Faces B n°3 déc 12/jan-fév 2013
Faces B n°3 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : l'art de Sophie Pawlak.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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dossier Quant à ma force mentale, je l’ai puisée dans les tristes événements qui ont frappé ma famille. Pendant que je préparais le Spartathlon, mon beau-père est décédé brutalement. Ma femme est alors entrée dans un profond chagrin, tandis que ma belle-mère est tombée dans la spirale de la dépression. Rien de tel n’était advenu dans ma vie auparavant. Je n’avais jamais été témoin d’une telle souffrance émotionnelle. Je me suis alors mis à courir plus vite et plus longtemps, contre le spectre de la mort. La souffrance physique me rendait plus vivant. C’était ma pénitence, même si cela peut sembler un peu ridicule… J’avais l’impression qu’en souffrant moi aussi un peu, je comprenais mieux leur peine. Et c’est grâce à cette souffrance que j’ai découvert un nouveau mode de relation avec ceux que j’aime. Courir a fait de moi une meilleure personne, plus proche de ma famille et capable d’empathie. FB : Aujourd’hui, après une telle expérience, trouvez-vous encore un intérêt à courir, et si c’est le cas, le faites-vous dans l’espoir de retrouver cette sensation de « surpuissance » ? RH : J’avais promis à Laurence, mon épouse, que le Spartathlon serait mon ultime challenge. J’ai donc repris une vie normale, entre mon boulot, mes sorties au pub et mes soirées devant la télé… Je dois admettre que cette obsession de courir comporte des sacrifices. Courir 120 miles par semaine prend énormément de temps. Nous avons désormais un jeune fils, ce qui entraîne légitimement des compromis si je ne veux pas paraître trop égoïste. Mais courir est une expérience personnelle si intense qu’elle en devient vite une obsession. En 2011, j’ai couru le double marathon de Londres et j’ai pris plaisir à retrouver ce moment particulier, autour du dix-huitième mile, où l’on plonge dans l’obscurité et où l’on éprouve cette sensation extraordinaire de ne pas savoir ce qui va se passer… ● 36• Faces B Propos recueillis par Caroline Simon En savoir plus : Visionnez l’intervention de Robin au TEDx Hull en mars 2012 http://www.youtube.com/watch ? v=-yilSud7GdE *Why We Run : A Story of Obsession, par Robin Harvie (John Murray Publishers). Ce livre n’est malheureusement pas encore disponible en français.
dossier Consommer ce dont on a besoin, et pas plus Rue89 et Versilio ont publié cet été un ouvrage numérique à la suite d’entretiens entre deux journalistes, Pierre Haski et Sophie Caillat, et Pierre Rabhi, chez lui, en Ardèche. Il s’agit d’un ebook disponible sur plusieurs plates-formesde librairies en ligne, intitulé Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde. Pourquoi faire un écho sur ce « bouquin » ? Pour en savoir plus sur le livre : http://www.rue89.com/2012/08/02/lebook-de-rue89-avec-pierre-rabhi-disposans-drm-234292 Et la bande annonce, qui est un extrait des différentes vidéos présentes dans l’ebook : http://www.youtube.com/watch ? v=fYlhySf5I Bk&feature=player_embedded D’abord, parce que le sujet le mérite. Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, Pierre Rabhi est un personnage emblématique de l’agriculture bio, un véritable précurseur des méthodes douces qu’il a utilisées bien avant que ne se déchaîne la problématique environnementale. Il est aujourd’hui une figure de proue et intervient notamment dans des pays d’Afrique arides pour transmettre son savoir. Ce n’est pas son premier livre et ses messages sont les mêmes : le respect de la terre et l’autonomie alimentaire. Son raisonnement est simple et rationnel, fondé sur la mesure. « Consommer ce dont on a besoin et pas plus », opter pour une « sobriété heureuse ». Ça paraît bête comme ça, mais combien de fois par jour dépassons-nous (moi compris) la limite ? En eau, en nourriture, en lumière, en emballage, en chauffage, en carburant ? Bref, si ce livre-là permet de se poser des questions, voire de se remettre en question, et bien c’est déjà pas mal. D’autant que contrairement aux contre-arguments de base, non, il ne s’agit pas de revenir aux peaux de bête et à la bougie, mais tout bonnement de se rendre compte que tout ce que l’on fait a un impact, un peu comme l’effet papillon de Bénabar… Laurent Baheux Ensuite, je trouve que le concept de l’ebook est pertinent. D’une part, parce qu’il permet à une (petite) institution comme Rue89, qui fait du bon boulot rédactionnel, de sortir un livre sans trop de frais. D’autre part, parce qu’il permet de proposer un ouvrage à un prix nettement plus accessible que le format papier (4,99 euros). Enfin, parce qu’il dépasse le cadre du livre papier avec des insertions vidéos, alliant ainsi témoignages et reportages, ce qui donne alors une toute autre dimension aux messages. Alors oui, je sais que les détracteurs pourront dire que ces nouvelles versions numériques sont bien plus nuisibles (pollution nucléaire et matériel hightech versus papier, connexion internet cancérigène, etc), probablement les mêmes qui râlent que c’est facile de clamer la protection de la planète du haut d’un hélico… Maintenant, n’étant ni un expert, ni un technicien, je ne pourrai évidemment rien produire aucune pièce en défense, si ce n’est que cet ebook a la noble vocation, comme les autres ouvrages de Pierre Rabhi, de conduire à une « insurrection des consciences » et ça, ça ne peut pas faire de mal. ● Laurent Baheux Photographe français, Laurent Baheux est né un jour de mars 1970 à Poitiers. Il a débuté le journalisme comme rédacteur sportif au quotidien régional Centre Presse à Poitiers, où il a découvert la photographie en autodidacte. Il couvre les événements de l’actualité sportive nationale et internationale depuis 1998, tels que les jeux olympiques, les coupes du monde de football et rugby ou encore les tournois du grand chelem de tennis. En parallèle, il réalise depuis 2002 un travail personnel en noir et blanc sur la grande faune sauvage du continent africain. Ses photographies sont exposées dans différentes galeries d’art en France et à l’étranger. Faces B• 37



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