre. Si un peuple ne se soucie plus des autres ou s’il réserve sa sollicitude à ses semblables en race ou en religion, alors il n’est plus fait de citoyens et il appelle la tyrannie. » (Jean Christophe Rufin, L’aventure humanitaire, Découvertes Gallimard, 1994) Faces B• 21



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :