Faces B n°3 déc 12/jan-fév 2013
Faces B n°3 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : l'art de Sophie Pawlak.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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musique 44• Faces B L’émiXion du Furet #3 « La musique est la langue des émotions », enseignait Emmanuel Kant. À dire vrai, pour le Furet, elle ne vaut que si elle EST émotion. Tout le reste n’est que performance technique stérile, juste bonne à satisfaire des musiciens en mal de composition. La sélection qui suit dépeindra la plus vaste palette d’émotions possible : l’amour, retrouvé ou perdu, la nostalgie, la mélancolie, l’énergie, la légèreté, le bonheur en fusion, la rudesse, la froideur, la violence, le rêve, l’envie mais surtout pas l’ennui. Et encore moins le déni. Car c’est en affrontant ses émotions, les plus vives comme les plus sombres, en les ressentant au plus profond que l’on a une chance de se sentir enfin… vivants. Ah et pour ceux qui sont éveillés, deux CD à gagner dans cette nouvelle édition : si c’est pas beau ça, après vous n’irez pas dire qu’on ne vous gâte pas ! Onirique Frank Rabeyrolles : #8 Un monde onirique proche de l’univers d’un Sébastien Schuller, une pop synthétique éthérée, des morceaux tout en retenue à la frêle élégance : ce sont les armes déployées par Frank Rabeyrolles, qui sévit depuis huit ans déjà dans les limbes de la dream pop -lo fi, sous les pseudonymes aussi variés que Double U ou Franklin. Sa nouvelle production, en s’évadant moins sur les terres de l’expérimentation, replace le sentiment pur au centre du débat. Il se fait du coup plus présent, plus touchant : mysticisme, mélancolie, douce mélodie, caresse entêtante, lueur sont les substantifs qui viennent en tête à son écoute. Une écoute faite de bonnes vibrations, qui pourraient bien amener l’auteur à rester dans ces sentiers un peu plus longtemps que prévu, au lieu d’errer sur de multiples terres. À noter : Un CD à gagner aux deux premiers qui répondront à la question suivante : ► « Sur quel label est signé Frank Rabeyrolles ? » Réponse à envoyer à courrier@facesb.fr en laissant ses coordonnées complètes. Voyageur Lo’Jo : Cinema El Mundo Déjà trente ans de carrière et pas tellement de rides à l’horizon pour le combo angevin Lo’Jo. Dans son sillon on trouve, enchanteurs et enchantés, des arbres de vie de tous pays, des graines du monde qui n’en finissent jamais de fleurir, des images d’ici qui vous entraînent dans le plus bel ailleurs. Dans ce voyage perpétuel, les Lo’Jo ont emmené dans leurs bagages plusieurs de leurs amis : Vincent Segal (Bumcello), Ibrahim (Tinariwen) ou encore Robert Wyatt. Les langues se font aussi variées que les sons, d’Afrique en Amérique du Sud, du langage cinématographique à l’espagnol et au français, les transports sont à l’honneur… Sûrement à un degré moindre que dans les albums qui nous les ont fait adorer, avec une plus grande lenteur, mais toujours avec la même passion. Nerveux Mensch : Mensch Cachées derrière une dégaine de Berlinoises underground, Vale Poher et Carine Di Vita : deux Lyonnaises au parcours musical déjà bien tranché. Avec ce premier album, elles explorent avec grâce et nervosité les routes du post-punk comme celles du krautrock et de l’électro. L’idée : faire danser sur des musiques aux basses lourdes de sens, aller à l’essentiel, de façon brute et décomplexée, faire le choix de la simplicité. Ces huit titres s’écoutent d’une traite et comme c’est bien trop court, on en reprend une bonne dose. Efficacité assurée ! Le coin des remix Inégal Archive : With us until you’re dead « Avec nous jusqu’à la mort » : un tel titre amène à la fois réjouissance et désarroi ! Si l’on y obtient l’assurance que le groupe ne nous quittera plus jamais (et c’est vrai tant leurs titres phares sont ancrés dans nos mémoires), on y comprend aussi que plus jamais Archive ne pourra nous faire l’effet d’une bombe. Sur cet album aux aspects inégaux, aux aspérités un peu lâches, aux notes par trop lancinantes, on retiendra deux pics majestueux, Conflict et Violently, qui conservent intacte l’énergie originelle. La recette du progressif se fait ici plus lente, voire se fait attendre, engendrant des pesanteurs malvenues. Dommage. Quelques idées de très bons titres, dont l’envolée est assurée par des remix de qualité, idéal en club, indispensable à votre prochaine soirée de nouvel an : - Saint Michel : Katerine (Lifelike remix) - Vadoinmessico : Teeo (Crystal Fighters remix) - Marbert Rocel & Osunlade : Let’s take off (Yoruba soul mix) - Citizens ! : True Romance (Gigamesh remix) - Friends : I’m His Girl (Jake Bullit Remix)
