Faces B n°2 sep/oct/nov 2012
Faces B n°2 sep/oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de sep/oct/nov 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

  • Dans ce numéro : art... Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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dossier Invitation divine : pour vous, avec vous et en vous À travers les interrogations qu’ils suscitent, les itinéraires religieux, destins cachés derrière de larges murs, peuvent conduire chacun de nous à envisager un mystère encore plus grand, celui de la spiritualité. Difficile de savoir ce qui pousse ces hommes et femmes à changer radicalement de vie, car de la foi au don de soi, il y a souvent plus d’un pas. Quand la vocation invite la réflexion... 38• Faces B Anthony Rojo Ressentir la foi, une affaire de choix ou une aspiration naturelle ? Même si, pour certains, la foi est considérée comme une absurdité difficilement explicable, pour d’autres, croire est aussi naturel que respirer. Perçues comme un appel à une vie différente, qui paraîtra austère à qui ne choisit pas cette voie, les promesses d’une aventure enrichissante engendrent la vocation religieuse. Il y a comme une disproportion dans l’appel de Dieu, quelque chose de transcendant, qui dépasse et éblouit celui qui le reçoit, en lui ouvrant la porte d’un monde qui peut échapper aux autres. Certes, avant de s’engager, faut-il encore ressentir la foi, l’expression d’une certitude intérieure. Les hommes d’église éprouvent cet amour de Dieu, qui les pousse à se consacrer à lui tout entier. Par cette dévotion, ils concrétisent, de fait, un choix qui les « invite » à prendre une décision radicale de changement. Percevoir cette alternative comme un abandon de vivre serait pourtant réducteur, si on envisage la religion comme un pas de côté pour mieux « voir ». Doiton pour autant renoncer à des bonheurs terrestres pour conjuguer l’amour et le partage, fruits des enseignements de Dieu ? Et si cette interrogation portait en-elle l’essence du changement ? Confier sa vie à Dieu, lui (re)donner du sens ? Après quelques « rencontres » ou temps de retraite, l’Eglise accueille en tant que « postulant » ou « regardant », celles et ceux qui ont fait le choix de suivre « leur » Seigneur. Ils entrent en noviciat, prononcent des vœux temporaires, puis définitifs. Dans la liturgie catholique, c’est seulement à l’issue de ce cheminement qu’ils sont reconnus comme des êtres emplis de la gloire de Dieu. Leur vie se teinte alors d’un « mystère » qui les rend à part. Désormais, au monastère, les moines comme les religieuses répondent aux principes de la vie en communauté, dans laquelle, saisis par la présence supposée de Dieu, ils se sentent investis par la force de l’Esprit. Mais, pour autant, prendre l’habit signifie-t-il oublier de vivre ? Ce choix requiert-il une totale abnégation, un oubli de sa personnalité, de ses goûts et de son unicité ? Être acteur de sa vie, un défi spirituel Se poser la question de l’engagement religieux et du changement de vie qu’il implique, conduit aussi à une certaine remise en cause du monde. Il s’agit de s’investir dans une pratique nourrie de questions qui paraît alors beaucoup plus ouverte que l’idée d’un simple repli sur soi. Aujourd’hui, entrer dans les ordres, c’est aussi changer avec les autres, en gardant un œil ouvert sur la société actuelle. En effet, si la foi a tendance à reculer, le besoin de spiritualité reste omniprésent. La religion va ainsi au devant du défi spirituel en proposant une paix intérieure profonde, de celles qui dépassent toutes les peurs (sociales, professionnelles, économiques…). Même si elle suscite parfois l’incompréhension, eu égard à son côté rétrograde et son incompatibilité avec le modèle laïc, il faut bien convenir qu’elle constitue, pour ceux qui y adhèrent, un appui quotidien. En accord complet avec eux-mêmes, ceux qui sont entrés dans les ordres défendent leur liberté et leur désir d’aimer Dieu, pour mieux aimer leurs semblables. Tandis que d’autres croient simplement en eux pour accomplir leur destin. Sommes-nous à même de juger de la pertinence de tel ou tel itinéraire de vie ? Entre vocation religieuse et engagement humaniste, Sœur Emmanuelle, quant à elle, disait : « Je crois en Dieu bien sûr, c’est ma source. Mais je crois que c’est plus important de croire en l’homme, puisque Dieu s’est fait homme pour aider les autres ». ● Nicolas Chabrier
