Faces B n°3 déc 12/jan-fév 2013
Faces B n°3 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : l'art de Sophie Pawlak.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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dossier 34• Faces B Pourquoi courons-nous ? Tout le monde peut courir. Qu’il s’agisse d’un jogging autour d’un parc un dimanche matin, ou de s’aligner avec 40 000 autres coureurs au départ du marathon de Londres, pour courir, il suffit d’une bonne paire de baskets et d’une route à suivre. Mais où cette route nous mène-t-elle et pourquoi courons-nous ? C’est la question à laquelle Robin Harvie, auteur britannique de 35 ans, répond dans son livre Why we run*. L’enquête menée par Robin Harvie l’a conduit à expérimenter les courses longue distance, à courir toujours plus, jusqu’à l’obsession. Jusqu’à l’épreuve la plus ancienne et la plus ardue du monde : le Spartathlon. 256 kilomètres entre Athènes et Sparte ! Un défi de l’extrême dont nous parle celui qui pense toujours ne pas être un athlète. FACES B : Robin, comment est née votre soif de course ? Robin Harvie : J’ai couru mon premier marathon en 2000 pour gagner un pari, lancé lors d’une soirée un peu arrosée. Contre toute attente, j’ai très vite pris goût à la course. Mais, quelques marathons plus tard, j’ai réalisé que je n’améliorais plus mon temps. Mes performances semblaient figées à trois heures et douze minutes. C’est alors que je me suis demandé si, à défaut de courir plus vite, je pouvais courir plus longtemps. Quelle distance étais-je capable de parcourir ? J’ai voulu tester mes limites. FB : Vous vous êtes donc lancé dans des courses longue distance ? RH : Je me suis d’abord préparé pour la Round Rotterdam 50 (50 miles, soit plus de 80 km). Puis j’ai couru le Bob Graham Round dans le Lake District, une distance de 72 miles (environ 116 km) avec presque 6000 mètres de dénivelé positif, à parcourir en moins de 24 heures... Plus je courais, plus mon corps et mon esprit en redemandaient. Il y a un moment où l’on souffre, mais on finit toujours par ressentir un réel plaisir, proche de l’ivresse. C’est donc progressivement que je me suis fixé, comme ultime challenge, de courir le Spartathlon. FB : Le mythique Spartathlon, parlons-en… 256 km, 36 heures de course non stop : ce sont des chiffres affolants, presque irréels pour le commun des mortels. Quand vous vous êtes aligné sur la ligne de départ en 2009, aviez-vous conscience de la dimension surhumaine d’un tel exploit ? RH : Bien sûr ! Et je m’étais préparé pour une telle distance. Je m’entraînais en courant 120 miles (193 km) par semaine, sur mon temps libre. Chaque samedi matin, je chaussais mes running shoes et courais le long de la Tamise. Et chaque Laurence Harvie
dimanche, je recommençais... J’ai parcouru 6000 miles (9656 km) en un an ! Quand je suis revenu du Spartathlon (que je n’ai pas terminé), après avoir ressenti comme jamais la douleur de l’effort, je me suis dit : « Dorénavant, je peux faire n’importe quoi. Rien ne me fera plus jamais peur, rien ne pourra me blesser autant que cette course. » Une telle expérience vous procure de la force et de la résistance pour toutes sortes de situations. Vous savez que vous êtes plus fort. La course de fond est une discipline qui m’a permis de découvrir qui j’étais et de quoi j’étais fait. Il m’a fallu un peu de temps pour réaliser que quelque chose en moi s’était rompu pendant cette course, certaines résistances. Comme si on avait coulé sur moi une carapace de métal... Courir sur une aussi longue distance constitue une expérience quasi mystique, voire métaphysique. À tel point qu’il est difficile de trouver les bons mots pour en parler. FB : Vous l’avez pourtant brillamment racontée dans votre livre, Why we run*. RH : J’avais envie de partager cette expérience avec d’autres coureurs, et même de faire des émules ! Je conseille à tout le monde de courir un marathon pour ressentir cette ivresse et aux marathoniens de courir sur de plus longues distances. On ne réalise pas toute la force que l’on porte en soi. FB : Vous semblez ne retenir que les points positifs de cette épreuve. N’avez-vous jamais souffert pendant cette épreuve extrême ? Comment êtes-vous parvenu à gérer un effort aussi éprouvant ? RH : Bien sûr qu’il y a eu de la souffrance. Quand on parcourt de telles distances, même pendant les entraînements, vomir et saigner font partie de l’aventure… On perd beaucoup de poids, particulièrement en été. Au Spartathlon, après 17 heures de course et 85 miles (137 km), je me suis littéralement écroulé. J’étais complètement détruit, j’ai eu l’impression de me noyer. Pendant trois mois, j’ai dû dormir 14 heures par jour pour laisser à mon corps le temps de cicatriser. ► dossier Faces B• 35 Alan Walter Laurence Harvie



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