Faces B n°3 déc 12/jan-fév 2013
Faces B n°3 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : l'art de Sophie Pawlak.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12• Faces B ALTERNATIVES Ces citoyens bâtisseurs Conjuguer logements individuels et équipements collectifs pour préserver l’environnement et tisser des liens solidaires : tels sont les objectifs des initiatives immobilières à l’honneur lors des « Rencontres nationales de l’habitat participatif » organisées en novembre à Grenoble. L’occasion pour FACES B de présenter un projet d’habitat groupé, petite pierre d’une dynamique en pleine expansion... Dans Mon Oncle de Jacques Tati (1958), la famille Arpel est fière de sa maison suréquipée entourée d’une haute palissade. Ce rêve de l’habitat individuel qui s’étale sans vergogne sur le paysage et grignote les terres agricoles a été usé par les crises écologique, économique et du logement. Aujourd’hui, des citoyens imaginatifs conçoivent eux-mêmes des bâtiments qu’ils partagent et gèrent ensemble. De péché, lorgner chez son voisin est devenu une question de solidarité. Ainsi a commencé l’histoire du Verger de Sylvestre à Palaiseau. En s’apercevant que le terrain voisin risquait d’être vendu à des promoteurs immobiliers, Pierre Jeammes et Véronique Taconet-Jeammes, habitants d’une ville francilienne en plein développement, ont vu resurgir leur vieille idée : monter un projet d’habitat groupé. Aidés par la Ville et le cabinet d’architectes VPBA (Van Panhuys Bais- Architecten), avec d’autres foyers, ils se sont constitués en société civile immobilière pour entreprendre l’acquisition de la parcelle (2735 m²) et obtenir, en octobre, un permis de construire. Les 15 appartements ont été dessinés selon les principes de l’architecture bioclimatique : constructions légères en bois avec isolation renforcée et larges ouvertures vitrées au sud pour capter la chaleur, toitures végétales et panneaux solaires, récupération de l’eau pluviale, etc. Durable, le projet l’est aussi par la conservation d’une maison du début du 20 e siècle dont les légataires sont heureux qu’elle ne disparaisse pas avec la vente du terrain. Le projet d’habitat groupé de Palaiseau (91) a été dessiné par le cabinet d’architectes VPBA, qui travaille sur plusieurs habitats européens de ce type. Une volonté de mixité sociale Dans le futur Verger de Sylvestre, jardin, cour, salle commune, équipements et talents seront mutualisés. « La proximité des transports en commun et des services du centre-ville limiteront aussi notre empreinte écologique, précise Philippe Laffontas, impliqué dans le projet. Ce n’est pas un habitat communautaire : chaque famille a son logement. Il s’agit plutôt de s’inspirer de la solidarité du village à l’africaine, où chacun jette un œil sur les enfants des autres… En résidence collective où j’ai vécu, il
n’y avait pas tant de contacts entre voisins et les tâches communes étaient déléguées à un tiers (concierge, syndic). » Soucieux de mixité, les foyers entrepreneurs (familles, célibataires, jeunes ou âgés) ont invité le bailleur social Habitat solidaire à prendre part à l’investissement via la location de quatre appartements. Un logement devrait également être loué à des étudiants en colocation. Accompagnés dans les aspects juridiques ou financiers par une assistance à la maîtrise d’ouvrage, ces promoteurs apprentis se réunissent une fois par semaine. « Beaucoup de décisions sont encore à prendre concernant l’usage des espaces collectifs, la gestion des travaux, etc., explique Pierre Jeammes. Nous attendons actuellement les études des thermiciens, obligatoires pour obtenir le label BBC*. Les personnes ayant envie de partager avec les autres une vie sociale et de s’engager dans une aventure immobilière non spéculative sont les bienvenues ! » Résidente à Orsay, la ville voisine, Claude Thomas-Collombier vit dans un habitat autogéré depuis 1982 : « Mes enfants se rendaient à l’école avec ceux des autres, ils jouaient tous ensemble. Grâce à notre salle commune, je reçois 50 personnes, ce que je ne pourrais faire en habitat individuel. Même s’il y a quelques tensions, les relations avec les voisins sont plus fortes qu’en Une utopie qui se construit... Habitat groupé, participatif, coopératif... Actuellement, c’est plutôt le terme participatif qui est diffusé*, « plus approprié à la démarche des habitants que celui de « groupé », qui peut représenter une forme d’urbanisme représentée par les bailleurs classiques », note Gérard Vabre, salarié aux HabILeS, association co-organisatrice des 2 es Rencontres nationales de l’habitat participatif. Le mot englobe une diversité de projets dont certains peuvent être à l’initiative de collectivités territoriales. C’est le cas à Bègles (33) où, depuis septembre, les citoyens sont invités à imaginer un projet d’habitat coopératif impulsé par la Ville et un bailleur social. Situé au sein de l’opération d’intérêt national Bordeaux-Euratlantique, il comprendra une dizaine de logements en accession à la propriété. N’est-il pas contradictoire que des projets citoyens se voulant alternatifs, illustrant le « Do It Yourself » **, soient impulsés par les pouvoirs publics ? « Étant donné la difficulté d’accès au foncier, les collectivités territoriales peuvent apporter leur aide, en laissant par exemple le temps à des projets citoyens de se structurer avant que le terrain ne soit raflé par des promoteurs », explique Gérard Vabre. En 2009, Noël Mamère (maire de Bègles), Yves Cochet et François de Rugy déposaient la première proposition de loi pour la constitution d’un tiers secteur de « l’habitat participatif, diversifié et écologique » en vue de reconnaître un droit à l’expérimentation en termes de construction. Pour la première fois en 2013, l’institut de formation à l’écologie urbaine Init Environnement proposera une formation de quatre mois à la coordination de projet d’habitat participatif. Un futur métier ? alternatives habitat classique et les décisions sont toujours démocratiques. » Claude a ainsi pu repeindre une chambre avec des voisins cet été, elle ne se pose pas non plus de questions lorsqu’un colis doit être livré et ses petits-enfants profitent d’équipements communs, comme la table de ping-pong. Dans la jolie maison de Mon Oncle, le petit Arpel se morfondait… Trois foyers sont encore recherchés pour le projet palaisien pour une surface de quelque 200 m². Pour y prendre part : www.levergerdesylvestre.fr ● * BBC : Bâtiment basse consommation Habitat groupé à Bègles 05 56 49 88 88 Init Environnement Bordeaux : 05 57 54 75 14 http://www.init-environnement.com/Marie Barral * Fin 2011 en France étaient recensés quelque 250 projets d’habitats participatifs engagés et une vingtaine aboutis. ** Do it yourself (ou « fais le toi-même ») ou culture de la débrouille. Terme au départ employé pour les groupes de musique (dits groupes DIY) qui faisaient tout eux-mêmes, de la production d’albums aux concerts. Faces B• 13



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