De l’agitation culturelle dans le calme des campagnes Ils sont nombreux les groupes musicaux invités en Lot-et-Garonne depuis 17 ans par l’association Staccato ! Cet acteur du développement culturel en milieu rural, tout en se permettant une programmation sans concession, est devenu incontournable à Miramont-de-Guyenne et alentour. L’association Staccato est quasiment née de la seule idée que, pour qu’il se passe quelque chose, il faut provoquer un peu le destin. Fans de concerts, Frédéric (l’actuel directeur) et trois comparses se sont pris en main et ont mis tout en œuvre pour en produire sur leur territoire. Les circonstances étaient sans doute favorables. L’un d’entre eux avait ses entrées à la communauté de communes du Pays de Lauzun. À la même époque, le Florida, salle de concert d’Agen, menait un projet nommé « au cœur des campagnes » et cherchait des relais locaux pour implanter des événements de musique amplifiée. Miramont, ville de 3300 habitants entre Bordeaux et Toulouse a mis à disposition son ancien cinéma. Puis, de fil en aiguille, au premier concert d’Edgar de l’Est, ont succédé de nombreux autres, découvertes ou artistes confirmés couvrant toute la palette des styles musicaux, pour que la diversité soit source d’ouverture d’esprit et de rencontres. L’association reçoit dès le début des demandes de groupes. Ses membres sont présents sur le terrain, travaillent auprès des élus pour fonctionner : trouver des salles, des subventions. Le territoire est sur la route des tournées. Le bouche-à-oreille a bien fonctionné et des artistes de divers horizons ont fait confiance, malgré des lieux de représentations pas toujours adaptés. Evénements après événements, d’une commune à l’autre, Staccato s’est fait un nom, relayé par les médias locaux. Pour faire vivre les quarante dates annuelles dans quasiment autant de lieux et de styles musicaux, trois salariés et une trentaine de bénévoles œuvrent régulièrement autour de cette aventure que rien ne semble arrêter. Staccato est l’un des acteurs associatifs qui créent l’émulation culturelle près de chez eux. Urbains et ruraux ont dorénavant les mêmes besoins, notamment une pratique culturelle de proximité. De plus, pour accompagner le mouvement démographique vers le milieu rural, les élus ont compris que l’offre culturelle est un symbole du dynamisme local. dossiier Concert de Nadéah Michel Saint-Marc L’intercommunalité qui se développe donne les moyens de cette ambition. Il s’agit alors de créer une animation dans les campagnes pour les ruraux et pas uniquement pour les touristes. Lourde à gérer pour les collectivités, cette mission est souvent confiée aux associations qui se font alors le relais de cette politique. Le Maire de Miramont-de-Guyenne, par exemple, est satisfait de la vivacité de sa cité liée au maillage associatif : « Il est important d’avoir une offre diversifiée. La commune compte 80 associations sportives et culturelles. Nous faisons confiance à Staccato : ils sont connus et reconnus pour ce qu’ils font. » Staccato signe dorénavant des conventions d’actions culturelles avec plusieurs collectivités d’échelles diverses, se traduisant par des subventions pour un nombre établi de manifestations au cœur des territoires. L’association garde une certaine latitude quant à la programmation pour le moins éclectique qui fait sa force (et la fierté de son directeur). Le public est tout aussi diversifié que les lieux d’implantation, de la petite église de village à la place en plein air, en passant par la salle polyvalente. Même si une salle va être mise aux normes à proximité des locaux de l’association, l’itinérance restera au cœur du projet. C’est elle qui permet de toucher un large public et d’offrir à tous des rencontres parfois insolites. Mais les jeunes ne sont pas toujours au rendezvous. Il faut aller les chercher, faire de la médiation culturelle. L’association aimerait développer ce type d’actions, continuer à entrer dans les écoles et les maisons familiales rurales. Il est en effet difficile de mobiliser un public jeune pour des artistes en devenir. La gratuité pourrait y contribuer. Dans trois ans, l’association Staccato soufflera ses 20 bougies. Il y a fort à parier qu’elle sera entourée de ceux dont elle change la vie grâce à sa contribution à l’animation locale. ● Véronique Zorzetto Faces B• 39



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