Pétillant Concrete Knives : Be Your Own King Sur la foi de leur premier Ep, You Can’t Blame The Youth sorti en avril 2011, les Normands de Concrete Knives ont prouvé en 5 titres qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleurs groupes de brit pop. Pas étonnant dès lors que ce soit Simon Raymonde lui-même (ancien bassiste des Cocteau Twins à la tête du label Bella Union) qui les ait contactés pour signer leur premier opus. C’est joyeux, poppy à souhait, jamais bégueule, plein d’une énergie folle, d’une innocence retrouvée, d’une naïveté débridée. En concert comme sur disque, ça pétille sous la dent, ça ensoleille les neurones, ça réchauffe le cœur bien mieux qu’un feu de cheminée… Attention à l’explosion ! Bouillonnant Skip&Die : Riots in the Jungle C’est une constante chez les groupes sud-africains qui émergent en Europe : une énergie hors pair, un sens de la fusion des genres inhérente à la multiculturalité du lieu, bref, une capacité hors norme à faire péter les barrières, à ne pas s’embarrasser des frontières. Des genres (pop, hip-hop, musiques du monde des Balkans à la cumbia, rock, électro) et des langues (anglais, afrikaans…), Skip&Die en joue, s’engoue, s’enroue parfois mais qu’importe. La jeunesse de leur démarche est largement compensée par leur généreuse impétuosité. Étincelant Efterklang : Piramida Ce quatrième album des Danois, est le digne compagnon d’un morne automne, une brume de chaleur diffuse qui se répand en vous comme la caresse de l’être aimé-e, un univers de confort aux notes arrondies, aux arrangements précis, aux tons adoucis. Moins tourmenté, plus posé et homogène que ses prédécesseurs, Piramida nous enseigne, à l’instar du qi gong, que ralentir le rythme peut être source de plaisir immédiat, de capacité à entrer de plain-pied dans l’instant présent, à profiter pleinement de la sérénité de son environnement. Le champ des possibles ouvert sur cet opus donne corps à un espacetemps où l’émotion est reine, où la magie agit. D’une beauté étincelante. Théâtral Chrome Canyon : Elemental Themes Derrière Chrome Canyon se cache Morgan Z, échappé du groupe Apes & Androids et repéré pour avoir remixé Passion Pit, Phoenix ou Foster The People. Cet Ovni de l’électronique amène par touches légères et nappes éthérées son avant-goût pour le piano, le jazz, le futurisme, l’inter-espace ou les BO de Air et de Vangelis (bon, parfois un peu trop, il faut l’avouer !). Une aventure à la fois spatiale et théâtrale, à l’odeur forte de nostalgie, qui vous laisse en apesanteur, se sirote à l’apéro comme à l’heure du thé, s’apprécie par temps glacé comme par bribes ensoleillées. Joyeusement foutraque The Bewitched Hands : Vampiric Way Leur premier album Birds & Drums nous avait enseigné qu’il était possible d’aimer au même niveau les Pixies et les Beach Boys, que la folk pouvait être allègre et entraînante, aussi énergique que du rock et vivifiante comme un bol d’air en pleine montagne. Cette deuxième galette, plus pop, plus posée mais aussi plus « digérée », s’avère tout aussi joyeusement foutraque et confirme la vivacité de leurs qualités mélodiques et leur réel pouvoir d’embrasement (sans parler de la scène où les Rémois assurent des sets déchaînés). Certains titres filent à 200 à l’heure, d’autres font montre de leurs qualités pop ouvertes et joyeuses, d’autres encore se tournent vers la ballade, parfois ronflante, mais sans dénaturer la hauteur de l’exercice. Radical Light Asylum : Light Asylum Ce duo industriel plutôt radical livre sa vision toute personnelle d’un électro goth contemporain, visuel, spasmodique, énergique à souhait, une new-wave revisitée qui déploie toute sa force sur scène, où la chanteuse Shannon Funchess s’avère être une véritable performeuse, au look androgyne, rasée, tatouée et tout de cuir vêtue… Elle a d’ailleurs déjà prêté sa voix puissante à des groupes tels que Telepathe ou TV On The Radio. Si certains passeront leur chemin, les autres en apprécieront l’intensité prête à attaquer les dancefloors. musique Libéré Paul Banks : Banks Dès le morceau introductif, The Base, Paul Banks donne le ton : après une première tentative en 2009 sous le nom de Julian Plenti, le chanteur d’Interpol prend son envol en solo avec un album aux belles envolées pop, qui parviennent bien mieux qu’avec le groupe précité à s’extirper de leurs pesantes référenceseighties. Paul Banks y est comme libéré. Sa voix profonde trouve enfin toute la place qu’elle mérite, accolée à des sonorités plus légères qu’à l’accoutumée. Ses pop songs entraînantes, voire virevoltantes, ont une belle épaisseur, accrochent l’oreille, tant et si bien que l’on a envie d’y revenir très vite et de rester dans ce cocon. I feel young again, conte le chanteur : à son écoute, nous aussi ! Discret Mathieu Boogaerts : Mathieu Boogaerts Le charme discret et enjôleur de Mathieu Boogaerts agit encore une fois avec délice : légèreté, humour et textes décalés sont au service de ses amours perdues, de ses doux fantasmes, de sa fantaisie infinie. Et toujours l’humour, omniprésent, accompagné de trois accords bricolo, de notes aussi discrètes et généreuses que le bonhomme, tantôt Pierrot lunaire, tantôt lutin ébouriffé. « C’est tellement beau oui toutes ces sirènes dans ma tête, c’est tellement beau, non, je ne veux pas qu’elles s’arrêtent », chante ce joyeux luron : comme celles qu’il nous fait entendre à longueur d’album. De façon lumineuse ! Faces B• 45



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